U20 FÉMININE

Sandrine Ringler : « Jouer notre carte à fond »

mercredi 11 septembre 2024 - 22:31 - Philippe MAYEN
Sandrine Ringler

La France affronte les Pays-Bas dans la nuit de jeudi à vendredi (3h00) en 8es de finale de la Coupe du monde U20 féminine en Colombie. La sélectionneure tricolore fait le point sur le parcours de son équipe avant ce match.

Mardi dans leur hôtel de Medellin, au nord-ouest de la capitale colombienne Bogota, joueuses et membres du staff U20 tricolore ont célébré l'anniversaire de Sandrine Ringler. « Si je trouve le temps après l'entraînement de cet après-midi et deux petites bouteilles de Champagne français pour servir un petit verre à tout le monde dans la soirée, on essaiera de fêter ça sinon, ce n'est pas grave », confiait ce jour-là au téléphone la sélectionneure nationale, l'esprit surtout occupé à préparer le 8e de finale de son équipe contre les Pays-Bas. Une qualification pour un quart de finale mondial serait certainement un très beau cadeau pour celle qui vit actuellement sa sixième Coupe du monde U20, s'ajoutant à deux Coupes du monde Futsal universitaires et « une quinzaine d'Euros, je ne les compte plus...Mais aujourd'hui on est surtout focus sur notre prochain match »

 

« Quel bilan dressez-vous de votre phase de groupes, terminée avec un nul (3-3, Canada), une défaite (3-0, Brésil) et une victoire (11-0, Fidji*) ?
Le bilan est positif. Le premier objectif était de se qualifier pour les 8es de finale, le deuxième de prendre l’une des deux premières places de notre groupe pour éviter un premier de poule en 8es. Nous les avons atteints. Comme je l’ai dit, mon groupe est absolument nouveau, nous n’avons pas vraiment eu de rassemblement durant la saison, sans oublier le refus de quatre clubs de ne pas mettre à disposition leurs joueuses en dernière minute… Il fallait donc apprendre à connaître ce groupe, le préparer. C’est presque cette première phase du Mondial qui nous a permis de préparer cette équipe nouvellement composée avec des joueuses que je n’avais jamais eues. Maintenant, on se connaît bien, on travaille bien ensemble. À présent il faut vraiment être opérationnel pour cette nouvelle compétition à élimination directe qui commence. 

La joie des Tricolores, autour de Liana Joseph, après leur qualification pour les quarts de finale (photo FIFA via GETTY IMAGES).

Avez-vous été inquiète après la défaite 3-0 face au Brésil, à la fois pour la qualification mais aussi sur le comportement de votre équipe ? 
Non, pas inquiète. Les filles se sont battues jusqu'au bout lors de ce match, le score est un peu lourd à mon sens par rapport à ce que l'on a proposé. On fait des erreurs très rapidement qui ont mis à mal ce que l'on avait prévu de faire avec un but concédé dès la 7e minute de jeu. Il a fallu réagir et les filles se sont accrochées, même si on a pris deux nouveaux buts, sans réussir à en mettre un. Mais le moral des troupes n'a pas été atteint par cette défaite. Il y a eu de la déception, bien évidemment, mais je m'appuie systématiquement ce que l'on a fait de bien et c'est ce que je leur ai présenté dans mon retour vidéo. Bien sûr, j'ai aussi mis le doigt sur ce qu'il faut rectifier et nous coûte des buts et qu'il ne faut absolument pas reproduire à ce niveau de compétition. 

À 11-0, on était vraiment au but près. À 10-0, on était troisième.

 

 

Un succès face aux Fidji était indispensable pour au moins figurer parmi les meilleurs troisièmes. Mais vous teniez à la deuxième place ? Il fallait onze buts pour cela... 
En terminant troisième et en marquant cinq ou six buts, on passait quand même mais on serait tombé contre l'Espagne en 8es (tenante du titre et triple championne d'Europe U19 2022, 2023 et 2024). Pour terminer deuxième, il fallait deux choses : que le Brésil gagne contre le Canada, ce qui s'est produit (2-0), et que nous inscrivions un minimum de onze buts. Tout le monde avait fait ses calculs. Les Canadiennes suivaient notre résultat - comme nous suivions le leur - et quand elles ont appris notre onzième but (90e + 5) elles sont toutes allées devant sur un corner pour essayer d'égaliser face au Brésil qui menait 1-0, et elles ont encaissé le deuxième but sur le contre... Donc à 11-0, on était vraiment au but près. À 10-0, on était troisième. Les filles savaient ce qu'il fallait faire et elles sont allées le chercher, à l'image de Liana Joseph qui s'est bagarrée pour passer devant sa défenseure et obtenir le penalty du onzième but dans le temps additionnel.

14
Les Bleuettes ont inscrit 14 buts (dont 2 penalties) dans ce Mondial, pour 6 encaissés.
7
La France dispute pour la septième fois les 8es de finale de cette compétition, en huit participations.

Marion Haelewyn : « Tout est grandiose » 

À bientôt 20 ans (elle les aura le 30 octobre prochain), la défenseure tricolore, passée des Girondins de Bordeaux au Stade de Reims cet été, vit en Colombie son premier Mondial de jeunes. Une expérience déjà inoubliable, en attendant encore mieux : « Participer à une Coupe du monde est le rêve de toute footballeuse. Le contexte est incroyable, tout est grandiose. On a connu des Euros mais là c'est bien plus haut. Le stade à Meddelin est énorme, tout est très sécurisé, même les entraînements. C'est un autre monde. En plus, avec le décalage horaire et la distance avec la France, on a l'impression d'être coupé du temps, d'être dans une bulle. Les équipes, toutes non européennes, que nous avons affrontées jusqu'à présent avaient des caractéristiques très différentes, dures à jouer mais très enrichissant pour nous : le Canada était très athlétique, très costaud, les Fidji avait énormément d'envie, avec un jeu long, et des joueuses qui se battaient vraiment pour le maillot, et le Brésil présentait un peu un mix des deux, ça tournait, ça conservait la balle. On a pu couper depuis les Fidji, cela a permis de se libérer la tête un peu, de voir autre chose avant de se plonger dans les Pays-Bas. Il y a de la bonne humeur dans le groupe mais plus le match va approcher, plus l'envie et l'excitation vont grandir. On prend match par match et là, on a toutes très envie de battre les Pays-Bas. On a hâte de jouer. On est concentrées dessus et en même temps, on ne peut pas s'empêcher de voir plus loin. Il y a une forte envie collective d'aller en finale et de remporter cette compétition. Personnellement, j'ai perdu deux demi-finales d'Euro, en 2022 et 2023, alors...».

 

Marion Haelewyn en action contre les Fidji (photo FIFA via GETTY IMAGES).

Comment va le groupe avant ce 8e de finale contre les Pays-Bas ?
Il y a quelques petits bobos qu'on essaye de soigner d'ici au match. On avait cinq jours, ce qui est très confortable, pour soufller et mieux se préparer car cela fait tout de même trois semaines que nous sommes en Colombie. Les deux séances prévues mercredi et jeudi seront courtes dans le temps, moins d'une heure chacune, pour permettre aux filles d'être en pleine possession de leurs moyens le jour du match. La deuxième place nous a permis de rester à Medellin et d'éviter un déplacement, c'est bien. Il fait extrêmement chaud ici l'après-midi, avec un coup d'envoi à 20h00 c'est plutôt bien, mais si on se projette sur un éventuel quart de finale, il faudra jouer à 14h30, à Cali, 500 m plus bas que Medellin en altitude, donc encore plus chaud. 

Que savez-vous de votre adversaire néerlandais qui a pris la deuxième place de son groupe derrière la Corée du Nord** ? 
Nos deux observateurs l'ont déjà bien vu à l'Euro en 2023 (où les Pays-Bas ont été demi-finalistes, battus par l'Espagne) et l'ont de nouveau suivi sur ce Mondial, l'un à Bogota et l'autre à Cali. Et on a les vidéos de ses matches. Avec le staff, nous avons eu une présentation lundi pour pouvoir adapter nos séances et les joueuses l'ont eue mardi. Elles ont toutes les infos, et nous aussi, sur cette sélection. Je ne veux pas en dire trop car chacun cherche à s'informer l'autre (rire)... Je peux seulement dire que c'est une équipe athlétique et organisée, avec 4-3-3 classique qu'elle reproduit systématiquement. On se prépare à pouvoir jouer notre carte à fond pour se qualifier pour les quarts de finale. 

Chaque joueuse doit être responsabilisée sur l'importance de s'imposer dans les duels.

 

 

Quelles seront les clés de cette rencontre, sur quoi allez-vous insister en particulier auprès de vos joueuses ? 
Les erreurs coûteront cher, il faudra les éviter, et il faut que l’on soit plus efficace devant le but. On a eu des occasions que l’on n’a pas toutes concrétisées malheureusement, notamment contre le Brésil. Je veux un match sérieux et discipliné sur le plan défensif et un jeu simple, en première intention, savoir exploiter les failles de l'adversaire et de notre côté, nos points forts. Chaque joueuse doit être responsabilisée sur l'importance de s'imposer dans les duels et de gagner son un contre un avec la joueuse des Pays-Bas qui lui sera opposée. Il faudra être dans le match tout de suite. On a éventuellement la perspective d'un beau quart de finale contre la Colombie, dimanche à Cali (21h30, heure française). Elle joue pratiquement à guichet fermé à chaque fois, plus de 32 000 supporters. Il y a une vraie effervescence autour de cette équipe colombienne et une telle rencontre resterait dans les mémoires de tout le monde car je pense que peu de filles, chez nous, ont déjà évolué devant plus de 30 000 personnes. 

Avez-vous pu dégager une équipe type après vos trois premiers matches ? 
Je n'ai pas de onze-type, non. C'est vraiment la forme du moment, ce qu'elles produisent à l'entraînement et les qualités dont on a besoin. La fraîcheur athlétique rentre en ligne de compte, également, toutes ne sont pas en capacité de tenir tout un match ou de répéter les matches. Mais je compte vraiment sur tout le monde et que tout le monde se tienne à la disposition de l'Équipe de France. »

*Victoire record dans l'histoire de la Coupe du monde U20 féminine.
** Les résultats des Pays-Bas au 1er tour : victoire 2-0 contre le Costa Rica, nul 3-3 avec l'Argentine et défaite 2-0 contre la Corée du Nord.. 

(Photo FIFA via GETTY IMAGES)

Résultats et calendrier

Phase de groupes - Groupe B

- Samedi 31 août 2024 (1ère journée) :

  • France - Canada 3-3

- Dimanche 1er septembre 2024 (1ère journée) :

  • Brésil - Fidji 9-0

- Mercredi 4 septembre 2024 (2e journée) :

  • France - Brésil 0-3
  • Fidji - Canada 0-9

- Samedi 7 septembre 2024 (3e journée) :

  • Îles Fidji - France 0-11
  • Canada - Brésil 0-2

Classement final : 1. Brésil, 9 pts (+ 14), qualifié ; 2. France, 4 pts (+8), qualifiée ; 3. Canada, 4 pts (+7, qualifié ; 4. Fidji, 0 pt (-29).

 

8es de finale

 

- Mercredi 11 septembre 2024 :

  • Brésil - Cameroun 3-1
  • Espagne - Canada 2-1
  • Colombie - République de Corée 1-0
  • Mexique - États-Unis 2-3

- Jeudi 12 septembre 2024 :

  • Match 40 : Allemagne - Argentine (Bogota, 16h30 locales, 23h30 françaises)
  • Match 44 : Corée du Nord - Autriche (Medellín, 16h30 locales, 23h30 françaises)
  • Match 47 : Japon - Nigeria (Bogota, 20h00 locales, 3h00 françaises)
  • Match 43 : France - Pays-Bas (Medellín, 20h00 locales, 3h00 françaises)

Quarts de finale

 

- Dimanche 15 septembre 2024 :

  • Match 46 : Brésil - Vainqueur 44 (14h30 locales, 21h30 françaises, Medellin)
  • Match 48 : Vainqueur 43 - Colombie (14h30 locales, 21h30 françaises, Cali)
  • Match 47 : Vainqueur 39 - Espagne (19h30 locales, 01h00 françaises, Medellin)
  • Match 45 : États-Unis - Vainqueur 40 (19h30 locales, 01h30 françaises, Cali)

Demi-finales 

 

- Mercredi 18 septembre 2024 :

  • Match 49 : Vainqueur 45 - Vainqueur 46 (16h30 locales, 23h30 françaises, Cali)
  • Match 50 : Vainqueur 47 - Vainqueur 48 (20h00 locales, 3h00 françaises, Cali)

Match pour la 3e place

 

- Samedi 21 septembre 2024 (16h00 locales, 23h00 françaises, Bogota)

 

Finale

 

- Dimanche 22 septembre 2024 (16h00 locales, 23h00 françaises, Bogota)

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