« Un groupe habité par la performance »
Les Bleus ont deux matches à bien négocier afin de se qualifier pour leur deuxième Euro. Première étape ce vendredi 11 avril contre la Bulgarie à l'Arena Saint-Étienne Métropole.
L’Équipe de France Futsal est rassemblée depuis dimanche soir au CNF Clairefontaine pour préparer les deux derniers matchs du groupe 10 des qualifications pour l’Euro 2026 qui se tiendra en Lituanie et en Lettonie en janvier prochain. Contre la Bulgarie, vendredi (21h05, en direct sur la chaîne L’Équipe) à l’Arena Saint-Étienne Métropole (à Saint-Chamond, à guichet fermé), puis en Géorgie cinq jours plus tard, le sélectionneur des Bleus, Raphaël Reynaud, attend de son groupe qu’il maintienne la dynamique entretenue depuis la Coupe du monde.
Avec la Bulgarie et la Géorgie, vous arrivez au bout du chemin dans cette poule 10. La qualification est en vue ?
« L’objectif n’a pas varié. Plus on avance dans ces qualifications, plus les résultats s’enchaînent et fort heureusement plus on se rapproche de cette qualification et de l’objectif initial. On commence à toucher du doigt le moment décisif. On sait que l’on peut être qualifié dès vendredi à Saint-Chamond si on bat la Bulgarie et qu’un peu avant, la Géorgie ne gagne pas au Kosovo. Quoi qu'il arrive, notre objectif sera de terminer cette campagne invaincus, de bien pouvoir enchainer sur la préparation du championnat d’Europe et d’arriver en étant une équipe solide à l’Euro. Quelque part, on dissocie la qualification du résultat. L’objectif, c’est de maintenir le cap. La qualification sera la conséquence de l’implication que le groupe et le staff auront mis dans les six matchs qui nous auront été proposés dans cette poule.
L’Équipe de France est invaincue, et aussi c’est la nation la plus prolifique de l’ensemble des qualifications. Est-ce le signe que vous avez franchi un palier ?
C’est le résultat du sérieux du groupe, du côté insatiable des joueurs. Le groupe m’a énormément surpris dans le bon sens du terme lors des précédentes rencontres car je les ai sentis habités par la qualification et par la performance. Si l’on garde cet état d'esprit, on sera sur la même dynamique sur les matchs qui arrivent et les conclusions pourront être faites. Pour nous, c’est juste l’idée d’être une bonne équipe, d’être habités par ce qu’on fait, et cela se voit.
Résultats et calendrier – Tour principal groupe 10
- Vendredi 13 décembre 2024 :
- Bulgarie - France 0-11
- Géorgie - Kosovo 3-1
- Mardi 17 décembre 2024 :
- Kosovo - Bulgarie 6-2
- France - Géorgie 5-2
- Vendredi 31 janvier 2025 :
- Géorgie - Bulgarie 6-1
- Kosovo - France 0-5
- Mardi 4 février 2025 :
- France - Kosovo 9-4
- Bulgarie - Géorgie 1-5
Classement :
- France, 12 points (+ 24)
- Géorgie, 9 pts (+ 8)
- Kosovo, 3 pts (- 8)
- Bulgarie, 0 pt (- 24)
- Vendredi 11 avril 2025 :
- France - Bulgarie (21h05, Saint-Étienne/Saint-Chamond)
- Kosovo - Géorgie
- Mercredi 16 avril 2025 :
- Géorgie - France
- Bulgarie - Kosovo
Les premiers de chacun des dix groupes qualifiés pour la phase finale (18 janvier au 8 février 2026, en Lituanie et Lettonie), les huit meilleurs deuxièmes en barrages (15 au 24 septembre 2025).
Une qualification est quelque chose qu'il ne faut pas banaliser dans l’histoire de l’Équipe de France Futsal ?
Évidemment. Il faut déjà être au clair par rapport à notre histoire. L’Équipe de France n’a participé qu’à une seule édition de l’Euro (en 2018) et de la Coupe du monde (2024). Aujourd’hui, se qualifier pour un championnat d’Europe serait quelque chose d’exceptionnel, d’encore rare dans notre histoire. Il faut rester lucide par rapport à cela et surtout respecter l’histoire et notre parcours. Maintenant, compte tenu de l’équipe et de sa dynamique, une qualification serait dans une forme de logique aujourd’hui si l’on regarde le parcours de ce groupe, sa progression, son ambition. Par rapport à l’histoire du Futsal français, on mesure très bien la portée de cette qualification pour laquelle on s’investit.
Comment allez-vous aborder ces deux matchs assez dissemblables compte tenu du profil des adversaires (la Bulgarie, battue 11-0 à l’aller, et la Géorgie, 14e mondiale) et de leur position dans la poule ?
On va les aborder sensiblement de la même façon que l’on a abordé les deux premières séquences avec deux matchs dans un même rassemblement. Pour moi, il s'agira de deux temps différents. On va déjà bien se préparer contre la Bulgarie pour ensuite enchaîner en Géorgie. Y aller étape par étape, c’est essentiel sinon, on peut se perdre dans des considérations qui sont autres que celle d’une rencontre. L’histoire d’un match est toujours quelque chose d’inattendu et il faut maîtriser cette dimension. Quelque soit le résultat de la Géorgie au Kosovo, notre objectif sera, je l’ai dit, de terminer invaincus.
C’est une bonne habitude désormais que l’on a de se retrouver devant un nombreux public, une salle à guichet fermé. Derrière l’Équipe de France, je vois une dynamique autour du Futsal qui est bénéfique pour tout le mondeRaphaël Reynaud
Pour ce rassemblement, vous avez rappelé Steve Bendali pour la première fois depuis la Coupe du monde et Michaël De Sa Andrade, que l’on a plus vu en Bleu depuis un an et demi.
C’est une liste de continuité par rapport aux qualifications et à la Coupe du monde pour garder le bénéfice de l’expérience acquise. Une liste aussi avec quelques retours, c’est vrai. Steve retrouve une place dans le groupe après une blessure. Il est performant aujourd’hui dans son club en Croatie, à Pula. On le suit. C’est un joueur important pour l’effectif, il fait logiquement son retour. Micka, lui, après une période un peu compliquée, est vraiment performant avec son club de Nantes. Il est surtout transformé d’un point de vue athlétique et au niveau de l’exigence que requiert le haut niveau. Ça, ça me plait beaucoup. Avec les qualités qui sont les siennes, sa culture du jeu et son intelligence de jeu surtout, il peut apporter à cette équipe.

Steve Bendali fait son retour avec les Bleus (photo Charles LÉGER / FFF).
Le match contre la Bulgarie sera le dernier de la saison à domicile. Un match à guichet fermé annoncé quinze jours avant le coup d’envoi. L’attente autour des Bleus est forte.
Oui et c’est plaisant. C’est une bonne habitude désormais que l’on a de se retrouver devant un nombreux public, une salle à guichet fermé. Derrière l’Équipe de France, je vois une dynamique autour du Futsal qui est bénéfique pour tout le monde. La Coupe du monde nous a fait changer de galaxie. Aujourd’hui, on est dans la continuité de ce Mondial. On est reconnu en tant que sport, en tant que discipline qui va devenir majeure, j’en suis convaincu, dans les années à venir. C’est toujours avec grand plaisir que l’on va retrouver nos supporters et les gens qui s’identifient à l’état d’esprit de cette équipe. Pour nous, c’est peut-être notre plus belle victoire.
À l'Arena Saint-Étienne Métropole, vous serez comme à la maison, vous qui êtes originaire de Haute-Loire…
C’est avec un immense plaisir que l’on vient à Saint-Étienne. C’est aussi pour nous l’occasion de rendre hommage à Stéphane Basson, qui a été un grand capitaine de l’Équipe de France (109 sélections, 20 buts de 2000 à 2013) et qui sera avec nous. Il est à l’origine de notre venue et quand ça nous a été proposé, j’ai trouvé que c’était une bonne idée. Pour ma part, c’est vrai qu’on sera à une heure de la maison donc c’est quelque chose de sympa pour moi (sourire). Mais l’important, c’est de dynamiser ce territoire, cette terre de foot, de basket aussi et qui peut se retrouver dans les valeurs du Futsal. On espère contribuer au développement de la discipline dans la Loire. »
« Fier des féminines et des U19 »
Sélectionneur des Bleus, Raphaël Reynaud est également manager de l’ensemble des sélections nationales Futsal. L'Altiligérien a récemment suivi de près l'Équipe de France Féminine et les U19, passés tour près d'un exploit et d'une qualification - respectivement - pour la Coupe du monde et l'Euro. « Je suis extrêmement fier des performances réalisées que ce soit par les féminines ou par les U19, glisse Raphaël Reynaud. On n'attendait pas l’Équipe de France Féminine au Tour Élite et elle y est allée en éliminant des vice-championnes d’Europe ukrainiennes. Au final, il y a eu match avec des adversaires (Espagne, Finlande, Pologne) qui avaient beaucoup d’expérience, de vécu et qui ne nous attendaient pas à ce niveau là. Les U19, eux, ont été en capacité sur un dernier match au Portugal, de se qualifier dans les dernières minutes et de tenir en échec le champion d’Europe. Cela veut dire plus encore qu’une qualification pour une phase finale contre des nations d’un moindre niveau. Aujourd’hui, on se rapproche de ce qui se fait de mieux. C’est le travail de longue haleine qui paie et il ne faut surtout pas considérer ces non-qualifications comme des contre-performances. Au contraire, ce sont de très belles performances qui témoignent du travail et qui nous encouragent pour la suite. »

Raphaël Reynaud échange avec Pierre-Étienne Demillier, sélectionneur des Féminines, lors d'un entraînement au Tour Elite à Besançon, en mars 2025 (photo Charles LÉGER / FFF).