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lundi 23 janvier 2012
11h20
Hervé Galand

 
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Le club du mois

Niort en or

Les Chamois niortais ont terminé en tête du Challenge du meilleur club amateur de jeunes. Une belle surprise pour le club des Deux-Sèvres et la récompense du travail effectué au service de la formation.

Dire que les Chamois niortais s'y attendaient serait exagéré. Tout juste l'espéraient-ils sans vraiment y croire. Il est vrai que depuis la création de ce Challenge, vingt-quatre clubs ont inscrit au moins une fois leur nom au palmarès. Jamais, celui des Deux-Sèvres n'avait pu monter sur la plus haute marche du podium. Alors, revêtir le costume de lauréat au moment où le centre de formation n'est plus homologué, en raison de la perte du statut professionnel il y a quelques années, relevait de l'exploit. Ce qu'ont pourtant réalisé les jeunes Niortais tout au long de la saison 2010-2011 en se hissant dans le haut des classements des compétitions nationales. Des performances, associées à un bon encadrement (nombre d'éducateurs diplômés) et à la création d'une section féminine, qui ont fini par propulser les Chamois vers les sommets.

Niort, présidé par Joël Coué (SASP) et Jean-Louis Mornet (association), est donc récompensé pour sa politique de formation. Ce que confirme le manager général Karim Fradin : "Relégués en 2009 en CFA, nous avons poursuivi sur notre lancée dans le domaine de la formation malgré la perte du statut pro. Pas seulement par nécessité mais surtout par vocation."

50 % de l'effectif

Résultat ? Les U15, U17 (5ème place en Championnat national) et U19 (8ème place) ont fait honneur à leurs couleurs alors que la plupart des équipes régionales ont brillé dans leurs championnats en Ligue du Centre-Ouest. La récompense de cette politique en faveur des jeunes qui produit de beaux fruits du côté du stade René-Gaillard. Niort se donne les moyens de ses ambitions en s'appuyant notamment sur les assurances MACIF et MAIF, et les collectivités locales. La part du budget du club (3,5 millions d'euros) allouée à la formation s'élève à ce titre à un million.
 
"En gardant la cap de la formation, nous savions que nous étions dans le vrai, insiste son responsable, Dodzi Eklu. Le centre, malgré la perte de son label, a conservé son entité avec des possibilités d'hébergement et de scolarité au sein de son école technique privée où sont dispensés des enseignements de Bac Pro, de CAP des Métiers de Football et d'autres formations post-Bac. Nous nous appuyons également sur la section sportive 1er cycle du collège Fontanes pour la préformation et sur la section sportive 2d cycle du lycée de La Venise Verte."

Des Soubresauts

Et c'est tout le club qui en profite, des jeunes aux seniors. L'équipe première, composée à 50% de joueurs issus du centre, était ainsi en tête du championnat National début décembre avec le secret espoir de remonter en Ligue 2 à l'issue de la saison. Un nouveau changement de niveau qui témoignerait de l'histoire mouvementée de l'entité niortaise. Fondé en 1925, le club des Chamois, qui tient son appellation des chamoiseries locales (fabrication de peaux de chamois), a ainsi souvent pris l'ascenseur vers le haut mais aussi vers le bas.
 
L'accession en Division 2 en 1985 a été une étape marquante alors que la montée en Division 1, deux ans plus tard, s'est révélée trop rapide. Les Deux-Sévriens ne sont ainsi restés qu'une saison au sein de l'élite malgré une première partie de championnat époustouflante pour un promu (2ème à la trêve), sous la baguette de l'étincelant milieu de terrain ghanéen Abedi Pelé (père des Marseillais André et Jordan Ayew). La descente a freiné l'élan et entraîné de sérieux soubresauts matérialisés par une rétrogradation administrative en D3 en 1991.

L'ADN Niortais

"Mais le club a su rebondir, témoigne Karim Fradin qui a porté les couleurs niortaises dans les années 90. On est tout de suite remonté en D2 (1992) où nous sommes restés douze années consécutives en nous appuyant encore et toujours sur la formation."

Les années 2000 ont été, elles aussi, mouvementées avec une descente en National (2005), un titre et une remontée en L2 (2006) puis deux chutes d'affilée jusqu'en CFA (2009) ! Beaucoup de clubs ne se seraient pas relevés d'une telle dégringolade. Pas Niort. Arc-boutés sur leurs valeurs, les Bleus ont ainsi retrouvé le National la saison dernière en s'appuyant sur leur identité régionale. "La ville est très football et nous tournons actuellement à 4 000 spectateurs de moyenne qui apprécient que des gens du sérail soient à la tête du club. Il y a un ADN niortais et nous sommes plusieurs à avoir porté le maillot comme notre entraîneur, Pascal Gastien, ancien responsable de la formation, et son adjoint, Franck Azzopardi. Ici, on a le sang bleu !" Les jeunes Chamois aussi.

Un article à retrouver dans le dernier Foot Mag

 
 
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