16 mai 2018, Griezmann douche l’OM

16 mai 2018, Griezmann douche l’OM

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samedi 16 mai 2020 - 09:00 -

À Lyon, l’Olympique de Marseille échoue face à l’Atlético de Madrid (0-3) d’Antoine Griezmann dans une finale de Ligue Europa avec cinq futurs champions du monde sur la pelouse.

À quoi ressemble l’Olympique de Marseille le 9 décembre 2016, lorsque l’UEFA officialise la tenue de la finale de la Ligue Europa 2018 au Groupama Stadium de Lyon ? À un club en pleine reconstruction, racheté deux mois plus tôt par l’Américain Frank McCourt, délesté au cœur de l’été de quelques joueurs cadres dont son capitaine historique Steve Mandanda, et guidé depuis le banc par Rudi Garcia, frais remplaçant de Franck Passi. Autant dire qu’une hypothétique finale le 16 mai 2018 dans l’antre du rival lyonnais paraît loin des préoccupations phocéennes.

Les Marseillais en rêvent-ils seulement lorsqu’ils débutent leur campagne européenne, le 27 juillet 2017 au Vélodrome, face aux Belges du KV Ostende ? Probablement pas tant le chemin, qui passe par ce tour qualificatif, semble long. Pourtant, de la Belgique à la Slovénie, du Portugal à la Turquie en passant par l’Autriche, l’Allemagne et l’Espagne, Marseille creuse son sillon jusqu’aux rives du Rhône. Quatorze ans après sa défaite face au Valence FC (2-0), en Coupe de l’UEFA, l’OM s’invite à une finale continentale, la cinquième de son histoire. La première d’un club français dans l’Hexagone.


L’Olympique de Marseille s’apprête à disputer à Lyon la cinquième finale européenne de son histoire – Photo AFP/Boris Horvat.

Par train, en voiture ou en bus, des milliers de supporters phocéens effectuent le court déplacement jusqu’à Lyon en ce 16 mai 2018. Depuis le début de l’après-midi, ils ont pris possession du parvis du Groupama Stadium avec le fol espoir de terrasser l’Atlético de Madrid. Un grand d’Espagne, vainqueur de la Ligue Europa en 2010 et 2012, finaliste de la Ligue des Champions 2014 et 2016, mené d’une main de fer par Diego Simeone, intraitable en défense, clinique en attaque grâce à Antoine Griezmann, son maître à jouer.

L’OM a du répondant. Toujours en lice pour accrocher le podium en championnat, il peut compter sur l’expérience d’un Mandanda revenu au bercail, du Brésilien Luiz Gustavo, des internationaux Adil Rami et Dimitri Payet, et la fougue du néo-Bleu Florian Thauvin, d’Ocampos et de Morgan Sanson. Seule ombre au tableau, Payet est amoindri par une douleur musculaire à la cuisse droite, qui l’a contraint à déclarer forfait quelques jours auparavant contre Guingamp. À l’entrée des deux équipes devant 55 768 spectateurs, les Provençaux s’avancent en outsiders.


31e minute, l’un des moments clés du match : Dimitri Payet blessé (à droite), sort et cède le capitanat à Luiz Gustavo– Photo AFP/Boris Horvat.

Ce sont pourtant eux qui prennent la direction du jeu. Dès la 4e minute, Valère Germain, décalé par Payet, manque son duel face à Oblak, envoyant son ballon en tribune. Servi dans la même position en seconde période, Antoine Griezmann se montrera plus chirurgical d’un petit piqué sur Mandanda (2-0, 49e). L’international tricolore avait planté une première banderille, profitant d’une erreur de Zambo Anguissa dans l’axe pour crucifier le portier phocéen (1-0, 21e). Cruelle désillusion pour l’OM qui a perdu Payet sur blessure à la demi-heure de jeu, meilleur passeur (7*) de cette Ligue Europa. La tête sur le poteau de Mitroglou (81e) scelle les derniers espoirs de Marseille, d’autant que Gabi enfonce le clou (3-0, 89e).

Le score semble sévère, d’autant que l’OM a eu davantage eu ballon (56 % de possession). Mais les statistiques, globalement favorables à l’équipe de Rudi Garcia, masquent l’imperméabilité du bloc espagnol et sa redoutable efficacité en contre. Trois tirs cadrés, trois buts. Fidèle à sa tactique l’Atlético a laissé venir son adversaire pour mieux le piquer. "On savait très bien qu’ils jouaient comme ça, qu’il fallait être très concentré et très réaliste. La moindre erreur, ça va au bout. Nous, on rate un face-à-face dès le départ…", constate froidement Steve Mandanda.


Auteur de deux buts en finale, Antoine Griezmann a été élu par l'UEFA meilleur joueur de la Ligue Europa 2017-2018 – Photo AFP Franck Fife.

"C’est notre jeu. On est costaud derrière et on fait mal à chaque erreur. C’est ça, l’Atlético", confirme Antoine Griezmann. Ce sera aussi l’une des marques de fabrique de l’Équipe de France quelques semaines plus tard, au moment de conquérir une deuxième étoile mondiale en Russie. Avec Mandanda, Rami, Thauvin, Griezmann et Lucas Hernandez célébrant un titre conquis ensemble.


Lucas Hernandez domine Florian Thauvin. Quelques semaines plus tard, les deux hommes seront champions du monde – Photo AFP/Franck Fife.

* Hors matches de qualification.

La rétro du football français

Le parcours marathon de l’OM

Troisième tour de qualification
OM-KV Ostende (Bel) 4-2 (Germain 2e, 57e, 82; Sanson 32e).
KV Ostende-OM 0-0
Barrage
NK Domzale (Slo)-OM 1-1 (Sanson 63e).
OM-NK Domzale 3-0 (Germain 28e, 56; Thauvin 85e).

Groupe I
OM-Konyaspor (Tur) 1-0 (Rami 48e).
RB Salzbourg (Aut)-OM 1-0.
OM-Vitoria Guimaraes (Por) 2-1 (Ocampos 28e, M. Lopez 76e).
Vitoria Guimaraes-OM 1-0.
Konyaspor-OM 1-1 (Moke csc 93e).
OM- RB Salzbourg 0-0.
Classement : 1. RB Salzbourg (12 pts) – 2. OM (8 pts) – 3. Konyaspor (6 pts) – 4 Vitoria Guimaraes (5 pts).

Seizième de finale
OM-SC Braga (Por) 3-0 (Germain 4e, 69; Thauvin 74e).
SC Braga-OM 1-0.
Huitième de finale
OM-Athletic Bilbao (Esp) 3-1 (Ocampos 1ère, 57; Payet 14e).
Athletic Bilbao-OM 1-2 (Payet 38e, Ocampos 52e).
Quart de finale
RB Leipzig (All)-OM 1-0.
OM-RB Leipzig 5-2 (Ilsanker csc 6e, B. Sarr 9e, Thauvin 38e, Payet 60e, Sakai 90e + 4).
Demi-finale
OM-RB Salzbourg 2-0 (Thauvin 15e, Njié 63e).
RB Salzbourg-OM 2-1 ap (Rolando 116e).
Finale
OM-Atlético Madrid 0-3.