Anvers 1920, au pied du podium
Avec un entraîneur anglais pour les préparer, les Français battent l’Italie puis s’inclinent contre la Tchécoslovaquie en demi-finale.
Lors des JO de Stockholm de 1912, il n’y a pas eu d’Équipe de France dans le tournoi de football. La sélection tricolore était pourtant inscrite et devait même rencontrer la Norvège mais le CFI (Comité français interfédéral), affilié à la FIFA, déclara forfait. Officiellement faute de joueurs disponibles (treize sur vingt-deux possibles), officieusement par manque de moyens financiers pour un tel déplacement.
Les Jeux suivants, ceux de 1920, sont les premiers d'après Grande Guerre. Ils se déroulent à Anvers, en Belgique. Quatorze sélections participent dont l’Égypte, la seule non-européenne. La France est exempte de tour préliminaire, son adversaire désigné, la Suisse, étant forfait. La Fédération Française de Football Association (FFFA), créée le 7 avril 1919, a mis en place un comité de sélection composé de trois anciens internationaux : Gaston Barreau, Gabriel Hanot et Jean Rigal. Et a embauché un entraîneur anglais, Frederick Pentland, ancien international professionnel, pour se charger de la préparation physique.
Sans Lucien Gamblin, mais avec René Petit
Le capitaine Lucien Gamblin n’a pas pu se libérer pour le tournoi mais l’Équipe de France bénéficie du renfort de René Petit, un excellent joueur qui a réalisé toute sa carrière en Espagne, au Real Madrid et à Irun. La sélection française est en reconstruction après cinq ans d’interruption (1914-1919). Raymond Dubly, dix sélections, est l’un des trois olympiques à avoir joué avant-guerre en sélection avec Henri Bard et le gardien Albert Parsys. Mais elle compte des joueurs prometteurs comme Jules Devaquez ou Paul Nicolas. Le premier détiendra le record de sélections françaises en 1929 (41 capes), le second celui des buteurs, toujours en 1929 (20 buts).
La liste des joueurs
- Gardiens : Albert Parsys, Jean Le Bidois.
- Défenseurs : Léon Huot, Édouard Baumann, Pierre Mony, Alfred Roth.
- Milieux de terrain : Jean Batmale, René Petit, François Hugues, Maurice Gravelines, Pierre Gastiger, Maurice Leroux, Nicolas Margueres, Philippe Bonnardel.
- Attaquants : Jules Devaquez, Jean Boyer, Paul Nicolas, Henri Bard, Raymond Dubly, Oscar Bongard, André Lassalle, Maurice Gastiger.
- Sélectionneur : Gaston Barreau.
Photo Le Miroir des Sports/Gallica/BnF.
Dernière victoire contre l'Italie avant 1982
Le 29 août, l’Équipe de France rencontre l’Italie au stade olympique d’Anvers (photo principale). Grâce à un départ canon (deux buts de Jean Boyer et de Paul Nicolas dans le premier quart d’heure), elle s’impose 3-1 et se qualifie pour la demi-finale. Ce sera la dernière victoire française contre la Squadra Azzura pour les soixante-deux ans à venir.
Le 31 août, les Tricolores affrontent la Tchécoslovaquie, qui les avait battus un an plus tôt en finale du tournoi Interalliés (non officiel). Paul Nicolas était le seul français à avoir disputé le match de 1919, alors que six des Tchécoslovaques sont toujours là. L’Équipe de France s’incline de nouveau (1-4), après une résistance de plus d’une heure.
Comme en 1908, les joueurs français quittent le tournoi avant le match pour la médaille de bronze. Faute de pouvoir se disputer entre perdants des demi-finales, elle se jouera sous la forme d’un tournoi entre les quatre battus des quarts de finale, le vainqueur affrontant les Pays-Bas, l'autre demi-finaliste que devait rencontrer la France. La Belgique est championne olympique après l’interruption de la finale sur abandon de la Tchécoslovaquie, alors que le score était de 2-0.
Le parcours des Bleus
Quart de finale
Dimanche 29 août 1920
Demi-finale
Mardi 31 août 1920
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