Arbitrage, le débrief de la J28
Après chaque journée de Ligue 1 McDonald’s, la Direction de l'arbitrage de la FFF analyse certaines situations qui ont nécessité le recours à l'assistance vidéo durant le week-end.
STADE BRESTOIS - AS MONACO
59e minute : sur un corner, le joueur monégasque n°36 reprend le ballon de la tête tout en étant retenu par le maillot par le défenseur brestois n°7. Lors de ce duel, le défenseur élève le bras pour dévier la trajectoire du ballon, qui sort en ligne de but. L’arbitre ne perçoit pas ce contact difficile à identifier et indique le corner consécutif. L’arbitre vidéo analyse la nature du contact entre le bras et le ballon et, convaincu du caractère illicite du geste du défenseur, propose un visionnage en bord de terrain à l’arbitre. celui-ci accorde finalement le pénalty correspondant à la faute de main.
L’analyse de la Direction de l’arbitrage
Au regard de la loi 12, le geste du défenseur est clairement sanctionnable. Le mouvement volontaire du bras augmente la surface couverte par son corps dans une position imprudente, qui ne peut être considérée comme un geste de protection. L’assistance vidéo à l'arbitrage a justement permis de corriger l’absence de pénalty. Aucune sanction disciplinaire n’était attendue ici.
OLYMPIQUE LYONNAIS - LOSC LILLE
35e minute : à la réception d’un centre adressé dans la surface de réparation lilloise, le joueur lyonnais n°10 lyonnais reprend le ballon de la tête. Le ballon est alors contré par le bras droit du défenseur lillois n°12. L’arbitre ne parvient pas à percevoir ce contact et laisse le jeu se dérouler. L’arbitre vidéo vérifie la totalité de la situation, y compris la sortie potentielle du ballon au préalable en ligne de but, avant d’inviter l’arbitre en bord de terrain au premier arrêt de jeu suivant pour un potentiel pénalty à la suite du contact entre le bras et le ballon. L’arbitre décide finalement d'accorder un pénalty.
L’analyse de la Direction de l’arbitrage
Conformément aux dispositions de la loi 12, le geste du défenseur est clairement répréhensible. Sautant avec la jambe et le bras droits tendus en avant, le défenseur commet clairement une faute en contrant le ballon du bras, dans un geste qui augmente nettement la surface couverte par son corps. Le recours à l’assistance vidéo était nécessaire et a permis à juste titre de rectifier l’erreur initiale, alors que le ballon n’était effectivement pas sorti au préalable de l'aire de jeu. La bonne décision a finalement était prise : pénalty, sans avertissement.
RC LENS - AS SAINT-ETIENNE
87e minute : alors que le ballon vient d'être dégagé par l'équipe stéphanoise depuis sa surface de réparation, il parvient, après un rebond très haut, vers le joueur stéphanois n°25 qui tente de le jouer de la tête. Le joueur lensois n°15 intervient pour jouer le ballon en sautant et porte son pied droit, semelle en avant, à la hauteur de la tête du joueur stéphanois. Après avoir touché le ballon, le pied du joueur lensois vient heurter directement le visage du joueur adverse qui tombe au sol. L’arbitre perçoit le contact et siffle la faute en adressant un avertissement au fautif pour comportement antisportif. L’arbitre vidéo vérifie alors cette décision sans conclure à une erreur manifeste de lecture de la part de l’arbitre.
L’analyse de la Direction de l’arbitrage
La décision finale est clairement erronée car le geste du joueur lensois n°15, réalisé de façon non maîtrisée, à une hauteur inconsidérée par rapport à la proximité de la tête du joueur stéphanois et avec un contact direct de la semelle sur le visage de l'adversaire, met clairement en danger l’intégrité physique de ce dernier. Un recours à l’assistance vidéo en bord de terrain était attendu dans cette situation afin d'exclure le joueur fautif pour une faute grossière.
STADE DE REIMS - RC STRASBOURG ALSACE
95e minute : sur un long centre traversant adressé vers le joueur rémois n°7 dans la surface de réparation de l'équipe strasbourgeoise, ce dernier tente de se positionner en reculant pour jouer le ballon. C’est alors qu’il subit un contact délibéré du joueur strasbourgeois n°32 qui s'était déplacé pour impacter physiquement son adversaire, sans chercher à jouer le ballon. L'attaquant se retrouve au sol sans avoir l'opportunité de disputer le ballon. L’arbitre décide de ne pas accorder de pénalty et le ballon sort des limites du terrain. Une altercation éclate ensuite entre les deux joueurs et se poursuit par un attroupement important de joueurs des deux équipes, à l’issue duquel deux exclusions et un avertissement sont infligés. L’arbitre vidéo, entré en visionnage dès le début de la situation, conclut rapidement à l’absence de faute du défenseur, et contrôle ensuite l’identification des protagonistes de l’attroupement, en accord avec le protocole de l’assistance vidéo à l'arbitrage.
L’analyse de la Direction de l’arbitrage
Les images montrent d'abord que le défenseur strasbourgeois se désintéresse totalement du ballon pendant la majeure partie de la trajectoire de ce dernier, puisqu'il porte essentiellement son regard sur l'attaquant vers lequel il se déplace en courant. Il décide ensuite d'entrer en contact avec l'attaquant rémois à l'aide de la hanche et du bras droits, avec une charge réalisée alors que le ballon n'est pas à distance de jeu et un mouvement du bras qui cherche à écarter son adversaire. Conformément aux Lois du jeu, cette intervention correspond à une faute commise par imprudence. L'analyse de l’arbitre vidéo est sommaire et insuffisante : un visionnage en bord de terrain était attendue pour corriger la décision initiale et reprendre le jeu par un pénalty.