LE 25 MARS 1948, BARATTE S’OCCUPE DE TOUT

LE 25 MARS 1948, BARATTE S’OCCUPE DE TOUT

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mercredi 25 mars 2020 - 08:30 -

Considéré comme le meilleur joueur français de l’époque, le Lillois Jean Baratte fait honneur à son statut face au Racing-Club de Paris.

Quelle cote, la Coupe de France… « Pour voir Racing-Lille, il a fallu forcer les grilles. A quand le stade de 100 000 places », questionne L’Equipe à sa Une du 26 mars 1948. La veille, les tribunes du Parc des Princes étaient copieusement garnies pour le quart de finale de Coupe de France à rejouer entre le Racing-Club de Paris et Lille Olympique Sporting-Club. Finaliste en 1945, vainqueur en 1946 et 1947, le club nordiste, né de la fusion en novembre 1944 entre l’Olympique Lillois et le Sporting-Club Fivois, s’est imposé comme le vrai spécialiste de l’épreuve. Il va faire respecter sa supériorité dans le choc qui l’oppose au club de la capitale, choc qui est aussi un remake de la finale 1945.

A l’époque, les matches sont rejoués en cas d’égalité à l’issue de la prolongation. La première manche, spectaculaire et disputée le 21 mars à Colombes, devant près de 50000 spectateurs, s’est terminée sur un score de parité (3-3). Lors de la seconde, quatre jours plus tard, les Lillois vont faire parler leur plus grande efficacité, bien aidé par celui qui est alors considéré comme le meilleur joueur français, Jean Baratte.

Les coups de patte de Baratte

Né à Lambersart le 7 juin 1923, Baratte promène une adresse insolente aux abords des surfaces adverses. Elle lui vaudra de devenir (et d’être encore à ce jour) le meilleur buteur de l’histoire du club nordiste. Ce 25 mars 1948, Baratte et ses deux compères de l’attaque, Jean Lechantre et Roger Vandooren, peinent d’abord à se mettre en évidence. Les deux équipes ont choisi d’adopter une même stratégie, faite de prudence et de calcul. Pas question, visiblement, de renouveler l’opération porte ouverte de Colombes.

L’affiche des quarts de finale va finir par prendre des couleurs lorsqu’à la 70e minute, Baratte, sur un coup franc consécutif à une faute sur son capitaine, Jules Bigot, ouvrait la marque. Neuf minutes plus tard, Emile Bongiorni égalisait. Un match se dessinait alors entre les deux avants-centres rivaux en équipe de France. Ce match dans le match, c’est Baratte qui allait le remporter, à trois minutes du coup de sifflet final, après une percée depuis sa défense de Marceau Somerlinck, « modeste mais efficient arrière qu’on ne loue pas assez », estimera le lendemain le reporter de La Croix du Nord.

Le LOSC reviendra dans la capitale, le 10 mai, pour vaincre son voisin lensois, alors en Division 2, et s’offrir une troisième Coupe d’affilée. Le score ? 3-2, avec, sur le tableau de marque, un doublé, celui de Baratte, évidemment.