Rachel Corboz, la voix verte
La milieu de terrain du Stade de Reims, qui reçoit le Paris FC lors de la 14e journée d'Arkema Première Ligue, prépare une thèse autour de l’environnement dans le monde du football et a fait de l’écologie un réel engagement.
Le combat, Rachel Corboz (28 ans) aime ça. La milieu de terrain le mène depuis huit saisons dans l’entrejeu des terrains d’Arkema Première Ligue, d’abord avec le FC Fleury 91 puis le Stade de Reims, club qu’elle a rejoint en 2019. Un autre lui tient particulièrement à cœur, depuis toujours, ou presque. Son côté "écolo", parfois rigolo pour certaines de ses coéquipières « qui ne comprennent pas toujours tout mais posent pas mal de questions », fascine. Il a pris racine dès son enfance, dans le New Jersey. « Mes parents ont toujours été très soucieux de l’environnement, glisse la native de Mobile (États-Unis), arrivée en France à l’âge de 22 ans. Dès que c’était possible, on marchait ou prenait le vélo plutôt que la voiture. J’ai grandi dans une famille qui adorait être dans la nature, courir, randonner. À table, on ne mangeait pas de la viande tous les jours. »
L'Arkema Première Ligue sur FFF.FR
La stratégie ambitieuse de la FFF
La FFF est elle-même engagée dans une stratégie environnementale ambitieuse, dans le cadre du plan d’Engagement sociétal lancé par Philippe Diallo, son président, le 19 octobre 2023. Sous l’impulsion d’un comité « politiques environnementales », la Fédération travaille à la décarbonation de ses activités en mettant par exemple en place des solutions visant à réduire l’impact carbone des déplacements des spectateurs. Une application de covoiturage est proposée aux spectateurs des matches de l’Équipe de France, de même qu’une solution de parking et gardiennage des vélos, héritage des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. À travers le Fonds d’Aide au Football Amateur, la FFF a également pris la décision en 2024-2025 de ne plus co-financer de terrains synthétiques à charge élastomère, qui seront interdits à compter de 2031 et l’entrée en vigueur d’une directive européenne sur le sujet.
« Même si cela ne touche qu’une personne, c’est gagné »
Depuis sept ans, Rachel Corboz n’en mange plus du tout. Vegan - comme son frère Mael, joueur en troisième division allemande - à la maison, plutôt végétarienne dans un quotidien qui ne lui permet pas toujours de soustraire tous les produits d’origine animale, la Franco-américaine a su trouver son équilibre pour performer au niveau professionnel. Ce métier, lui offre aussi une certaine notoriété, que l’ancienne joueuse universitaire de Georgetown, ambassadrice de Football écologie France, tente d’exploiter pour sensibiliser. « Au sein de l’association (qui a pour objectif d’accélérer et faciliter la transition écologique et solidaire du football, NDLR), nous sommes plusieurs joueurs, joueuses, arbitres, coaches, énumère la capitaine rémoise. Notre rôle est de promouvoir certaines actions en utilisant par exemple nos réseaux sociaux. Même si cela ne touche qu’une personne, c’est gagné. C’est notre rôle. »
Son parcours
Rachel Corboz, née le 1er mai 1996 (28 ans) à Mobile (États-Unis)
Poste : milieu de terrain
Clubs : Georgetown Hoyas (États-Unis, 2014-2017) ; FC Fleury 91 (2018-1019) ; Stade de Reims (depuis 2019)
Statistiques : 128 matches en Arkema Première Ligue, 16 buts
Au Stade de Reims, Rachel Corboz, femme de convictions, s’y efforce également : tri, douche moins longue… La gauchère, qui affrontera le Paris FC de sa soeur, Daphné, ce samedi (15h00, en direct sur FFFtv), distille ici et là quelques conseils afin de réduire l’empreinte carbone. Elle a donc forcément apprécié que son club prenne la décision, l'an dernier, de remplacer les bouteilles plastiques par des gourdes et, plus récemment, d’implanter un potager au centre d’entraînement, dont les fruits et légumes sont utilisés par les chefs de la cantine. En avril 2024, plusieurs élements de l'effectif de Ligue 1 et d'Arkema Première Ligue, Rachel Corboz en tête, ont également participé à un clean up - ramassage des déchets - avec des jeunes d'une Maison de quartier.

Rachel Corboz (deuxième à droite) et certaines de ses coéquipières en plein clean up (photo Stade de Reims).
Et sa mission ne s’arrêtera pas à la fin de sa carrière. Diplômée d’un master en sciences politiques orienté sur l’adaptation climatique, elle prépare actuellement une thèse autour de l’environnement dans le monde du football dans l’optique de décrocher son doctorat. « L’idéal pour moi, quand j’aurai arrêté de jouer, c’est de travailler dans un club afin de développer différentes actions environnementales », espère-t-elle. Son combat ne fait finalement que commencer.

Rachel Corboz évolue au Stade de Reims, où elle a disputé 128 matches d'Arkema Première Ligue, depuis l'été 2019 (photo ICON SPORT).
Reims moins pétillant
Quatrième d’Arkema Première Ligue et qualifié pour la phase finale la saison dernière, le Stade de Reims vit un exercice 2024-2025 beaucoup plus compliqué. Neuvièmes en championnat, les Champenoises n’ont pas réussi à surfer sur leur exploit lors des 16es de finale de Coupe de France face à l’OL (0-0, 10 tab à 9), éliminées au tour suivant par l’AS Saint-Étienne (0-2). « On a connu beaucoup de changements cet été, justifie Rachel Corboz, en référence au départ de l’entraineure, Amandine Miquel, après huit ans sur le banc, remplacée par Mathieu Rufié, mais aussi de joueuses cadres. Il a fallu que tout le monde apprenne à se connaître et même si c’est bizarre de dire ça alors qu’on a démarré par six défaites de suite, le contenu n’était pas si horrible ! Aujourd’hui, cela va de mieux en mieux et on espère faire une bien meilleure phase retour et assurer notre maintien. »
La 14e journée d'Arkema Première Ligue, vendredi (21h00) et samedi (15h00, 17h00, 21h00), sur Canal+ Foot, FFFtv et Scores en direct
