Photo CMS Oissel Football

jeudi 28 janvier 2010
17h25
Antonio Mesa

 
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8èmes de finale

Daniel Horlaville, son regard sur l'US Quevilly

Incroyable parcours que celui de Daniel Horlaville, seul joueur amateur de l'après-guerre à avoir honoré une sélection en Equipe de France. Aujourd'hui entraîneur adjoint à Oissel (photo), l'ancien international a disputé en 1968 avec Quevilly une demi-finale de Coupe de France. Celui dont le fils Christophe a disputé de son côté une finale avec Guingamp, évoque cette compétition alors que son ancien club (CFA) y brille de nouveau.

De 1967 à 1970, vous avez vécu trois années exceptionnelles, aussi bien en club qu'en sélection...
"Cela fait plus de quarante ans déjà ! Mais ce parcours de Quevilly jusqu'en demi-finale reste vraiment marquant, même si ce n'était pas l'ambition du club, qui faisait du championnat amateur sa priorité. Face à Lyon (tenant du trophée), j'avais marqué le but de la victoire qui nous avait qualifiés pour les quarts de finale (1-0), en dépît d'une mauvaise prestation de ma part. Le match se jouait à Amiens et il me semblait que toute la Normandie avait fait le déplacement en Picardie. La joie était énorme, mais nous avions repris le travail dès le lendemain matin. Nous avions aussi écarté Dunkerque (4-0, dans un Parc des Princes en pleine rénovation), alors en D2. Face à Bordeaux au Parc des Princes, nous étions plus que performants. Nous avions ouvert le score par Jean-Pierre Leroy avant que les Girondins de Couécou n'égalisent. Nous n'avions pas faibli, avant de céder finalement en prolongation (2-1 a.p.)."

Quelles images gardez-vous en tête de cette épopée ?
"Je repense à notre trajet sur l'A13 où nous étions entourés de voitures de supporters déchainés ! J'ai joué au club durant dix ans, après y être arrivé à l'âge de 18 ans. L'US Quevilly avait déjà une très longue histoire derrière elle, notamment après avoir gagné trois fois le titre de Champion de France Amateur (doublé championnat-Coupe Gambardella en 1967, année du 4ème titre de champion de CFA). Ce parcours en Coupe de France a encore un peu plus révélé ce club de footballeurs-ouvriers." (NDLR : c'est lors de cette édition de Coupe de France que les équipes ont droit pour la première fois à un remplacement)

Quelques semaines plus tard, vous passez du stade de Quevilly au stade Aztèque pour les JO de Mexico...
"J'avais déjà été retenu en sélection, que ce soit en Equipe de France Amateur ou lors des Jeux Méditerranéens. Jouer au Stade Aztèque et ses 100.000 spectateurs fut une expérience incroyable : nous jouions notre 2ème match face au pays hôte des Jeux ! Je m'étais rapidement blessé à l'arcade et il m'avait semblé qu'il fallait un bus pour rejoindre l'infirmerie tant les couloirs étaient interminables ! D'ailleurs, je n'avais pas encore touché le ballon que nous menions 1-0 à mon retour sur la pelouse, puis 2-0 après un quart d'heure (victoire 4-1 face au Mexique). Nous avions ensuite été éliminés en quarts de finale (3-1) par le Japon (ndlr : Michel Parmentier et Michel Delafosse de l'US Quevilly étaient également dans le groupe olympique), mais nous avions ensuite pu côtoyer des champions et championnes telle que Colette Besson (médaille d'or du 400 mètres aux JO de Mexico)."

En avril 1969, vous passez du bleu de travail au maillot bleu de l'Equipe de France, face à la Roumanie. Une consécration ?
"Je croyais à une plaisanterie. Imaginez la scène : j'étais en bleu de travail sur le chantier quand j'ai appris cette convocation. Quelques jours auparavant, nous venions de jouer contre une petite équipe de Bretagne. J'avais finalement été titulaire contre la Roumanie, cédant ensuite ma place à Georges Bereta (voirs sa fiche en Equipe de France) à la pause (1-0)."

Qu'est ce qui constituait alors la force de l'US Quevilly ?
"Ce club, c'était avant tout un président hors du commun, Gilbert Mille, un passionné. Il dirigeait une entreprise de métallurgie de 1500 ouvriers, dont faisaient partie la plupart des joueurs. Avec huit à dix heures de travail par jour, nous n'avions que deux entraînements par semaine. Je pense que c'est l'amitié qui nous liait qui nous permettait de nous transcender. Quoi qu'il en soit, l'équipe réunissait malgré tout au sein de cette même entreprise de très bons joueurs (photo, à droite)."

Vous avez ensuite débuté une carrière professionnelle, notamment avec le Paris-SG. Avez-vous connu d'autres grandes émotions en Coupe de France ?
"Au début des années 70, j'ai longtemps souffert des séquelles d'une grave blessure au genou. J'ai réussi à retrouver une place de titulaire, mais sans jamais revivre des grands moments en Coupe de France."

Votre fils par contre a également connu un parcours exceptionnel dans cette épreuve. Avez-vous suivi de près son épopée jusqu'en finale avec Guingamp, en 1997, face à Nice ?
"J'ai vécu cette rencontre devant mon poste de télévision. En tant que père, je ne voulais surtout pas être trop envahissant. (ndlr : victoire 1-1, 4 tab à 3 de l'OGC Nice) ; cela a toujours été ma préoccupation durant sa carrière."

Vous avez rejoint Oissel, votre ville de naissance. En tant qu'entraîneur adjoint du club, vous avez de nouveau retrouvé des professionnels sur votre route...
"En 2006, Oissel avait affronté Sochaux (L1) au stade Robert-Diochon (Rouen). En 32èmes, notre équipe ne s'était inclinée qu'en prolongation, sur un but de Jérémy Ménez (2-1 a.p.). Elle avait également joué face à Beauvais, alors en D2 en 1985."

Avez-vous pu suivre de près le parcours de l'US Quevilly jusqu'en 8èmes de finales ?
"Je suis un passionné de football et il m'arrive de suivre jusqu'à trois rencontres par jour. Donc, oui, je suis attentif au parcours de Quevilly, même si je n'ai pas pu vivre leur performance face à Angers (L2), car Oissel avait un déplacement au même moment en CFA2 à Calais (victoire 1-0 samedi 23 janvier). Quoi qu'il en soit, je suis persuadé que Rennes (L1) a du souci à se faire ! Cela ne sera pas simple pour eux, face à cette équipe qui possède de très bons joueurs (8ème de finale Quevilly-Rennes au stade Lozai de Quevilly, mardi 9 février)."

Le parcours 2009-2010 de l'US Quevilly

  • 4ème tour : Plateau Assoc. (PH) - Quevilly : 0-5
  • 5ème tour : Quevilly - Dieppe (CFA2) : 2-0
  • 6ème tour : Pont-Audemer (DHR) - Quevilly : 0-3
  • 7ème tour : Quevilly - Mtsapere (Mayotte)
  • 8ème tour : Pacy Vallée d'Eure (Nat.) - Quevilly : 0-2 a.p.
  • 32ème de finale : Quevilly - Saint-Quentin (DH) : 6-0
  • 16ème de finale : Quevilly - Angers (L2) : 1-0
  • 8ème de finale : Quevilly - Rennes (L1)

Le parcours 1967-1968 de l'US Quevilly

  • 32ème : Quevilly - Hénin : 2-0 a.p. à Dieppe 
  • 16ème : Quevilly - Mouzon : 4-0 à Sedan
  • 8ème : Quevilly - Lyon (D1) : 1-0 à Amiens
  • Quart de finale : Quevilly - Dunkerque (D2) : 4-0 au parc des Princes
  • Demi-finale : Quevilly - Bordeaux (D1) : 1-2 a.p. au Parc des Princes
 
 
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