28 mai 2010 : c'est gagné pour l'Euro !

28 mai 2010 : c'est gagné pour l'Euro !

Euro 2016 Michel Platini

jeudi 28 mai 2020 - 08:30 -

Le jeudi 28 mai 2010 à Genève, le Comité exécutif de l'UEFA, présidé par Michel Platini, désigne la France comme pays organisateur de l'UEFA Euro 2016.

Sur scène, où brille le Trophée Henri-Delaunay, Michel Platini, président de l'UEFA, vient de faire apparaître le nom de la France en tant que pays organisateur de l'UEFA Euro 2016. Dans la salle, la délégation tricolore laisse éclater sa joie sans retenue. Elle ne sait pas encore que la victoire n'a tenu qu'à un fil, ou plutôt une voix, lors du vote du Comité exécutif de l'UEFA. Sept voix contre six à la Turquie, au deuxième tour. Également candidate, l'Italie a elle été écartée dès le premier tour.

Peu importe, la France a gagné. Son dossier, préparé depuis de longs mois et déposé le 15 février auprès de l'UEFA, a réussi son examen final, à l'occasion de l'oral de présentation organisé à Genève, le jeudi 28 mai 2010. L'Hexagone et le football français auront la chance de recevoir un troisième championnat d'Europe. Une compétition riche, pour la première fois, de vingt-quatre équipes (soit 51 matches). Elles n'étaient que quatre lors de l'édition inaugurale en 1960, et huit pour l'édition 1984, remportée par la bande à Michel Hidalgo.


Frédéric Thiriez (à gauche), Roselyne Bachelot, Gérard Houllier (DTN), Christian Karembeu, Zinédine Zidane, le jeune Nathan, Jean-Pierre Escalettes et Youri Djorkaeff (à droite) célèbrent le succès de la candidature française.

À quoi le bonheur français a-t-il tenu ce jour-là ? À la présence du président de la République Nicolas Sarkozy venu sur les bords du lac Léman, accompagné de Roselyne Bachelot (ministre de la Santé et des Sports) et Rama Yade (secrétaire d'État chargée des Sports), pour réaffirmer avec force l’engagement de l’État français ? Au message porté sur scène par Zinédine Zidane, vedette de luxe d’une délégation également composée de Youri Djorkaeff, Christian Karembeu, Willy Sagnol ou encore Patrick Battiston ? À une campagne "électorale" menée avec justesse auprès des décideurs de l’UEFA ? À une stratégie de communication soigneusement étudiée ? À la solidité d’ensemble du dossier technique ?

Autant d’éléments recevables auxquels Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, ajoutait des ingrédients essentiels à ses yeux. "Tout le monde a poussé dans le même sens, au-delà des intérêts particuliers. Toute la France voulait cet Euro. Du début à la fin, nous sommes restés fidèles à notre philosophie. Nous devons aussi cette victoire à une équipe très professionnelle réunie autour de l’homme de la situation, Jacques Lambert. Cette "dream Team" a réalisé un boulot formidable pour élaborer un dossier très sérieux." Il a enlevé la décision.


Pour la présentation de sa candidature, la France a joué la carte de la jeunesse, avec le petit Nathan, et de la surprise avec la présence de Zinédine Zidane.

"ON NE RÊVE PLUS, C’EST RÉEL"

"La FFF et la LFP ont travaillé main dans la main, avec les villes, les pouvoirs publics et le gouvernement, se réjouissait le président de la LFP Frédéric Thiriez. Grâce à cet Euro, notre football et notamment nos clubs vont effectuer un bond en avant considérable. Avec douze stades neufs ou profondément rénovés*, nous rejoindrons en quatre ans les pays les plus modernes".  L’Euro rendait heureux. Des élus aux techniciens, des pros aux amateurs. "On connaît l’importance que peuvent revêtir les grandes compétitions sur l’engouement des jeunes. Ils sont nombreux à rêver de football et j’espère que cela les incitera à nous rejoindre", commentait Fernand Duchaussoy, président de la Ligue du Football Amateur.

Après l'Euro 1984 et le Mondial 1998, la France, privée des JO de 2012, se régalait à l’avance de pouvoir se replonger dans l’ambiance de ces grands moments dont le souvenir perdure. Willy Sagnol revoit "la percée de Tigana contre le Portugal en 84". Héros de l’époque, Patrick Battiston se souvient "des gens avec leurs petits drapeaux sur le bord de la route entre notre hôtel et le Parc des Princes avant la finale." Tout jeune spectateur en 84, acteur en 98, Zinédine Zidane a hâte de "revivre ces émotions de l’extérieur avec mes enfants, de revoir les gens faire la fête et vivre ensemble au-delà de leurs différences." Christian Karembeu confirme, avec ses mots : "Le football, c’est partager un ballon et c’est déjà beaucoup. On ne rêve plus, c’est réel. Rendez-vous en 2016 !"

La rétro du football français

*Le dossier de candidature comportait douze villes et stades (9 titulaires et 3 de réserve). L'UEFA validera dix sites le 25 janvier 2013 : quatre dotés de stades neufs (Bordeaux, Lille, Nice et Lyon) et six avec des stades rénovés (Marseille, Saint-Étienne, Toulouse, Paris, Saint-Denis et Lens).

Nathan, le Petit Prince

Il a crevé l’écran. Du haut de ses dix ans, le jeune Nathan a tenu le premier rôle de la délégation française sur la scène de Genève, en vedette inattendue d’une distribution pourtant impressionnante. Auditions (250 candidats), répétitions et cérémonie, Nathan (originaire de Saint-Maur) a franchi avec succès toutes les épreuves et contribué à faire de la présentation tricolore la plus convaincante du jour. Un moment un peu "impressionnant" mais surtout "un truc génial, une grande chance et un honneur" pour ce jeune dèjà habitué des pubs et des courts métrages, et interprète de Simba dans Le Roi Lion au théâtre. Faire porter le message de la candidature française par un jeune enfant : c’était l’idée de l’agence Prodéo (filiale de Young & Rubicam) en adéquation avec le ton général de la campagne construite autour de ce beau projet. La France a gagné son billet pour l’Euro 2016. Nathan aussi.


Nathan, salué par le le président de la République Nicolas Sarkozy, sous le regard de Jean-Pierre Escalettes.