ÉQUIPE DE FRANCE FÉMININE

La prépa en cinq points 

lundi 26 juin 2023 - 16:34 - Claire GAILLARD
Hervé Renard

Bilan de la première semaine de préparation, suite du programme, états de forme, vie de groupe et choix des 23, ce qu’il faut retenir du point presse du sélectionneur Hervé Renard de retour à Clairefontaine lundi 26 juin.

Après une coupure de 48 heures, Hervé Renard et son staff ont retrouvé leurs joueuses ce lundi midi au CNF Clairefontaine pour poursuivre le programme de préparation à la Coupe du monde de la FIFA 2023 (du 20 juillet au 20 août en Australie et Nouvelle-Zélande). Cette deuxième semaine sera marquée par une montée de la charge de travail et des séances d’entraînement doublées mardi, mercredi et jeudi avant une nouvelle coupure. La dernière d’ici au départ pour Dublin, où les Bleues disputeront un match de préparation contre la République d’Irlande, le jeudi 6 juillet, puis celui en direction de l’Australie dans la foulée.

 LE STAGE 
« Monter dans le volume et en puissance »

« C’était une superbe semaine. Il y a eu de l’enthousiasme, de l’implication, de la concentration. Je n’essaie pas de vous convaincre, c’est ce que je vois : un groupe qui vit bien sur le terrain et en dehors. J’ai commencé la réunion ce lundi à 12h30 en leur disant : ‘‘je suis ravi de vous voir et j’espère que c’est réciproque (rires)’’. Le planning de cette deuxième semaine ? On va continuer le programme élaboré par le staff, il y aura une charge de travail importante avec deux entraînements mardi, mercredi et jeudi. L’objectif c’est de monter dans le volume et en puissance pour qu’on arrive à l’’aube de cette 3ème semaine où on terminera par notre premier match amical avec des jambes mieux pour commencer cette opposition. Ce sont des périodes intéressantes car on est longtemps ensemble, on peut voir tous les aspects qui vont concerner la compétition. C’est super d’avoir ce mois de préparation. »

 LES ÉTATS DE FORME D’HENRY ET DIANI 
« Tout va bien pour l’instant »

« Elles ont bien travaillé. C’est une semaine qui s’est terminée avec du jeu mais qui avait commencé différemment avec des petits espaces. Cela suit son cours. Kadi n’a pas de problème dans le jeu donc on croise les doigts. Tout va bien pour l’instant. Avec la charge de travail de la semaine 2, les jambes vont commencer à devenir un peu lourdes, il va falloir être prudent pour ces deux cas mais aussi toutes les autres joueuses. »


Kadidiatou Diani à l'entraînement vendredi dernier (photo Simon MORCEL / FFF). 

 ÉQUILIBRE ET COHÉSION 
« J’ai pris l’exemple de la finale du Top 14 de rugby » 

« Il faut les deux, c’est important. Si on n’a pas d’équilibre dans la liste finale, ça va être difficile de performer au maximum en Australie et sans cohésion, on n’arrivera à rien. On ne pourra pas atteindre nos objectifs dans un premier temps. La cohésion, c’est ce qui permet à toute équipe dans un sport collectif de faire la différence, de combler parfois certaines faiblesses. Ça ne permet pas de gagner une grande compétition mais avec toutes les qualités qu’on possède, si on y apporte cet ingrédient en plus, il faut que les joueuses soient persuadées que ça peut donner quelque chose de magnifique. (…) Il faut que des choses se créent également. J’ai pris un exemple qui m’a marqué ces dernières semaines, c’est la finale du championnat de France de rugby (Toulouse-La Rochelle, 29-26) avec (Romain) Ntamack qui rate une action, un coup de pied qui sort dans l’en-but, il a l’impression d’avoir perdu le match à lui tout seul et il a eu une phrase significative. Il a dit : ‘‘J’étais le seul à ne pas y croire, tous mes coéquipiers y croyaient et c’est ce qui nous a porté vers le succès’’. Et ensuite, c’est lui qui fait cet essai de 60 mètres pour donner le titre de champion de France à Toulouse. C’est le sport et la traduction exacte de la cohésion. »

 LE CHOIX DES 23 ET LA 4ÈME GARDIENNE 
« Le match en Irlande, échéance de cette liste »

« C’est toujours une petite pression, ça doit certainement trotter dans la tête de certaines joueuses mais ça fait aussi partie de la compétition. Il faut voir les choses de manière positive. Était-il préférable de ne pas être retenue ou mieux vaut-il figurer dans un groupe de 26 et avoir sa chance de terminer dans les 23 pour une compétition ? Ça se discute. J’ai déjà moi-même pratiqué plusieurs options, je sais que ce n’est pas la solution la plus facile mais j’ai choisi en connaissance de cause. Le timing pour l’annonce ? Quand on va jouer en Irlande en match de préparation, on a le droit à 6 changements et 23 joueuses sur la feuille de match. Même si elles font le voyage, si elles sont trois en tribunes, elles auront compris. Je leur dirai avant bien sûr. Ce sera l’échéance de cette liste des 23. Le règlement de la Coupe du monde stipule que tout changement peut intervenir jusqu’à 24h avant notre premier match. Si l’une des trois gardiennes se blesse, il ne vous en reste que deux et vous ne savez pas ce qu’il peut se passer le temps d’en appeler une autre. C’est pour parer à toute éventualité. La compétition se déroule assez loin, cela pose des problèmes pour appeler une joueuse si un problème intervient dans les dernières heures. Ce sera une discussion avec la joueuse et la Fédération pour qu’elle reste si elle le veut. C’est toujours une décision difficile à prendre pour ma part. Une 4ème gardienne qui reste avec le groupe sans jouer et qui n’a aucune chance d’en refaire partie puisque lorsqu’on aura démarré la compétition, il n’y aura plus de changements possibles… Ce sera un dialogue. Si elle veut rentrer, je serai obligé de l’accepter par respect pour elle. »


La bonne humeur et les sourires au rendez-vous (photo Simon MORCEL / FFF). 

 UNE BELLE AVENTURE EN PERSPECTIVE 
« Elles sont capables de réaliser de grandes choses »

« Je ne suis pas quelqu’un qui dit des choses quand je ne les pense pas. C’est même difficile pour moi, je préfère m’abstenir dans ce cas-là et passez sur un autre chemin. Si je vous dis que ma conviction m’a poussé ici, c’est déjà que j’avais des pressentiments positifs. Depuis que je suis avec les filles, ça doit faire aujourd’hui une vingtaine de jours seulement au total, c’est peu, chaque jour qui passe me conforte dans cette décision parce qu’elles ont cette capacité et cette richesse de donner beaucoup et ça n’a pas de prix pour un coach. C’est une nouvelle aventure, plein de nouvelles choses mais avec des caractères différents et des caractéristiques différentes. Pour l’instant, je ne ferais aucun retour en arrière. Je suis persuadé d’avoir pris la bonne décision et que ces filles vont nous prouver qu’elles sont capables de réaliser de grandes choses. »

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