D1 ARKEMA 

Grace Geyoro : « J’ai appris à marquer »  

jeudi 7 décembre 2023 - 10:23 - Claire GAILLARD
Grace Geyoro Paris-SG

Final Four de Ligue des nations, évolution de son jeu, saison du PSG, la milieu internationale parisienne fait le point avant le déplacement au Havre, dimanche, en clôture de la 10ème journée (21 heures, Canal+ Foot). 

La dernière trêve internationale de l'année 2023 refermée, c'est le retour de la D1 Arkema dont la phase aller sera bouclée à l'issue des deux prochaines journées. La 10ème s'ouvre vendredi 8 décembre avec Olympique Lyonnais - LOSC Lille et s'achève dimanche par le déplacement du Paris-SG au Stade Océane du Havre. Les deux rencontres sont à suivre à 21 heures en direct sur Canal+ Foot. Les quatre autres affiches, dont Montpellier HSC - Paris FC, se déroulent samedi. Pour FFF.FR, la capitaine du PSG et internationale française Grace Geyoro analyse le premier tiers de saison de son club, se confie sur ce nouveau rôle de buteuse et son statut de leader. Elle revient, enfin, sur la qualification des Bleues en demi-finales du Final Four. 

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« Objectif Final Four de Ligue des nations atteint avec les Bleues. Comment percevez-vous ce tournoi en février prochain à cinq mois des Jeux Olympiques de Paris 2024 ?  
C’est un très gros tournoi, si ce n’est le premier, de préparation aux Jeux, mais il y a surtout un titre à aller décrocher. On a connu une déception lors de la Coupe du monde 2023 (0-0, 6 tab 7 en quarts de finale contre l'Australie), on a besoin d’aller chercher ce titre, ça peut commencer avec cette première Ligue des nations. L’objectif, c’est de la décrocher et de se préparer pour les JO. 

Que représente cette Olympiade ? 
Tellement de choses car je n’en ai jamais disputé ! Ça va être une première, je l’espère, qui plus est à Paris. C’est une ville qui me représente aujourd’hui. Porter le maillot bleu lors de Jeux Olympiques a toujours été un rêve. Je vais essayer de prendre les choses étape par étape, voir comment se déroule cette saison au niveau individuel, avec le club et la sélection…

Buteuse mardi au Portugal (1-0), vous êtes aussi la première de l'histoire des Bleues en Ligue des nations...
C’est positif, je suis contente. J’ai appris à marquer des buts. De base, je suis une milieu de terrain très altruiste devant le but. Je ne prenais pas tout le temps ma chance. Aujourd’hui, c’est différent, cela fait déjà deux années où j’ai cette projection et cette envie d’accompagner les actions. Je me retrouve souvent dans les bonnes zones. Cela me réussit et profite à l’équipe.


Le sourire de Grace Geyoro qui vient d'ouvrir le score face au Portugal à Valenciennes (2-0, le 22 septembre, photo Tim GUIGON / FFF). 

Y’a-t-il eu un déclencheur ? 
Je me suis dit qu’il fallait que j’apporte un plus dans mon jeu. J’ai cette capacité à faire les efforts, à me projeter car j’aime le faire, mais j’ai aussi cette faculté à terminer les actions. Je me suis dit : ‘‘Pourquoi pas ?’’ Il ne faut pas que je me prive. Cela a bien marché, donc je continue et le fais assez naturellement maintenant.

Le travaillez-vous à l’entraînement ? 
De plus en plus. Les coaches ont vu que j’avais cette faculté à me projeter et m’ont demandé de travailler davantage devant le but. J’évolue beaucoup plus haut sur le terrain, parfois je suis même positionnée juste en-dessous de l’attaquante, cela me permet d’être à la finition. Cela nécessite que j’effectue un travail spécifique avec les attaquantes pour les trouver dans les bonnes zones, pour me rendre disponible pour elles en appui, soutien et remise. Je travaille pas mal offensivement.

« Mon efficacité offensive ? C’est une forme d’évolution très positive. C’est l’illustration d’une maturité, plus les années passent, plus j’essaie de mettre mon jeu en place et d’agrandir toutes mes fonctionnalités. »

 

En Équipe de France, la saison dernière, vous êtes à un but tous les deux matches (7 buts en 15 matches disputés). Une stat’ assez folle ! 
C’est vrai ! Je ne m’en rends pas forcément compte car on enchaîne les matches et les stages mais je marque pas mal pour une milieu de terrain ! On me le dit souvent. Je suis contente car j’apporte un plus à ma palette de joueuse.

Est-ce la traduction d’une forme d’épanouissement dans votre jeu ? 
Oui, c’est une forme d’évolution très positive. C’est l’illustration d’une maturité, plus les années passent, plus j’essaie de mettre mon jeu en place et d’agrandir toutes mes fonctionnalités.

Quel regard portez-vous sur le début de saison du PSG ? 
C’est assez mitigé, on a de bons résultats en championnat. On a eu des changements au sein de l’effectif, un nouveau coach, des blessures, pas mal d’évènements à assimiler sur une courte durée. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte mais cela peut impacter un groupe. En championnat, on arrive à garder notre constance, il faut continuer ainsi. En Ligue des champions, c’est plus difficile. On joue tous les trois jours, il faut répéter les efforts, quand on a des blessures, des pépins physiques, cela a des répercussions. C’est un début de saison assez mitigé mais il y a beaucoup de positif. Rien n’est joué. Il reste tout à aller chercher, d’ici fin décembre pourquoi pas une qualification en Ligue des champions, d’ici la fin de saison une place en play-off… Tout est encore entre nos mains. À nous de donner le maximum, de bien travailler pour mettre toutes les chances de notre côté mais la motivation est là, le groupe est serein. On va bientôt changer d’infrastructures et basculer à Poissy (en janvier 2024). Des choses se mettent en place et évoluent. Il faut qu’on soit un peu plus patientes et qu’on continue à travailler.

« Le Havre ? On sait qu’on a besoin de points, même si on a deux matches en retard à disputer, on ne peut plus en laisser en route. On va bien le préparer et tout faire pour le remporter. »

 

Dans le cadre de la 10ème journée de D1 Arkema, vous vous rendez au Havre, qui réalise un premier tiers de saison solide. 
Le Havre est une très bonne équipe de D1. Ils travaillent sérieusement, mettent des choses en place, ont bien recruté à l’intersaison pour se renforcer et possèdent de très bonnes jeunes. On doit prendre ce match très au sérieux. Je pense qu’elles vont bien préparer cette affiche. De notre côté, on sait qu’on a besoin de points, même si on a deux matches en retard à disputer (contre Reims, le 17 janvier, et Guingamp, le 17 février), on ne peut plus en laisser en route. 


La saison passée au Stade Océane lors de la 4ème journée de D1 Arkema (photo Pauline CARRÉ / APL / FFF). 

Quel souvenir gardez-vous de votre dernier déplacement au Stade Océane ? 
Cela reste un mauvais souvenir ! On avait été tenues en échec (2-2, le 2 octobre 2022) après avoir mené sur leur terrain, c’est pour cela que c’est une équipe qu’on va prendre très au sérieux. Si on donne le maximum et qu’on arrive à jouer notre jeu, cela devrait bien se passer.

Quel entraîneur est Jocelyn Prêcheur, qui a succédé sur le banc à son père Gérard, et que vous apporte-t-il ? 
C’est un peu la continuité de Gérard même si ce sont deux personnes différentes. Ce qu’il arrive à faire depuis son départ est assez positif. J’ai une très bonne relation avec lui, de nombreux échanges sur la façon dont on doit aborder les matches… C’est quelqu’un de très positif, on a gardé les mêmes principes de jeu donc ce changement ne nous a pas trop chamboulées sur le terrain. Jocelyn passe aussi du rôle d’adjoint à celui de coach, on a l’impression que c’est facile mais ça ne l’est pas du tout. Il faut créer un groupe, continuer à pousser les joueuses, c’est une nouvelle casquette et donc une autre gestion. Dans le rôle d’adjoint, tu as certainement un peu plus de proximité avec tes joueuses, dans celui d’entraîneur principal, tu dois prendre davantage de recul. Il le fait bien, les résultats le montrent. On a plus de difficultés en Ligue des champions mais rien n’est joué. On a mal entamé la phase de groupes, c’est comme ça, ça va être à nous de rectifier le tir et de se donner les moyens d’aller chercher quelque chose.


Les Parisiennes battues à Amsterdam par l'Ajax pour leur entrée en lice dans la phase de groupes de Ligue des champions (0-2, photo ANP / ICON SPORT). 

Avec 589 minutes jouées en D1 Arkema (*), vous êtes la Parisienne la plus utilisée… 
J’enchaîne les matches. Parfois je ne me rends pas forcément compte que j’ai besoin de couper. Quand le coach exige que je ne joue pas ou me mets sur le banc, je n’ai tellement pas l’habitude que cela peut me frustrer mais je sais que c’est pour mon bien, pour que je récupère. La saison est très longue. Il y a des matches en club, en Équipe de France, il faut que j’écoute mon corps afin de bien récupérer car ce sont des rencontres à haute intensité.

« Tabitha Chawinga est très rapide, très physique, c’est difficile de lui récupérer le ballon. Quand elle le perd, elle a cette faculté à le récupérer rapidement et elle marque beaucoup ! C’est un élément important dans notre effectif, une personne simple, naturelle, joyeuse. Un rayon de soleil. »

 

Pouvez-vous nous présenter Tabitha Chawinga qui impressionne depuis son arrivée au club à l’intersaison ? 
Tabitha a énormément de qualités. Elle est très rapide, très physique, c’est difficile de lui récupérer le ballon. Quand elle le perd, elle a cette faculté à le récupérer rapidement et elle marque beaucoup ! Aujourd’hui, elle fait partie des meilleures buteuses de D1 (2ème, à une longueur d’Eugénie Le Sommer). Elle a la capacité à donner de bons ballons, c’est d’ailleurs elle qui m’a fait la passe décisive sur mon but contre Montpellier (4-1, le 26 novembre). C’est un élément important dans notre effectif, un atout offensif, on a une vraie chance de l’avoir avec nous. En dehors du terrain, c’est une personne simple, naturelle, joyeuse, heureuse d’être là, de porter le maillot du PSG. C’est un rayon de soleil. Elle a connu une adaptation express, n’a eu aucune difficulté pour s’intégrer. On a essayé de la mettre dans les meilleures conditions et aujourd’hui, elle nous apporte tellement de bonheur !


À Dijon, le 12 novembre, Tabitha Chawinga a réalisé un triplé, contribuant largement au succès parisien (5-2, photo Vincent POYER / ICON SPORT). 

Vous êtes arrivée au PSG en 2012. Quel regard portez-vous sur la décennie écoulée ? 
Si j’ai prolongé l’été dernier (jusqu'en 2028), c’est que je crois au projet. Je suis persuadée que s’il continue de mettre les choses en place, le PSG va faire partie des meilleures équipes européennes voire mondiales. Cela peut prendre du temps, il faut arriver à garder un noyau fort, c’est-à-dire conserver les joueuses en fin de contrat, créer une unité avec le groupe, le staff, les dirigeants… Je suis convaincue qu’on va y arriver mais reste savoir à quelle échéance. Il y a tellement de choses à faire au PSG, avec l’expansion du football féminin, c’est une vitrine pour le club. Je suis contente d’être restée. Je pense que je représente un peu le Paris Saint-Germain et sa section féminine. J’espère que je vais permettre aux autres joueuses de poursuivre l’aventure et qu’on aille chercher un titre. On vise la Ligue des champions, si ce n’est pas cette année, ce sera pour l’année prochaine mais c’est vraiment dans notre tête. Chez les filles ou chez les garçons, on va dans la même direction.

Aujourd’hui, vous êtes capitaine. Que représente ce rôle ? 
Il faut avoir les épaules, ce n’est pas toujours évident de pousser tout le temps ses coéquipières. On attend aussi qu’on nous pousse, je pense que c’est humain. C’est un rôle qu’on me confie car j’ai les épaules. Je pense être un leader naturel. J’ai cette envie de parler sur le terrain, dans le vestiaire, de donner des conseils aux jeunes. Même si je ne suis pas hyper expérimentée, je me situe entre les plus jeunes et les plus aguerries. Je peux parler aux deux générations. Je le fais naturellement, sans forcer. Si je sens que c’est le moment, je vais le faire, sinon, je m’abstiens. Sur le terrain, j’essaie d’être un modèle, un exemple, la plus irréprochable et investie possible. Parfois, on n’a pas besoin de trop parler, ce sont les actes qui le font pour nous : comment vais-je me donner, me sacrifier pour le collectif ? Cela illustre ce qu’est un leader. »

(*) Statistiques footofeminin.fr


Photo Sandra RUHAUT / ICON SPORT

La D1 Arkema sur FFF.FR

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