Clément Lenglet, le démineur

Clément Lenglet, le démineur

Clément Lenglet

lundi 14 octobre 2019 - 15:55 -

Appelé pour la première fois par Didier Deschamps au mois de juin dernier, le défenseur central du FC Barcelone s'est très vite fondu dans le groupe France. 

La scène se déroule mardi dernier, dans l’amphithéâtre du centre national du football à Clairefontaine. Troisième question seulement pour Clément Lenglet : 'Vous ne comptez que trois sélections et pourtant, vous êtes déjà présenté comme un titulaire indiscutable. Comment vivez-vous ce paradoxe." L’interrogation du journaliste est pertinente. La réponse du Barcelonais est habile et conclue, dans un sourire, par un « J’espère que ça va continuer".  Humble et ambitieux à la fois, serein mais toujours concentré, très respectueux des autres et notamment de Samuel Umtiti, le défenseur central formé à l’AS Nancy-Lorraine se joue des questions-pièges comme des vagues adverses sur le terrain. Avec lucidité et à-propos.

S’il conjugue davantage ses propos à la première personne du pluriel qu’à celle du singulier, il a pourtant bel et bien marqué des points importants en l’espace de trois rassemblements. Le mois dernier, Raphaël Varane l’avait qualifié de "joueur très intelligent, très bon relanceur, attentif". Son association avec le Madrilène séduit, déjà. "C’est facile de jouer avec lui, répond Lenglet, modeste. Raphaël a beaucoup de qualités sur le terrain et en dehors. Il a les mots justes, peut toucher par la parole. Sur le terrain, il a beaucoup de force physique, une super relance, il va très vite, est très bon dans les duels. C’est toujours un plus, quand on arrive dans une équipe, de jouer avec un joueur de cette trempe, de pouvoir prendre exemple sur lui."

Servi par Griezmann... comme Varane

Même si Varane a commencé en sélection plus tôt que Lenglet (19 ans contre 23), le parallèle entre les deux pensionnaires de la Liga espagnole, encore très complémentaires à Reykjavik, est tentant. Y compris dans des zones qui ne leur sont pas familières. Le premier avait ouvert son compteur but le 18 novembre 2014 contre la Suède (1-0) à la réception d’un centre d’Antoine Griezmann. Le second en a fait de même, également de la tête, face à Andorre (3-0). Auteur du but du break sur un service parfait de son coéquipier blaugrana (2-0, 52e), Lenglet a su montrer, dès sa troisième sélection, qu’il pouvait aussi être sacrément utile dans la surface adverse.

Si le numéro 5 des Bleus s’est posté aux avant-postes sur les coups de pied arrêtés pour tenter de placer à nouveau sa tête, vendredi, en Islande, il a surtout mis en évidence deux autres facettes de ses qualités. Son jeu long s’est révélé précis, son poids dans les duels avec les rugueux attaquants islandais précieux. "On a fait un match sérieux et appliqué, le boulot a été fait et bien fait, a-t-il déclaré après le match. Face à l’Islande, il y a toujours de l’intensité physique. Il fallait répondre et on l’a très bien fait puisqu’on a concédé très peu d’occasions." Depuis ses débuts, les Bleus n’ont encaissé qu’un but en quatre matches. 

Raphaël Varane : "De plus en plus de repères"

Le défenseur central des Bleus et du Real Madrid a été interrogé, après le match en Islande, sur son entente avec Clément Lenglet : 

"Petit à petit, on a de plus en plus de repères, c’est de l’expérience, c’est du vécu ensemble. À chaque fois, on a des déplacements de plus en plus précis, plus complémentaires. Plus on a du temps de jeu ensemble et plus l’entente grandit. C’est important dans une charnière d’avoir de l’expérience, de jouer contre des adversaires différents, de répondre à des problématiques différentes. Comment se déplacer l’un par rapport à l’autre, comment l’autre se sent à l’aise sur le terrain. On essaie de beaucoup communiquer et de peaufiner cette entente".