Les dix temps forts de Mateo
L'internationale française, actuelle meilleure buteuse du championnat de France d'Arkema Première Ligue avec le Paris FC qui se rend à Nantes samedi, ouvre le livre des souvenirs de sa carrière.
Un doublé à Guingamp lors de la première journée (6-0, le 22 septembre), un quadruplé lors de la deuxième face au Havre (8-0, le 29 septembre)... Clara Mateo réalise un début de saison tonitruant sur le front de l'attaque du Paris FC. Avec six réalisations à son actif, elle domine le classement des buteuses au bout de cinq journées.
Heureuse au Paris FC et de retour en Équipe de France féminine dans la première liste du nouveau sélectionneur Laurent Bonadei, l'attaquante (27 ans le 28 novembre, 30 sélections, 5 buts) ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Mais elle a quand même pris le temps de mesurer celui qu'elle avait parcouru depuis ses premiers pas dans la région nantaise, à Sainte-Luce-sur-Loire.

La 6ème journée d'Arkema Première Ligue à suivre sur FFFtv et sur Scores en direct
Son premier souvenir de foot
« Dans mon jardin, chez mes parents à Sainte-Luce-sur-Loire, près de Nantes. J’y passais des heures et des heures, souvent seule sauf quand je parvenais à convaincre mon père de venir jouer avec moi ou quand mes cousins venaient nous rendre visite. Dès la maternelle, je passais les récréations à jouer au foot avec les garçons. Ils m’ont vite bien intégrée. Ce sont de supers souvenirs. Quand je le pouvais, j’allais voir des matches au stade de la Beaujoire. »

La fiche de Clara Matéo
Son premier match
« Comme beaucoup de filles, avec les garçons. J’étais la seule fille de mon équipe mais tout se passait bien avec mes coéquipiers. Dans l’équipe adverse, souvent, les joueurs faisaient la remarque : ''Il y a une fille en face''. Je répondais sur le terrain et assez souvent le regard qu’ils pouvaient avoir sur moi changeait. »
Son premier match parmi l’élite
30 août 2015 : La Roche-sur-Yon – Albi (0-3)
« Nous venions de monter de Division 2. Je n’ai pas un souvenir précis de ce match. Mais cette saison m’a permis, à titre personnel, de me construire. J’avais été assez souvent décisive en D2. C’est en commençant en D1 que je me suis dit que je voulais rester à ce niveau et que j’avais les moyens d’intégrer un club capable de viser les premières places. J’ai pris conscience de mes capacités. »
Sa première passe décisive dans l’élite
26 septembre 2015 : Soyaux – La Roche-sur-Yon (2-3)
« Je ne m’en souviens pas bien. Elle était pour qui ? Pour Julie (Pasquereau) ? Julie, OK. J’aime bien marquer mais j’aime bien faire marquer également. Le plus important, c’est de voir le ballon dans les filets adverses. Je recherche toujours le geste le plus efficace. Si c’est une passe, c’est une passe. Si c’est un tir, c’est un tir. Je me considère davantage comme une attaquante au regard de mon début de saison. Bien sûr, je peux aussi faire marquer les autres dans cette position. »
Son premier but parmi l’élite
18 octobre 2015 : La-Roche-sur-Yon – Nîmes (3-1)
« Je suis lancée dans la profondeur et je marque (le but du 3-1, dans le temps additionnel). Nous étions encore dans la découverte de l’élite. Nous avons vécu une saison difficile avec La-Roche-sur-Yon (10e sur 12 avec 38 points, 5 victoires, 1 nul et 16 défaites) même si la relégation n’est intervenue qu’au bout de la saison. »
Son premier match avec Juvisy
11 septembre 2016 : Guingamp-Juvisy (1-0)
« Nous avions une très belle équipe, avec des joueuses qui étaient ou sont devenues internationales A, comme Estelle Cascarino, Élisa De Almeida, Julie Soyer, Aïssatou Tounkara, Charlotte Bilbault, Inès Jaurena, Kadidiatou Diani ou Gaëtane Thiney. C’est la preuve que Juvisy était un club formateur. J’arrive de La-Roche-sur-Yon. Je quitte mes parents. J’ai eu la chance, en arrivant en région parisienne, de rejoindre Théa Gréboval et Élise Legrout, deux coéquipières en Équipe de France que je connaissais bien. Nous venions d’être championnes d’Europe U19. Mon intégration à la région parisienne en a été grandement facilitée. Nous vivions en colocation dans une petite maison à Athis-Mons. Je n’avais jamais vécu seule. Cette étape m’a aidée à prendre mon autonomie. J’ai poursuivi mes études. J’en avais la volonté et pour Juvisy, le double-projet était très important. J’ai intégré un DUT Science et Génie des Matériaux en deuxième année à Évry. Puis j’ai continué à Polytech Paris-Saclay. J’avais le permis. »
Clara Mateo face au Paris-SG de Laura Georges lors de sa première saison à Juvisy en 2016-2017 (photo André FERREIRA / ICON SPORT).
Son premier match avec le Paris FC
3 septembre 2017 : Fleury-Paris FC (1-5)
« Juvisy a fusionné avec le Paris FC et on a très vite senti qu’on passait un cap. Nous avons été intégrées au centre d’entraînement du club, à côté d’Orly. À Juvisy, nous n’avions pas de terrain d’entraînement fixe. Nous apprenions pendant la journée le nom du stade où nous nous entraînions le soir-même. Rien que d’avoir un stade d’entraînement fixe, un vestiaire dans lequel nous pouvons laisser nos crampons, ce fut déjà une grande évolution. On a parfois l'impression que tout est acquis quand nous parlons. Pourtant, ce changement ne date pas d’il y a si longtemps. »
Son premier but avec le Paris FC
1er octobre 2017 : Paris FC-Rodez (4-0)
« Après ce but (2-0, 26e), j’en ai inscrit quelques autres dans les rencontres qui ont suivi (sourire). Quand on me demande pourquoi je reste au Paris FC, la réponse est simple. Ce que le club me propose me convient très bien, son projet est très compétitif. Pourquoi regarder ailleurs quand on se sent très bien là où l’on est ? L’arrivée prochaine de la famille Arnault montre que notre président sait où il veut aller. Ça crédibilise le projet aux yeux de tous, ça renforce la dimension du club et ça montre à celles qui sont restées qu’elles avaient bien fait de rester. Être championne de France avec le Paris FC, à terme, ce n’est pas impossible. Nous venons de tenir Lyon, une des meilleures équipes d’Europe, en échec (0-0, le 20 octobre, J5). »
✒ Le Paris FC est très heureux de vous annoncer la prolongation de @ClaraMto jusqu'en juin 2026.
— Paris FC Féminines (@PFC_feminines) May 25, 2023
🔵⚪ #CertifiéParis
Sa première sélection
27 novembre 2020 : France-Autriche (3-0)
« J’avais été convoquée une première fois en août 2018. J’avais découvert l’Équipe de France à ce moment-là. J’ai attendu deux années avant de connaître ma première sélection. Quand je rentre à la place de Delphine (Cascarino), il y a un corner d’Amel (Majri). Je dévie le ballon pour Marie (-Antoinette Katoto), qui marque. On peut me compter une passe décisive (rire) ! Nous gagnons 3-0. C’est beaucoup d’émotions, la veille de mon anniversaire. J’avais connu toutes les autres sélections. Je franchissais un palier mais j’avais l’envie de confirmer sur le long terme, surtout. »
Son premier but en Équipe de France
1er décembre 2020 : France-Kazakhstan (12-0)
« Je marque le douzième et dernier but sur une passe d’Ève Périsset. J’étais à l’origine de l’action. Vu l’ampleur du score, ça perd un petit peu de sa saveur, évidemment. Mais marquer son premier but en Équipe de France A, c'est toujours une fierté. »
L'attaquante célèbre son but marqué contre le Kazakhstan avec Emelyne Laurent (photo Vincent MICHEL / ICON SPORT).
« Chez Arkema, ils me soutiennent »
Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieure en matériaux en 2020, Clara Mateo a été embauchée comme Business Developer chez Arkema, par ailleurs sponsor de la Première Ligue. L’attaquante du Paris FC a conservé son autre métier, malgré un agenda sportif très fourni. « J’ai un emploi à 40%, explique-t-elle J’y tiens. La saison passée, avec la Ligue des champions, j’ai eu parfois un peu de mal à travailler sur les dossiers qui m’étaient confiés mais chez Arkema, ils me soutiennent, se montrent très compréhensifs. Ce travail me permet de ne pas penser qu’au foot et de conserver un contact avec des gens en dehors du foot. C’est très important. »

Photo Vincent COLIN