Claude Puel : "L'envie de me surpasser"

Claude Puel : "L'envie de me surpasser"

Claude Puel

mercredi 22 juillet 2020 - 16:00 -

Vainqueur de la compétition en 1991, en tant que joueur, avec l’AS Monaco, Claude Puel, devenu entraîneur des Verts, livre ses souvenirs de Coupe de France.

Que représente la Coupe de France pour vous ?
À mes yeux, la Coupe de France est synonyme de rencontres difficiles, très disputées, surtout contre des équipes censées être de niveau inférieur. Lorsque j’étais joueur, je remarquais souvent dans ce genre d’oppositions que certains de mes coéquipiers pouvaient avoir des sautes de concentration, probablement dues à l’écart de hiérarchie. Moi, cela me motivait encore plus, me donnait envie de me dépasser pour compenser ces manques.

Vous avez réalisé plusieurs beaux parcours dans cette compétition avec l’AS Monaco.
Oui, même si la fin n’a pas toujours été celle espérée. Je me souviens d’une finale perdue face au FC Metz en prolongation (2-0, en 1984), d’une autre défaite en finale contre l’Olympique de Marseille de Jean-Pierre Papin, auteur d’un triplé ce soir-là (4-3, en 1989). Deux ans plus tard, nous avons finalement été titré contre l’OM (1-0), et c’est bien plus agréable d’être à la place du vainqueur, forcément.

Vous n’avez, en revanche, pas disputé la finale 1985, remportée par l’ASM face au Paris Saint-Germain.
Malheureusement, non. Lors de la demi-finale retour, face à Lille, j’ai été expulsé, ce qui m’a privé de la finale remportée par l’AS Monaco (1-0). Ne pas pouvoir jouer ce match, alors que j’avais pris part à l’intégralité du parcours jusque-là, a été dur à digérer. Mais c’est ainsi.


Claude Puel sous le maillot de l'AS Monaco à laquelle il est resté fidèle de 1979 à 1996 (600 matches) avant d'en devenir l'entraîneur (1999-2001). (Photo FFF)

En tant qu’entraîneur, comment abordez-vous les matches de Coupe de France ?
Ce que j’ai appris au fil du temps, c’est qu’il n’y a pas de « tirage facile », même si l’on hérite d’une équipe venant d’une division inférieure. Il faut disputer la rencontre à l’extérieure dans un stade acquis à la cause de l’outsider, sur des terrains parfois difficiles, face à des équipes très coriaces, surmotivées, qui élèvent leur niveau de jeu. Tous ces éléments atténuent le supposé écart de valeur initial. Il y a presque un côté aléatoire dans ces matches.

Monaco, Lille, Lyon, Nice et maintenant Saint-Étienne : vous avez dirigé des grands noms du football français. Comment vit-on la Coupe de France dans ces différents clubs ?
Partout où je suis passé, j’ai constaté le même engouement autour de cette grande compétition. Forcément, cette année est particulière puisque le club est en finale de la Coupe de France pour la première fois depuis trente-huit ans. Donc, on ressent encore plus la ferveur et l’excitation de nos supporters.

En témoigne la liesse après la demi-finale remportée face au Stade Rennais…
C’est le moment fort de notre parcours. Déjà parce qu’il s’agissait du premier match devant notre public cette saison dans cette compétition, ce qui n’est pas négligeable, loin de là. Ensuite en raison de l’identité de l’adversaire, tenant du titre. Et puis bien évidemment le scénario : on concède l’ouverture du score, on égalise peu avant la pause et Ryad (Boudebouz) nous offre la victoire à la dernière minute. S’en est suivie une communion extraordinaire avec nos supporters … Les images restent encore bien présentes dans nos têtes.

En cas de succès, vous rentrerez dans le club fermé des vainqueurs de la Coupe de France comme joueur et comme entraîneur, dans lequel figure notamment Robert Herbin. Une motivation supplémentaire ?
Il n’y a pas besoin de ça pour avoir envie de remporter cette Coupe. C’est flatteur, bien sûr, mais l’essentiel reste de ramener le titre à Saint-Étienne. Ce ne sera pas tâche aisée, car c’est le Paris Saint-Germain en face de nous. Mais cela rejoint ce que je disais sur la Coupe de France : sur un match, tout est possible, il faudra mettre toutes les chances de notre côté pour s’imposer. Je souhaite ardemment, en particulier, que l’on finisse la rencontre à onze, car nous avons eu un expulsé lors de chacune de nos confrontations contre le PSG cette année, ce qui complique encore plus la tâche !

De la Cup à la Coupe

Passé par l’Angleterre, Claude Puel a disputé la FA Cup avec Southampton puis Leicester City. "Il y a beaucoup de similitudes entre la Cup et la Coupe de France. Ce sont deux compétitions centenaires, très relevées, et les supporters y sont extrêmement attachés. J’ai eu la chance d’y vivre de grands moments, dont notamment une victoire avec Southampton face à Arsenal à l’extérieur, avant d’être éliminé par Manchester City en quarts de finale. Malgré la différence supposée de niveau au coup d’envoi, nous avions dominé cette rencontre ! Les coupes nationales gomment les différences, elles se gagnent à l’envie et à la détermination."