4 mai 1952, la Coupe en direct intégral

4 mai 1952, la Coupe en direct intégral

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lundi 4 mai 2020 - 09:00 -

Outre le spectacle offert par Nice et Bordeaux, la finale de la Coupe de France 1952 est restée dans les annales comme le premier match retransmis en direct et en intégralité par la télévision française.

Historique, la finale de la Coupe de France 1952 au stade Yves-du-Manoir de Colombes l’est à plus d’un titre. D’abord par son affiche, opposant l’OGC Nice, premier champion de France à avoir conservé sa couronne, à son dauphin, les Girondins de Bordeaux. Ensuite, par la qualité du spectacle offert par les deux clubs. Enfin, par une première télévisuelle.

Du sport à la télévision, il y en a eu dès 1948 avec l’arrivée du Tour de France cycliste (premier direct), trois ans après la création de la Radiodiffusion française, devenue Radiodiffusion-télévision française (RTF) l’année suivante. Mais l’événement intervient bien ce 4 mai 1952 : peu avant 15h00, la RTF prend l’antenne pour deux heures de retransmission en direct. C’est la première fois qu’une rencontre sportive est diffusée dans son intégralité en France au moment même où elle se déroule, à une époque où le parc de téléviseurs est près de deux fois moins élevé que le nombre de spectateurs venus à Colombes assister à cette finale (61 485).


Le résumé de la finale 1952 commenté par… le président de la FFF Emmanuel Gambardella en personne ! – Archives FFF/INA

Une première et un record

Au terme d’un match disputé sur un rythme échevelé et riche en rebondissements, Nice conquiert la première de ses trois Coupes de France (avant 1954 et 1997). Se rendant coup pour coup, les deux équipes établissent également un record de buts marqués en finale de l’épreuve (huit), qui n’a depuis été dépassé qu’une seule fois (Toulouse FC-Angers SCO en 1957, 6-3).

Les Aiglons donnent le tempo en ouvrant la marque dès la 10e minute par leur international luxembourgeois Victor Nurenberg (1-0). Les Girondins réagissent dès la minute suivante sur une frappe aux dix-huit mètres de l’attaquant des Bleus Henri Baillot (1-1), avant d’encaisser un nouveau but sur la remise en jeu, œuvre de l’Argentin Luis Carniglia (2-1).


Le Luxembourgeois Victor Nurenberg a ouvert la marque pour Nice dès la 10e minute (1-0).

Le capitaine niçois Jean Belver, autre international tricolore, permet à son équipe de prendre le large à la demi-heure de jeu (3-1), sans pour autant décourager ses adversaires, revenus dans le match sur une tête magistrale du Bleu Édouard Kargu (3-2). Mieux encore pour les Girondins, un doublé de Baillot remet les deux équipes à égalité dix minutes après le retour des vestiaires.

Une tête d’Édouard Kargu à cinq minutes de la pause a redonné espoirs aux Bordelais (3-2).

Dans une rencontre qui conserve toute son intensité jusqu’à son terme, l’OGC Nice s’adjuge finalement un avantage décisif en quatre minutes, peu après l’heure de jeu. Son milieu tricolore Abdelaziz Ben Tifour (4-3) et son avant-centre Georges Césari (5-3) creusent en effet un écart définitif. En dépit de leurs efforts, les Bordelais ne reviendront plus et attendront 1986 pour remporter la deuxième de leurs quatre Coupes de France (après 1941 et avant 1987 et 2013).

En s’imposant face aux Girondins, Nice a été le quatrième club de l’histoire à réaliser le doublé Coupe/championnat, après le FC Sète (1934), le RC Paris (1936) et le Lille OSC (1946).

L’Équipe de France, la même année

Quant à la première télévisuelle, elle sera favorablement accueillie et ne tardera pas à être rééditée. Le 5 octobre de la même année, l’Équipe de France a à son tour l’honneur du petit écran dans les mêmes conditions, pour une rencontre amicale victorieuse face à la RFA (3-1). Près d’un millier de "postes" auraient été achetés les jours précédant ce match, permettant à la France d’atteindre le cap des 40 000 téléviseurs.

Aujourd’hui, près de 94 % des foyers français en sont équipés. Et il y a tout juste vingt ans, la finale entre le FC Nantes et le Calais RUFC enregistrait le record d’audience de la compétition (13,466 millions de téléspectateurs).