1er avril 1978 : Platini et les Bleus se paient le Brésil

1er avril 1978 : Platini et les Bleus se paient le Brésil

FFF

mercredi 1 avril 2020 - 08:00 -

Deux mois avant la Coupe du monde en Argentine, l’Équipe de France s’offre, pour la première fois de son histoire, un succès de prestige face au Brésil.

À ce jour, l’Équipe de France a croisé la route du Brésil à quinze reprises. Avec 6 victoires, 3 nuls et 6 défaites, le bilan est équilibré et même assez flatteur. Beaucoup de sélections aimeraient présenter le même face à la plus prestigieuse d’entre elles. Depuis le 12 juillet 1998, l’évocation du Brésil convoque même un heureux souvenir dans la mémoire des supporters tricolores, celui du premier sacre mondial. Mais cela n’a pas toujours été le cas.

Songez que l’Équipe de France a vu le jour en 1904, qu’elle a dû patienter jusqu’en 1958 pour se frotter, non sans douleurs, au mythe auriverde (défaite en demi-finale de la Coupe du monde en Suède, 2-5). Pour trouver trace d’une première victoire française, il faudra attendre la cinquième confrontation. Le 1er avril 1978. Sans blague…

Antenne 2 annonce Kopa

Quand les deux équipes s’alignent devant les bancs de touche pour les hymnes, certains téléspectateurs s’attendent même à apercevoir un retraité des terrains parmi les onze Français titularisés par Michel Hidalgo (photo ci-dessus). Pas n’importe lequel : quelques instants plus tôt sur Antenne 2, lors du journal de 20 heures, le journaliste Pierre Salviac a interviewé Raymond Kopa, l’ancien attaquant du Stade de Reims et du Real Madrid. À 46 ans, il prétend avoir répondu favorablement à la demande d’Hildago, son ancien coéquipier à Reims, qui est confronté à une cascade de forfaits puisque André Rey, Gérard Janvion, Marius Trésor, Dominique Bathenay, Dominique Rocheteau et Bernard Lacombe manquent à l’appel. En réalité, il s’agissait d’un faux scoop et d’un vrai poisson d’avril.

En fait, Hidalgo a choisi, lui aussi, de se mettre au jaune et vert pour cette affiche face au Brésil. Mais le sélectionneur français a opté pour celui du FC Nantes. Six Canaris, qui dominent alors le championnat de Division 1, avec l’AS Monaco, sont alignés dès le coup d’envoi : Jean-Paul Bertrand-Demanes, qui va signer une prestation majuscule dans le but, Patrice Rio et Maxime Bossis derrière, Henri Michel, dans l’entrejeu, brassard au bras, Bruno Baronchelli et Loïc Amisse devant.

Huit passes et un but pour l’histoire

Emmenés par Zico, les Brésiliens dominent les débats mais leurs offensives sont un peu désordonnées. Soutenus par un Parc des Princes "plein comme un œuf ", comme le dira à l’antenne Thierry Roland, les Bleus se montrent héroïques. Bertrand-Demanes est dans un grand soir et quand la doublure de Rey semble battue sur une frappe de Zico, Christian Lopez le supplée sur sa ligne.

Arrive la 86e minute et un ballon récupéré dans le rond central par Jean Petit. Les Français remontent le ballon par la droite. Au terme d’une action de sept passes, Jean Petit, servi par François Bracci, adresse un centre dévié par un défenseur brésilien à destination de Michel Platini. Du gauche, le meneur de jeu trompe Leao à ras de terre et offre la victoire aux siens (photos ci-dessous).

Dans son édition du lundi 3 avril, L’Équipe parlera d’une " victoire historique", "qui fait la preuve de l’étonnante richesse en joueurs de qualité du football français dont on ne peut plus douter de la valeur et de l’élan nouveau".

Éliminée au premier tour en Argentine dans un groupe compliqué avec l’Italie et le pays organisateur notamment, mais aussi de l’Euro 1980 en Italie dont la phase finale rassemblait pour la première fois huit sélections, cette génération dorée, la génération Platini, donnera le meilleur d’elle-même à partir de 1982 pour écrire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire des Bleus.

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