Reims, la formation en vitrine
Mercredi, le Stade de Reims dispute contre l’AS Cannes (N2) sa dixième demi-finale de Coupe de France. Son parcours met en lumière la réussite de son centre de formation. En première ligne, le groupe Pro 2, tremplin pour les jeunes talents vers l’équipe première.
Ces dernières années, le Stade de Reims n’a cessé de se structurer en termes de formation pour devenir l’un des clubs les plus performants de France dans le domaine. Le groupe Pro 2, équipe réserve des professionnels, est la pierre angulaire de cette réussite. Fondé en 2017, ce tremplin vers l’élite se démarque par son approche singulière, faisant de lui un brillant exemple de post-formation dans l’Hexagone.
Bien plus qu’une réserve, ce groupe Pro 2 (qui évolue cette saison en National 3) est un sas d’entrée pour rejoindre l’équipe première. Tout y est mis en œuvre afin d’amener les jeunes talents vers le haut niveau et l'équipe première. « Le groupe Pro 2 est organisé comme un groupe professionnel, avec un staff d’une dizaine de personnes, des entraînements calqués sur ceux de l’équipe première, dans le but d’accompagner progressivement les joueurs du centre de formation, vers le monde professionnel, de les préparer à ses exigences. C'est un passage obligé, il aspire les meilleurs talents de l’académie », explique Yann Kombouaré, directeur sportif du groupe Pro 2.
Mamadou Diakhon et Nhoa Sangui (photo Emilian BALDOW / ICON SPORT).
Un système qui porte ses fruits
Parmi les fruits les plus récents de cette structure, Valentin Atangana (19 ans) est l'un des symboles du succès de la formation rémoise. Arrivé au club en U11, le capitaine de l’équipe de France U19 vice-championne d'Europe 2024 (battue par l'Espagne en finale), champion d'Europe avec les U17 tricolores en 2022, a gravi les échelons un à un jusqu’à devenir un cadre de l’équipe première. Et le jeune milieu de terrain défensif n’est pas un cas isolé ! Nhoa Sangui (19 ans, 25 matches cette saison, international U19) et Mamadou Diakhon (19 ans, 27 matches cette saison, international U20) se sont aussi imposés dans le groupe professionnel. « Nous avons une approche où chaque joueur est identifié dès le début de saison pour voir comment l’accompagner au mieux. L’objectif est que chaque membre de la Pro 2 puisse, à terme, vivre du football », souligne Yann Kombouaré.
Valentin Atangana lors du quart de finale de Coupe de France contre Bourgoin-Jallieu (photo Hugo PFEIFFER / ICON SPORT).
Atangana : « Cette expérience m'a aidé à mûrir »
Titulaire indiscutable cette saison (30 matches disputés toutes compétitions confondues), Valentin Atangana savoure son ascension fulgurante : « C’était un objectif pour moi de m’installer dans le onze pro et d’enchaîner les matches. L’an dernier, j’ai eu des pépins physiques, mais aujourd’hui je suis fier de voir que mon club formateur me fait confiance », apprécie le natif de Yaoundé (Cameroun). Le passage par le groupe Pro 2 a été une étape déterminante, comme pour d’autres avant lui : « Jouer contre des adultes, c’est autre chose. Moins de temps pour transmettre le ballon, des impacts plus rugueux, et quelques "ficelles" du métier dans le jeu… Ça forge mentalement, surtout quand tu vas jouer sur des terrains de moindre qualité, face à des adversaires qui ne te font pas de cadeau, car même si tu n'es qu'en réserve, tu représentes un club pro. Les ambiances sont particulières, un peu comme en Coupe de France. Cette expérience m’a beaucoup aidé à mûrir ».
Le parcours 2024-2025 du Stade de Reims
- 32es de finale : AS Still Mutzig (R1) - Stade de Reims 1-3
- 16es de finale : Stade de Reims - AS Monaco FC (Ligue 1) 1-1 (3 tab 1)
- 8es de finale : Bourgoin-Jallieu FC (National 3) - Stade de Reims 0-0 (2 tab 3)
- Quarts de finale : Angers SCO (Ligue 1) - Stade de Reims 1-1 (3 tab 5)
- Demi-finales : AS Cannes (National 2) - Stade de Reims, mercredi 2 avril (21h00)
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— Stade de Reims (@StadeDeReims) March 31, 2025
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Malgré des difficultés en championnat, le Stade de Reims (actuellement 15e en Ligue 1) performe en Coupe de France, où il n’est plus qu’à quatre-vingt-dix minutes de rejoindre le Stade de France. Au pouvoir, la jeunesse rémoise vit la compétition presque comme un tournoi de jeunes : « La Coupe de France nous stimule ! C’est une aventure, comme on a pu en vivre dans notre jeunesse, aux quatre coins de la France. Ça me rappelle les tournois où on se fixait des objectifs de performance après chaque rencontre jusqu’à la finale », se souvient-il. Soulever la Coupe Charles-Simon avec son club formateur, Valentin Atangana en rêve intensément : « Je serais en effet sur un nuage, ce n’est pas donné à tout le monde de remporter un trophée avec son club formateur. On veut emmener notre président (Jean-Pierre Caillot) au Stade de France, c’est son rêve et on va tout faire pour le réaliser. »
La Coupe de France représente ainsi une formidable vitrine pour le Stade de Reims, elle illustre sa capacité à faire confiance à ses jeunes et à les faire progresser. En attendant la demi-finale contre l’AS Cannes (N2), mercredi soir au Stade Pierre-de-Coubertin (21h00, en direct sur beIN SPORTS 1), le club champenois peut déjà se féliciter d'une belle victoire: son modèle de formation est une fierté pour tout le football rémois.
Le palmarès de la Coupe de France
