Les réactions après Ukraine-France
Les réactions du sélectionneur et du capitaine des Bleus après la défaite face à l’Ukraine (7-1), dimanche 6 octobre en match pour la troisième place du Mondial 2024.
Raphaël Reynaud, sélectionneur
« Le score, c’est le futsal. La dernière fois que l’on les a joués, il y a 4-1 à quinze minutes de la fin, on met le power play et on revient à 4-4... C’est le futsal, cela peut finir dans un but ou dans l’autre et malheureusement, cela ne s’est pas terminé dans le bon. Maintenant, je nous ai trouvé émoussé, peut-être pas physiquement mais mentalement. Le temps commençait à être long et on n’est pas forcément conditionné pour cela. On est tombé face à une très, très bonne équipe d’Ukraine en n’ayant pas forcément toutes les armes pour maintenir notre projet de jeu, répondre à l’impact et nous, impacter les Ukrainiens. Il nous a aussi manqué de la sérénité et du réalisme dans les moments clés du match. Quand on est mené 1-0, quand on a quelques situations intéressantes en première mi-temps et que l'on n’a pas mis assez d’intensité devant le but, avec des courses pas assez tranchantes. À 2-1, on a la possibilité de revenir mais on se déséquilibre trop. Tout cela, on sait le faire mais le réaliser en demi-finale de la Coupe du monde ou dans le match pour la troisième place, ce n’est pas aussi simple ».
Quatrième, une déception ?
« La déception est légitime… En demi-finale, on voulait gagner la Coupe du monde. Aujourd’hui, on se retrouve quatrième, c’est donc une déception. Mais quoi qu’il arrive, elle n’effacera pas notre fierté d’avoir réalisé ce parcours et, surtout, d’avoir amené l’équipe jusqu’au dernier jour de la compétition. Vingt-deux équipes nous regardaient aujourd’hui de la tribune ou devant la télévision. On est très fier d’être là, d’avoir bien représenté le futsal français et d’avoir réussi à emmagasiner toute cette expérience qui nous servira pour la suite. On sait d’où l’on vient, tout ce que l’on a, on l’a gagné petit à petit. Là, on a franchi un cap que l’on n’avait jamais atteint jusqu’à présent. Cette dynamique doit permettre à tous les acteurs de s’appuyer sur l’Équipe de France pour développer encore le futsal ».
Photo Charles LÉGER/FFF.
Kévin Ramirez, capitaine
« On est tous déçu parce que l’on est des compétiteurs, il va falloir encore prendre le temps de digérer tout cela. Mais il ne faut pas oublier tout ce que l’on a fait, on est quand même fier de ce que l’on a accompli, cela n’enlève rien à cette aventure qui a commencé début août. On peut lever la tête, ce n’est que le début ».
Les raisons du beau parcours
« On s’est d’abord très bien préparé. On a joué de grands matches ces dernières années contre de grandes équipes et on a eu de très bons résultats. L’objectif était de sortir des poules mais on a vu que match après match, l’équipe montait en puissance. On était conscient de nos forces et on savait que l’on pouvait réaliser quelque chose. On se le disait en interne, on y a toujours cru. On a eu des équipes très fortes dans le passé avec, peut-être, un effectif un peu moins large. Là, le groupe était plus sûr de lui, dans sa mentalité, la force psychologique qu’il dégage. Mais la réalité a fait que l’on perd en demi-finale sur des détails face à un triple finaliste de la Coupe du monde (l’Argentine, en 2016, 2021 et 2024) et aujourd’hui contre une grande équipe d’Ukraine, qui était au-dessus et qui a mérité sa victoire ».
La force du groupe
« Ce que je retiens de l’ensemble de cette Coupe du monde, c’est le groupe. Deux mois, c’est long… J’ai joué dans beaucoup d’équipes un peu partout dans le monde et il y a souvent des tensions dans les groupes mais là, honnêtement, il n’y en a eu aucune. Évidemment, aux entraînements ça se rentre un peu dedans mais cela fait partie du métier (sourire). On a vu un groupe soudé, qui vit bien, qui a passé de bons moments ensemble avec un bon état d’esprit. On a toujours joué profil bas jusqu’ici mais en finissant quatrième de la Coupe du monde, c’est sûr que l’on sera certainement beaucoup plus étudié et attendu. Il faut assumer ce statut, ce ne sera pas facile. L’équipe est montée en puissance lors cette Coupe du monde, c’est la suite logique mais je suis persuadé qu’elle assumera ».
Avec les arbitres avant le coup d’envoi d’Ukraine-France (photo Robertus PUDYANTO/FIFA).