Les petits secrets d’un Dijon record
Surprenant quatrième à l’issue de la phase aller d’Arkema Première Ligue, le Dijon Football Côte-d’Or féminin récolte les fruits de son travail.
C’est un DFCO grand cru qui s’invite à la table des grandes. Plutôt habituées à lutter pour le maintien depuis leur remontée dans l'élite en 2018, les Bourguignonnes ont bouclé la phase aller à la quatrième place de l'Arkema Première Ligue 2024-2025, derrière l’inévitable trio composé de l’Olympique Lyonnais, du Paris Saint-Germain et du Paris FC, seules équipes à les avoir battues. « C’est une surprise oui et non, glisse Sylvain Carric, le manager général de la section féminine de Dijon. Oui car le record du club est une 8e place au final mais non car depuis cet été, il se passe quelque chose. »
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— Dijon FCO (@DFCO_Officiel) December 8, 2024
Portées par Viktoria Pinther (6 buts) et Nadia Krezyman (4 passes décisives), vitrines d’un recrutement estival réussi, les partenaires de la capitaine Léna Goetsch battent tous les records – nombre de points (20) et buts marqués (22) à la trêve notamment. De quoi nourrir leurs ambitions pour la seconde partie de saison. « L’idée, c’est de faire aussi bien dans notre championnat (6 victoires, 2 nuls), c’est-à-dire de la 4e à la 12e place, fixe Carric. Face aux trois grosses équipes, on souhaite se rapprocher un peu plus en termes de contenu et de performance. Je pense qu’on a été en-dessous de ce que l'on peut faire. J’aimerais également bien atteindre les demi-finales de la Coupe de France féminine. Il faudra d’abord faire un match solide face au Clermont Foot (D3) lors des 16es de finale (le 12 janvier), et si on parvient à se qualifier, éviter l’OL, le PSG et le PFC le plus longtemps possible. »
Si Dijon s’en remet à la chance du tirage au sort en Coupe, ses résultats depuis août ne doivent rien au hasard. Sous la direction de Sébastien Joseph (45 ans), entraîneur depuis décembre 2022 après un passage à Rodez et Soyaux, le club de Côte-d’Or récolte les fruits de sa reconstruction entamée il y a plusieurs années. « Depuis mon arrivée en juillet 2022, on s’est structuré pour se donner les moyens, commence le manager général. Une grosse partie de l’effectif a été renouvelée. On a également donné aux joueuses un staff qui connait très bien le foot féminin et qui, malgré sa jeunesse, a envie de se développer. Tout le monde incarne des valeurs de travail, d’exigence et d’amour pour le DFCO. On se doit d’être fier d’être ici. »
Le DFCO impose plus de respect
Et ailleurs, le club impose de plus en plus le respect. Chez les pros ou les jeunes, Dijon a franchi un cap, à l’image, l’été dernier, de l’ouverture de son centre de formation (voir encadré) accueillant 38 joueuses. « Au niveau de l’Arkema Première Ligue, quand on écoute les conférences de presse des coachs adverses, ils ne nous considèrent plus comme une petite équipe, se réjouit Sylvain Carric. C’était vraiment un objectif de faire changer le regard des gens sur le DFCO : qu’on ne parle plus de maintien mais d’une formation capable de jouer systématiquement le ventre mou et, sur les très bonnes années, la 4e ou 5e place. » L'exercice 2024-2025 semble, pour le moment, à classer parmi les très bons crus.

L’exemple Lina Gay
En matière de football, Dijon et ses 162 650 habitants rayonnent bien au-delà de la ville. Avec l’ouverture de son centre de formation féminin l’été dernier, reconnu par la FFF, le DFCO a renforcé son attractivité. « Une grande partie de la formation des joueuses de la Bourgogne-Franche-Comté repose sur nous, entre le centre de formation mais aussi notre section performance sur la pré-formation. On se doit d’être une locomotive, un acteur. C’est très important pour nous », promet Sylvain Carric. Première réussite cet été avec la signature du premier contrat professionnel jusqu’en 2027 de Lina Gay (17 ans), née à Dijon, formée au DFCO dès l’âge de 10 ans et internationale U17 (13 sélections). « Notre objectif est d’amener ces joueuses à devenir pro. L’idée, c’est de pouvoir répéter cette belle histoire », conclut le manager général de la section féminine.