Paris treizième face à des Verts à dix

Paris treizième face à des Verts à dix

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vendredi 24 juillet 2020 - 21:04 -

Le Paris Saint-Germain a remporté la 103e Coupe de France, la treizième de son histoire, devant l’AS Saint-Étienne (1-0), le vendredi 24 juillet au Stade de France.

Disputé dans une ambiance particulière, le premier match officiel organisé en France depuis le 11 mars dernier a tenu toutes ses promesses, riche en occasions et rebondissements. Les Verts ont eu la première opportunité mais le PSG menait à la pause grâce à Neymar. Le tournant s’est produit lorsque Saint-Étienne a été réduit à dix après l’expulsion à la demi-heure de jeu de son capitaine Loïc Perrin, auteur d’une grosse faute sur Kylian Mbappé qui a dû quitter le terrain.


Photo AFP/Franck Fife.

C’est le troisième titre du PSG cette saison après le Trophée des Champions et le championnat de Ligue 1. Finaliste de la Coupe de la Ligue dans une semaine, il peut égaler ses trois meilleures saisons jusqu’ici en remportant les quatre compétitions nationales (comme en 2015, 2016 et 2018). Voire réaliser mieux s’il s’adjuge la Ligue des champions (qualifié pour les quarts de finale).

C’est aussi le 41e trophée de son histoire, confortant son statut de club français le plus titré (1 Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupes, 9 championnats de France de L1/D1, 13 Coupes de France, 8 Coupes de la Ligue, 9 Trophées des Champions, 1 championnat de France de D2).

Avec sept réalisations (et 1 passe décisive) en six matches (à partir des 32es), son milieu espagnol Pablo Sarabia termine meilleur buteur de cette édition en ayant marqué à chaque tour (dont deux doublés en 32es et en quart), sauf en finale. Il devance son coéquipier Kylian Mbappé (5).

Le palmarès

LA PREMIÈRE PÉRIODE

Les Verts sont mieux entrés dans la rencontre que les Parisiens, se créant la première occasion sur une frappe croisée du gauche de Denis Bouanga, repoussée par le poteau (5e). D’abord gêné par le pressing haut des Stéphanois, le Paris SG a ouvert la marque dix minutes plus tard sur une accélération de Kylian Mbappé, dont le tir dans la surface contré par le gardien Jessy Moulin a été repris en force sous la barre par Neymar (1-0, 14e).


Photo AFP/Franck Fife.

Saint-Étienne a vite réagi sur un tir (16e) puis une tête (21e) de Bouanga, repoussés par le gardien Keylor Navas. Lancé par Leandro Paredes, Angel Di Maria, seul dans la surface, a vu sa frappe détournée d’une main ferme par Moulin (25e).

Une nouvelle percée de Mbappé, rudement taclé par Loïc Perrin alors qu’il filait au but, a marqué un nouveau tournant. Le capitaine stéphanois a été expulsé après intervention de la VAR, pendant que l’attaquant des Bleus devait céder sa place.


Photo AFP/Franck Fife.

LA SECONDE PÉRIODE

Bien reparti avec une tentative de lob non cadrée de Wahbi Khazri (47e), Saint-Étienne s’est exposé aux contres, tremblant sur une reprise manquée de Mitchel Bakker (56e) et une autre de Di Maria détournée (58e). Les Verts n’ont pas abdiqué et se sont créé une nouvelle opportunité sur une tentative trop enlevée de Bouanga (60e).

Ils ont pu continuer à y croire après deux nouveaux sauvetages de leur gardien, bien sorti dans les pieds de Di Maria (72e) puis détournant un tir de Pablo Sarabia (73e). Mais leurs tentatives dans les derniers instants sont restées vaines.


Photo AFP/Geoffroy Van der Hasselt.

L’AMBIANCE

Crise du Covid-19 oblige, le nombre de personnes autorisées à assister à cette finale ne devait pas dépasser les 5 000. Les spectateurs ont également dû respecter les mesures sanitaires (port du masque, distanciation…), supporters des deux camps se retrouvant mêlés mais en gardant l'écart requis. Une minute d’applaudissements a été observée avant le coup d’envoi, en hommage aux victimes de la pandémie et aux "héros du quotidien" ayant lutté au premier rang. Le tout en présence d’Emmanuel Macron, le chef de l’État perpétuant la tradition des présidents de la République assistant à la finale de l’épreuve. Il est descendu saluer les joueurs, mais sans leur serrer la main.


Photo FFF/Aurélien Durand.

LA FICHE

Le vendredi 24 juillet 2020 à Saint-Denis (Stade de France)
103e finale de la Coupe de France (Trophée Charles-Simon)

Paris Saint-Germain – AS Saint-Étienne : 1-0 (1-0)

Spectateurs : 4 000 environ.
Arbitre : Amaury Delerue (Ligue Nouvelle-Aquitaine).
But : Neymar (14e) pour le Paris SG.
Avertissements : Bakker (29e), Paredes (29e), Verratti (31e), Marquinhos (35e) au Paris SG ; Maçon (2e), Perrin (25e), Hamouma (29e), Moulin (29e), Camara (37e), M’Vila (51e), Fofana (90e) à l’AS Saint-Étienne.
Expulsion : Loïc Perrin (32e) à l’AS Saint-Étienne.

Paris SG : Keylor Navas – Thilo Kehrer (puis Colin Dagba 19e), Thiago Silva (cap.), Marquinhos, Mitchel Bakker – Angel Di Maria, Leandro Paredes (puis Marco Verratti 75e), Idrissa Gueye, Neymar – Mauro Icardi, Kylian Mbappé (puis Pablo Sarabia 33e). Entraîneur : Thomas Tuchel.
AS Saint-Étienne : Jessy Moulin – Mathieu Debuchy (puis Jean-Philippe Krasso 83e), Wesley Fofana, Loïc Perrin (cap.), Timothée Kolodziejczak – Mahdi Camara (puis Yvan Neyou 46e), Yann M’Vila – Romain Hamouma (puis Wahbi Khazri 46e), Ryad Boudebouz (puis Arnaud Nordin 75e), Denis Bouanga – Yvann Maçon (puis Harold Moukoudi 33e). Entraîneur : Claude Puel.

STATISTIQUES

103e finale de la Coupe de France depuis la première, le 5 mai 1918 (Olympique de Pantin-FC Lyon 3-0).
201e match de Coupe de France du Paris SG depuis le premier en 1971.
310e match de Coupe de France de l’AS Saint-Étienne depuis le premier en 1933.
18e finale de Coupe de France de l’histoire du Paris SG (1982, 1983, 1985, 1993, 1995, 1998, 2003, 2004, 2006, 2008, 2010, 2011, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020) pour un record de treize victoires (dates en gras).
10e finale de Coupe de France de l’histoire de l’AS Saint-Étienne (1960, 1962, 1968, 1970, 1974, 1975, 1977, 1981, 1982, 2020) pour six victoires (en gras).
5e Coupe de France pour les défenseurs brésiliens du PSG Marquinos et Thiago Silva (photo ci-dessous), qui rejoignent les trois recordmen de l’épreuve : Marceau Somerlinck (Lille OSC 1946, 1947, 1948, 1953, 1955), Alain Roche (FC Girondins de Bordeaux 1986, 1987 et Paris SG 1993, 1995, 1998) et Dominique Bathenay (AS Saint-Étienne 1974, 1975, 1977 et Paris SG 1982, 1983).
4e doublé championnat / Coupe de France pour le PSG (après 2015, 2016, 2018), qui égale le club record en la matière de… son adversaire du soir (1968, 1970, 1974, 1975).


Photo AFP/Franck/Fife.

Tout sur la finale

Les réactions

Thiago Silva (capitaine du PSG) : "Dans l’histoire de la Coupe"
"Nous sommes contents pour le titre, même si l’on n’a pas très bien joué. On n’a pas trouvé d’espaces, les Stéphanois ont fait un gros pressing. C’était important de remporter cette Coupe. Avec Marquinhos, nous entrons dans l’histoire de la compétition avec ce cinquième trophée. J’espère que Kylian pourra récupérer le plus vite possible car c’est un joueur indispensable pour nous."

Marquinhos (défenseur du PSG) : "Retrouver nos supporters"
"Cette rencontre s’est déroulée dans une ambiance particulière mais il faut l’accepter et respecter ce qui est décidé. À chaque fois que nous avons joué ici, il y a toujours eu une belle ambiance, une très belle fête pour les supporters des deux équipes. J’espère que l’on pourra retrouver très vite nos supporters."

Claude Puel (entraîneur de l'ASSE) : "Fier du match de mes joueurs"
"C’était un match particulier, pas facile à préparer. Mais je veux féliciter mes joueurs. Je suis fier d’eux, ils ont réalisé un match plein, tout le monde a apporté sa pierre à l’édifice. On avait pris les bonnes options, on les a beaucoup gênés dans la relance. On a essayé d’être propres dans la récupération. On a mis de la qualité technique, avec des occasions. Après l’expulsion de Loïc Perrin, on s’est adapté, on a montré un front uni. Je ne pense pas que l’on ait beaucoup vu que nous étions en infériorité numérique en seconde période. Je suis très heureux de la qualité de notre match, de l’intensité que les joueurs y ont mis. Nous étions bien dans nos têtes, bien dans notre football. C’est intéressant. La déception est à la hauteur de l’investissement que les joueurs ont mis à préparer cette rencontre depuis le 17 juin. Je félicite aussi le PSG pour son trophée et je lui souhaite le meilleur pour le mois d’août.".

Jessy Moulin (gardien de l'ASSE) : "Un gros match"
"C’est toujours très décevant et dur à encaisser de perdre une finale. Elle s’est peut-être jouée sur un poteau sortant. Nous attendions cette rencontre depuis un moment et le groupe a fait un gros match, il a été solide. Toute l’équipe était là. Nous avons retrouvé des valeurs et des ingrédients qui nous manquaient."

Recueillies par Philippe Mayen