Besançon, une expédition vers l’Asie
Lors du tour Élite dans le Doubs, à partir d'aujourd'hui, les Bleues vont tenter de réaliser l’exploit de décrocher leur ticket pour la première Coupe du monde de la discipline, prévue à l’automne aux Philippines.
Un vent de fraîcheur souffle sur cette Équipe de France. Si fort, même, qu’il est venu titiller Sandrine Soubeyrand, de passage à Clairefontaine la semaine dernière. La coach du Paris FC, 198 sélections avec le maillot tricolore, a promis de scruter de très près l’expédition des Bleues du Futsal, face au plus grand défi de leur jeune histoire au Palais des Sports Ghani-Yalouz de Besançon (Doubs), du mercredi 19 au samedi 22 mars. « On renvoie quelque chose de positif, se réjouit Pierre-Étienne Demillier, le sélectionneur. Il y a deux ans, on n’existait pas et aujourd’hui, les gens lisent un truc sur nous et ont envie de nous suivre. On les amène avec nous dans l’aventure. »
Tour Élite - Groupe B : le calendrier
- Mercredi 19 mars 2025 :
• 15h00 : Espagne - Finlande
• 18h00 : France - Pologne (en direct sur FFFtv)
- Jeudi 20 mars 2025 :
• 17h00 : Pologne - Espagne
• 20h00 : France - Finlande (en direct sur FFFtv)
- Samedi 22 mars 2025 :
• 15h00 : Finlande - Pologne
• 18h00 : France - Espagne (en direct sur FFFtv)
Tous les matches se disputeront au Palais des Sports Ghani-Yalouz, à Besançon. La billetterie de ce tour Élite est gratuite. Les billets sont à retirer aux guichets de la salle les jours de matches (dans la limite des places disponibles).
« Elles pourront raconter ces choses-là au coin du feu à leurs petits-enfants »
Elle a pris une tournure inattendue, à l’automne dernier, lorsque cette jeune bande aussi audacieuse que talentueuse a éjecté l’Ukraine, vice-championne d’Europe, et la République tchèque, portée par son public, lors du premier tour de qualification au Mondial. Pas vraiment programmée pour ça, l’Équipe de France Féminine Futsal ne s’excusera pas d’être là et chez elle, compte bien jouer à fond le tour Élite, qui offrira deux passeports pour participer à la première Coupe du monde de l’histoire, du 21 novembre au 7 décembre 2025 aux Philippines. « C’est un peu une anomalie de se retrouver ici. Dans plusieurs dizaines d’années, les filles pourront raconter ces choses-là au coin du feu à leurs petits-enfants : la Marseillaise, le Coq, les matches internationaux… Elles méritent tout ça : elles ont réalisé de superbes performances et on ne va pas disputer ces trois rencontres à reculons », assure le sélectionneur.

Capitaine des Bleues, Alexandra Atamaniuk compte 16 sélections durant lesquelles elle a inscrit 9 buts (photo Charles LÉGER / FFF).
Cela risque en effet de faire mal, si tel était le cas, car pour s’envoler vers l’Asie en fin d’année, les Bleues (60es au classement FIFA), devront gravir des montagnes jusque-là encore trop escarpées. La première, ce mercredi 19 mars (18h00), est la Pologne (16e nation mondiale), supérieure lors des deux matches amicaux (2-7 et 0-6) en septembre 2024 à Cracovie. Le lendemain (20h00), la Finlande (17e meilleure équipe du monde) se mettra sur la route des Tricolores, pas loin de la faire tomber (1-1 ; 1-2) à l’automne 2023. Puis l’Espagne (2e au classement FIFA), triple championne d’Europe, se dressera pour la première fois devant les Françaises, le samedi 22 mars. « À ce stade, il ne fallait pas espérer affronter de petites équipes, souffle Pierre-Étienne Demillier. Il n’y a que du lourd ! Pour autant, on ne va pas y aller pour les regarder. On est ambitieux et on aborde la compétition pour se qualifier. »
Les seize joueuses retenues, parmi lesquelles l’expérimentée capitaine Alexandra Atamaniuk ou encore la meilleure buteuse (10 réalisations) Faustine Pellegry, le sont tout autant. Car au-delà de l’enjeu sportif, c’est aussi une formidable occasion de grandir un peu plus. « Le temps et l’expérience des compétitions internationales ne s’achètent pas. Pour réduire ce gap, il faudra s’appuyer sur d’autres choses comme le travail, la générosité et la concentration », prévient Demillier. Cela tombe bien : ces joueuses ne manquent d’aucun des trois.