NATIONAL 2

Guillaume Allanou : « Une agréable surprise »

jeudi 8 mai 2025 - 11:09 - RÉDACTION
Guimllaume Allanou, président entraîneur Stade Briochin

Le président, directeur sportif et entraîneur du Stade Briochin savoure la montée en National, qu’il juge inattendue lors d’une saison marquée également par un quart de finale de Coupe de France.

L'avantage de s'adresser à Guillaume Allanou, c'est que l’on peut évoquer à la fois les perspectives du Stade Briochin (dont il est redevenu président en 2021), son projet de jeu (il en est l’entraîneur depuis le départ de Roland Vieira, en janvier 2024) et son recrutement (il en est aussi le directeur sportif). Promoteur immobilier dans le civil, c’est surtout un homme heureux depuis que son club de cœur, qu'il a connu comme joueur en Division 2 au milieu des années 1990, est assuré de retrouver le National, deux ans après l'avoir quitté. Un bonheur par procuration – les Griffons ont dû attendre 24h et le résultat de leur dauphin l'US Saint-Malo, battu par Blois F41 (3-1) le lendemain du succès briochin contre l'US Avranches MSM (3-2) – qu’il raconte tout en revenant sur une saison qu’il n’attendait pas avec de tels résultats.

Résultats et calendrier du National 2

Comment qualifiez-vous cette saison ?
Les superlatifs me manquent : exceptionnelle, extraordinaire, unique ! Il y aura forcément un peu de décompression samedi prochain à Blois mais je vais essayer de motiver les joueurs par rapport au record de treize succès d’affilée en National 2 (le CS Sedan Ardennes, en 2019-2020). On en est à onze et il nous restera ensuite un dernier match à domicile, contre le Saint-Pryvé Saint-Hilaire FC (le 17 mai) : on devrait être 3 000 ou 3 500 à Fred-Aubert pour faire la fête !

Cela n'a-t-il pas été étrange de vivre l'accession le lendemain sans jouer, « en décalé » ?
J'y ai pensé... Avec Avranches, on avait prévu en début de saison de jouer nos deux matches le vendredi. J'ai hésité à demander le changement. En fait, j'ai laissé les choses comme elles étaient. Et je me suis dit que si, par bonheur, on battait Avranches, on mettait un gros coup derrière la tête de Saint-Malo qui jouait le lendemain. Je suis allé voir leur match, j'espérais secrètement qu'ils allaient perdre et, en même temps, j'étais là pour superviser Blois, notre prochain adversaire. C'était une sensation bizarre, ce n'est pas pareil de le vivre en décalé. Mais c'est quand même toujours mieux que de monter comme on l'avait fait la première fois (en 2020), quand le championnat s'était arrêté à cause de la pandémie Covid-19.

Quand avez-vous pris conscience que la montée était possible ?
Véritablement à la fin, quand on s'est retrouvé à la lutte et que l’on est passé devant (lors de la 25e journée le 12 avril, après un succès 3-2 chez Bourges Foot). Après le quart de finale de Coupe de France face au Paris Saint-Germain (perdu 7-0, le 26 février), j'ai dit aux joueurs : "Soit on va chercher notre maintien, et le temps sera long parce qu'il reste trois mois de compétition, soit on se challenge et on essaie d'aller chercher un top 5, voire mieux". On voulait jouer les trouble-fêtes, les arbitres. On a cherché à remonter au classement, sans aucune arrière-pensée parce que l'on était loin. Je voulais finir à une place qui soit en corrélation avec notre parcours de Coupe, terminer douzième n'aurait eu aucun sens.

Tour d’honneur avec ses joueurs après le quart de finale de Coupe de France face au PSG (photo Philippe LE BRECH/APL/FFF).

Par le passé, beaucoup d'équipes de N2 ont subi le contrecoup de la Coupe, mais pas vous. Comment l'expliquer ?
Cela nous a un peu coupés quand même car entre notre succès contre l'OGC Nice (2-1, en 8es de finale) et la défaite devant Paris, on a perdu en championnat aux Herbiers (2-1). Il avait fallu gérer les blessés, les suspendus… Peut-être que ces autres clubs de N2 ont payé la coupe sur le plan de l'effectif. Nous sommes à trente-sept matchs officiels joués cette saison avec un effectif qui n'est pas pléthorique, il en reste deux… C'est assez exceptionnel, je ne sais pas le décrire. C'est improbable, je sais seulement que, sans notre série actuelle de onze victoires consécutives, ce qui n'arrive quasiment jamais, on ne serait pas là. Cela s'est fait naturellement.

Qu'est-ce qui a fait la différence ?
Notre fraîcheur et puis le fait que notre saison soit déjà réussie grâce à la Coupe. On n'avait pas de pression, on ne s'est pas pris la tête. Le maintien a été acquis assez tôt et on s'est ensuite pris au jeu mais, encore une fois, on ne pensait pas à la montée il y a un mois et demi.

Y'a-t-il eu un match déclic ?
Il y en a eu deux. D’abord la défaite à Granville (3-2 lors de la 6e journée, le 21 septembre) alors que l'on menait 2-0. Ce soir-là, on a vu que l'on n'avait pas de marge. Le deuxième, juste après notre qualification en Coupe face à Annecy, c'est la victoire à Saint-Malo (2-1 lors de la 16e journée, le 18 janvier) qui a mis un coup d'arrêt à leur dynamique. On a pris conscience que l'on pouvait rivaliser avec tout le monde.

Vous avez été admis dans la promotion 2025-2026 du BEPF, or vous aviez annoncé cet hiver que vous céderiez votre place d'entraîneur…
Du coup non, je prolonge d'une année. Je n'imaginais pas être pris au BPEF et j'en suis évidemment très content. Et puis coacher en National, j'ai envie de le vivre.

Le président-entraîneur au stade Fred-Aubert (photo Johnny FIDELIN/ICON SPORT).

Comment allez-vous faire, compte tenu de toutes vos activités ?
Comme d'habitude, je vais trouver des solutions. Je ne sais pas encore lesquelles, je vais m'organiser en conséquence. Cela fait partie des choses que je dois régler.

Faire remonter Saint-Brieuc en National doit être une belle fierté ?
C'est d’abord une agréable surprise. En début de saison, j'avais dit que l'on n'était pas près d'y retourner parce qu'on avait plein de manques, en termes de moyens financiers et d'infrastructures. On n'était que le neuvième budget de notre groupe, c'est une incongruité. Ce sont aussi des problèmes qui vont se greffer : on va essayer de laisser trois équipes derrière nous l'an prochain alors que l’on fera partie des petits. Peu importe, on y va avec enthousiasme, mais on n'est pas des novices non plus.

La Ligue 3, c'est l'objectif pour le Stade Briochin en 2026-2027 ?
Oui, mon dernier défi sera d'amener le club vers ce statut professionnel que la Ligue 3 pourrait potentiellement lui offrir. Comme j'étais sur le terrain lors du dernier match de l'histoire du club en Division 2 contre le FC Louhans-Cuiseaux (0-0 à domicile, en mars 1997), ce serait une belle façon de boucler la boucle.

Quid du terrain de Fred-Aubert ?
C'est le sujet majeur. On n'aura pas un nouveau terrain à la reprise mais on est en train d'œuvrer pour faire en sorte qu'il soit de meilleure qualité, afin de répondre aux exigences du National. D'ici un ou deux ans, on aimerait aussi avoir un nouveau terrain, en herbe ou hybride, au stade Fred-Aubert.

L'emblématique Christophe Kerbrat (38 ans) a lui aussi annoncé sa retraite à la fin de cette saison...
Oui, il arrête. Il ne joue plus depuis le match de Paris pour raison médicale. Et pour les autres, on va se rencontrer. La montée change beaucoup de choses, on aura besoin d'expérience de toute façon.

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