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jeudi 11 février 2010
16h40
Aurélien Durand
Anna Signeul : "Un honneur d'être reçue par la DTN"
Sélectionneur de l'équipe d'Ecosse féminine depuis mars 2005, Anna Signeul (photo) n'est pas étrangère à la progression régulière de la sélection britannique, 24ème au classement FIFA, soit la meilleure performance de son histoire. Championne d'Europe U18 en 1999, la technicienne suédoise, accompagnée par vingt-cinq collègues et Sheila Begbie, Directrice Technique du football féminin écossais, participe depuis ce jeudi et jusqu'à dimanche à un séminaire avec la Direction Technique Nationale. En visite ce matin au siège de la FFF avant de rejoindre Clairefontaine, elle nous en a dit plus sur l'organisation du football féminin en Ecosse.
Anna, pouvez-vous nous résumer les grandes lignes de votre carrière ?
"J'ai joué pendant vingt ans en première division suédoise en portant les couleurs des clubs de IK Brage, Stomsbro IF et Tyreso FF. A la fin de ma carrière, je me suis tournée vers le métier d'entraîneur. J'ai intégré en 1996 la fédération suédoise. J'y ai été en charge pendant neuf ans de la gestion des équipes de jeunes féminines. Quand j'étais sélectionneur des U17, j'ai eu l'occasion de rencontrer Bruno Bini, entraîneur de la même catégorie. Je le connais bien désormais car nous sommes devenus ensuite responsables des U19 en même temps. En mars 2005, la fédération écossaise m'a proposé de prendre la succession de Vera Pauw (ndlr, sélectionneur actuel des Pays-Bas) à la tête de l'équipe A. J'occupe ce poste depuis cinq ans maintenant. Je suis également responsable de toutes les autres sélections féminines et du développement du football d'élite en Ecosse".
Depuis votre arrivée, votre sélection est en constante progression. Elle a atteint pour la première fois les barrages de l'Euro Finlandais en octobre 2009 et occupe la meilleure place de son histoire au classement FIFA (24ème). Quels sont les origines de ces progrès ?
"Ces progrès ont été initiés avant mon arrivée. Lorsque j'ai rejoint la fédération écossaise, j'ai simplement essayé de changer un peu la culture des joueuses. Il y a toujours eu de bons éléments mais il n'y avait pas assez d'entraînement. Il y avait aussi un manque d'infrastructures. On a donc travaillé là-dessus. Je suis très heureuse de constater que les mentalités ont évolué en cinq ans. Les joueuses s'entraînent désormais cinq fois par semaine dans les clubs alors qu'à mon arrivée il n'y avait qu'une séance".
Comment s'organise le football féminin en Ecosse ?
"Notre championnat est amateur. Les joueuses travaillent la journée ou étudient puis s'entraînent le soir à partir de 18h30-19h00. Notre équipe la plus performante est celle de Glasgow City FC. Nos clubs sont à la base composés exclusivement de joueuses féminines. Mais à l'image de ce qui s'est passé en France, plusieurs grands clubs professionnels ont créé il y a peu de temps une section féminine, les Glasgow Rangers, le Celtic Glasgow, Hibernian FC, Kilmarnock FC. C'est une très bonne chose pour le développement et la médiatisation de la pratique".
Et au niveau de la fédération écossaise ?
"En plus de mon rôle de sélectionneur, je suis en charge du ce qu'on appelle "le programme Elite". Les entraîneurs qui m'accompagnent durant ces quatre jours de séminaire en France s'occupent des sélections de jeunes écossaises et sont également entraîneurs de sélections régionales. Le territoire est divisé en six régions. Les joueuses retenues en équipe nationale sont les meilleurs éléments repérés dans les sélections régionales. Ensuite, nous avons une Directrice Technique en charge du développement stratégique du football féminin, Sheila Begbie. Elle s'occupe du football de base (programme Grassroots de l'UEFA, 8-12 ans, ndlr) et du volet social et éducatif et travaille également sur la problèmatique des infrastructures ou des compétitions".
Quels sont vos attentes par rapport à ce séminaire organisé en France avec la Direction Technique Nationale ?
"C'est fantastique d'être ici. J'avais déjà eu l'occasion par le passé d'échanger avec Elisabeth Loisel pour évoquer la création en Ecosse d'une académie comme le CNFE, objectif réalisé depuis. Bruno Bini m'avait également invitée à venir visiter Clairefontaine. Mais je n'en n'avais pas eu l'opportunité. Je suis donc, comme l'ensemble de mes collègues, très enthousiaste à l'idée de découvrir le CNFE et l'INF car la réputation de ces centres de préformation a largement dépassé les frontières françaises. On est impressionné par la qualité technique des joueurs français. On souhaite s'inspirer de la philosophie de formation en France. Le travail réalisé par votre DTN est un exemple à suivre pour nous. Je tiens à remercier la DTN et ses entraîneurs pour le temps qu'ils vont nous consacrer durant ces quatre jours car on sait qu'ils sont très occupés. Clairefontaine est une référence dans le monde du football. On est vraiment honorés et on remercie également les personnes de votre département international pour leur accueil".
L'équipe féminine écossaise n'a jamais participé à une phase finale d'un grand tournoi international. Avec deux victoires en deux matches, vous avez réalisé un bon départ dans éliminatoires de la Coupe du Monde 2011. Obtenir votre billet pour l'Allemagne serait historique.
"On a battu la Grèce et la Géorgie qui ne sont pas les équipes les plus fortes de la poule. Tous les matches de qualification sont difficiles. Je suis donc déjà satisfaite de cette entame. On reste sur une grosse déception avec une élimination d'un rien (défaite 2-3 à domicile et victoire 2-1 à l'extérieur) contre la Russie lors des barrages de l'Euro UEFA 2009 féminin. Mais on progresse. Ces éliminatoires pour le Mondial allemand seront tout aussi compliqués car il faut terminer à la première place. On retrouve le Danemark dans notre poule qu'on n'a jamais battu. Mais en football tout est possible. Les joueuses devront se montrer régulières. Elles doivent encore améliorer leur effacité défensive et offensive dans les zones de décision et se projetter plus vite vers l'avant. C'est un beau challenge en tout cas".
Pour conclure, que vous inspire l'Equipe de France Féminine ?
"C'est une superbe équipe disposant d'une belle marge de progression. J'aime toutes les joueuses qui ont des styles différents. La puissance de Laura Georges, la vitesse d'Elodie Thomis, l'activité de Sonia Bompastor ou la technique de Louisa Necib. Les Françaises ont démontré qu'elles pouvaient rivaliser dans le jeu avec les meilleures nations. Le principal domaine où elles doivent s'améliorer, je pense, c'est la finition. Elles doivent conclure plus d'occasions".


















