Michel Kitabdjian s’en est allé

Michel Kitabdjian s’en est allé

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mercredi 18 mars 2020 - 19:15 -

Avec la disparition ce mardi de Michel Kitabdjian à l’âge de 89 ans, le football français a perdu l’un des plus illustres arbitres de son histoire.

De tous les arbitres français, il est celui qui présente la plus grande longévité au niveau international. Durant dix-neuf saisons, de 1961 à 1980, Michel Kitabdjian a représenté l’arbitrage français en dehors de nos frontières et il en fut un ambassadeur apprécié et respecté.

À ses états de service figurent notamment deux rencontres lors du tournoi de football des Jeux olympiques d’été 1968 ou la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, le 28 mai 1975 au Parc des Princes, entre le Bayern Munich et Leeds United (2-0). Au total, il a dirigé 233 matches à l’étranger, dont deux demi-finales de Coupe d’Europe.

Nommé arbitre fédéral en 1959, le Niçois a également arbitré la finale de la Coupe de France 1965 entre Sedan-Torcy et le Stade Rennais. Au total, il a dirigé environ 1 500 rencontres et a été classé arbitre français numéro de 1965 à 1976 par la Commission centrale des arbitres, l’ancêtre de la Direction technique de l’arbitrage et de la Commission fédérale des arbitres.

Une fois retiré des terrains, Michel Kitabdjian s’est très largement investi dans la formation des jeunes arbitres du District de Côte-d’Azur (dont il était président d'honneur) mais aussi à l’échelle fédérale. "Il était membre de la Commission centrale des jeunes à la FFF, rappelle Claude Colombo, ancien arbitre international. Au niveau de la Ligue de Méditerranée, avec Gilles Veissière ou Bruno Coué notamment, nous savons ce que nous devons à Michel. Pendant des années, la formation des jeunes arbitres a été sa mission, sa passion, sa raison d’être. Il avait un charisme très marqué, un CV extraordinaire mais surtout, une humilité exceptionnelle. Il faisait l’unanimité partout où il passait. Il avait le souci de rendre au football et à l’arbitrage ce que le football et l’arbitrage lui avaient apporté. C’était son leitmotiv. Il restera comme un exemple extraordinaire pour tous ceux qui l’ont connu."

Réaction d'Éric Borghini (membre du Comité exécutif de la FFF, président de la Commission fédérale des arbitres)

"L’arbitrage français est en deuil. Avec la disparition de Michel Kitabdjian, nous perdons l’un des plus grands arbitres français de tous les temps. Nous sommes bouleversés. À titre personnel, j’ai perdu mon deuxième père. Michel a terminé sa carrière à l’âge de 49 ans et sur le devant de la scène après avoir arbitré les plus grands matches dans les plus grands stades du monde. Nous retiendrons ses très grandes qualités d’arbitre mais aussi et surtout ses immenses valeurs humaines, qu’il a su transmettre à tant de générations de jeunes arbitres qu’il a formées avec sa passion et la compétence qui le caractérisaient si bien. Michel était un humanisme et ce sont ces valeurs qui nous guident au quotidien dans la gestion de l’arbitrage. La Fédération adresse toute sa sympathie et sa compassion à sa veuve et ses enfants dans cette très douloureuse circonstance."