ÉQUIPE DE FRANCE FUTSAL

Raphaël Reynaud : « Une saison encore historique »

mercredi 9 juillet 2025 - 17:44 - RÉDACTION
Raphaël Reynaud

Le sélectionneur des Bleus dresse le bilan d’une saison 2024-2025 démarrée en fanfare par une historique Coupe du monde et aussi ponctuée par une qualification pour le prochain Euro 2026.

Raphaël Reynaud, le sélectionneur de l’Équipe de France Futsal, a de quoi être satisfait. En dressant le bilan de la saison 2024-2025, l'Altiligérien se souvient des débuts en fanfare et de cette historique Coupe du monde 2024 conclue dans le dernier carré, puis de la qualification pour le prochain Euro 2026. Les yeux déjà tournés vers ce rendez-vous majeur de la nouvelle saison, le manager de l’ensemble des sélections nationales Futsal dessine, au-delà, la feuille de route d’une discipline en pleine expansion et qui rêve des Jeux olympiques 2032 à Brisbane (Australie). 

«  La saison qui vient de s’écouler a été incroyablement riche pour le Futsal français. Qu’en retenez-vous ?
Cette saison est évidemment et éminemment historique puisqu’on sort d’une Coupe du monde réussie. On a atteint un niveau que l’on n’espérait pas atteindre même dans nos rêves les plus fous. On a eu le bonheur de pouvoir enchaîner avec une qualification pour le championnat d’Europe. On se qualifie pour une deuxième phase finale consécutive et pour la deuxième fois pour cette compétition (après 2018), ce qui rend cette qualification encore plus savoureuse et appréciable. Cette saison a été riche en résultats et démontre que la France s’est positionnée parmi les nations qui comptent dans le Futsal. Je retiens aussi de cette saison l’aboutissement et la valorisation de notre projet de jeu, de notre identité de jeu. Ce qui m’a toujours intéressé - et on l’a mis en avant depuis le début -, c’est qu’il n’y aurait pas de résultats sans sueur, sans haut niveau. Le fil conducteur a toujours été d’être dans le haut niveau, dans ce qui se fait de mieux en termes de préparation athlétique, l’analyse de l’adversaire, l’analyse de nos performances, en maintenant une identité et un projet de jeu mis en place dans l’ensemble de nos sélections et qui, aujourd’hui, nous permet d’affirmer qu’on a une culture forte de notre Futsal. Maintenant, on a eu de très bons résultats mais pour se maintenir, il faut être en vigilance et être meilleurs. Aujourd’hui, dire qu’on est au haut niveau ? Oui puisque nos performances ont été des performances de haut niveau. Pour se maintenir et continuer d’être performants, il va falloir mettre encore plus d’identité dans ce que l’on fait. L’objectif est là : être au moins aussi performant et se remettre en question pour envisager la suite.

L'Équipe de France Futsal sur FFF.FR


Les Bleus ont réussi à se qualifier pour l'Euro 2026, le deuxième de l'histoire de la sélection tricolore (photo Charles LÉGER / FFF).

Si vous deviez retenir une image de cette saison avec l’Équipe de France ?
L’image que je garde est peut-être celle de notre premier match à domicile dans la campagne de qualification à l’Euro 2026, contre la Géorgie à Orléans (le 17 décembre 2024). On gagne 5-2. On est deux mois après la Coupe du monde. On dit souvent que pour être au haut niveau, il faut maintenir les performances. Là, j’ai eu le bonheur de voir mon équipe maintenir son exigence et ses performances. C’est ce qui m’a le plus plu dans cette saison. Ce n’est pas d’atteindre la haute altitude d’un dernier carré de Coupe du monde sur un coup mais de se maintenir et d’être exigeants jusqu’au bout.

À lire aussi : le portrait de Raphaël Reynaud

Cette saison, l’Équipe de France Féminine Futsal a marqué la saison en ratant de peu la qualification pour la première Coupe du monde Féminine de la FIFA…
L’Équipe de France Féminine existe depuis deux ans seulement. On a souhaité faire naître cette équipe tranquillement, la développer. Je rends hommage à l’ensemble du staff pour le travail effectué, notamment en termes de suivi, d’accompagnement, de détection pour aller chercher des joueuses qui quelque part "n’existaient pas". Ce travail devait être fait dès le départ. On a vu plus de soixante-quinze joueuses sous le maillot bleu, c’est dire l’opportunité offerte à chacune d’entre elles et surtout le travail accompli pour être, au final, dans une dynamique de performance aussi. Du coup, ce sont deux saisons très intéressantes : une première durant laquelle on a énormément élargi le groupe et une deuxième ponctuée par cette qualification pour le Tour Élite qui n’était pas dans le tableau de marche initial mais qui nous permet aujourd’hui de dire qu’en étant encore plus exigeants et encore plus dans une dynamique de progrès et de construction de projet, d’équipe surtout, on arrivera à être performants. On espère le plus rapidement possible. Aujourd’hui, on est tourné vers l’avenir, et le Tour principal des qualifications au prochain championnat d’Europe à partir de mars 2026. Avec l’ambition d’être présents encore une fois au Tour Élite pour pouvoir jouer une qualification pour le prochain Euro 2027.


La jeune sélection féminine s'est invitée au Tour Élite, symbole de sa progession fulgurante (photo Charles LÉGER / FFF).

Un mot sur les sélections de jeunes. Les U19, présents à l’Euro les deux dernières éditions, ne se sont pas qualifiés pour celle de 2025, à la rentrée. C’est une déception ?
Je suis extrêmement satisfait de ce que l’on propose avec les jeunes. On a gagné des tournois cette saison mais surtout on est dans la continuité de ce qu’on souhaite proposer. On a mis en place une formation française cohérente de bout en bout en ce qui concerne le projet de jeu et son contenu mais aussi les profils des joueurs. Les staffs sont hyper professionnels et ne sortent pas de cette ligne-là. Cette cohérence me plaît énormément. On vient de finir la saison sur une victoire des U23 à la Futsal Week, en Croatie, on a gagné un tournoi en Croatie avec les U19 en battant l’Espagne. Le seul bémol c’est la non-qualification pour le championnat d’Europe mais il ne faut pas oublier que l’on avait le pire tirage avec un Tour Élite qui se déroulait au Portugal, le champion d’Europe en titre. On est éliminé sans avoir perdu (4-4) et sincèrement, on méritait autant que les Portugais d’aller au championnat d’Europe. La mission est accomplie pour cette sélection puisque l’objectif est de donner de l’expérience, d’être fidèle à notre ligne directrice, à notre identité de jeu. Je suis hyper satisfait.

Vous êtes déjà tourné vers l’avenir et d’abord la saison prochaine. Le point d’orgue en sera la phase finale de l’Euro pour l’Équipe de France (20 janvier-7 février 2026) ?
Le championnat d’Europe sera d’abord un chemin. Le chemin qui nous mènera et mènera la Fédération à ce championnat d’Europe. Avec des rendez-vous réguliers d’ici janvier. On va monter en puissance. On va emmener les territoires avec nous. Après un déplacement au Brésil chez les champions du monde pour se mettre en bouche en septembre, un stage de préparation en Europe, en octobre, que l’on mettra à profit également pour faire des tests médicaux, on ira jouer à Limoges, en novembre, puis à Metz, où la Moselle va nous recevoir dans son arène avec une fête qui sera formidable, juste avant Noël. On finira notre route vers l’Euro par Paris où l’on n’a pas joué depuis quatre ans. L’idée est de se confronter à des adversaires prestigieux. On espère amener le maximum de gens derrière nous car la Lituanie, la Lettonie et la Slovénie, qui nous accueilleront à l’Euro, c’est nettement moins loin que l’Ouzbékistan (sourire). »

Vous aviez fait de cet Euro 2026 l’objectif de votre projet sportif à votre arrivée à la tête de la sélection en 2021. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Notre Futsal est en développement. Il faut anticiper la progression et la construction. Cela passe par des cycles et des projets. Aujourd’hui, on va finir ce premier cycle-là avec le championnat d’Europe et on met tout en œuvre pour le finaliser avec la performance sportive qui sera quelque part le miroir de notre projet et de notre parcours, également. Ensuite, il sera temps de faire un état des lieux, un bilan pour construire la suite pour être encore meilleurs et se projeter vers la Coupe du monde 2028 mais aussi vers 2032. C’est une date qui me tient à cœur car on a bon espoir que le futsal soit, demain, un sport olympique. Et on veut se préparer pour être champions olympiques en 2032.

Le Futsal a toutes les caractéristiques pour être un sport olympique, il le sera sans doute demain, je l’espère en 2032. En tous cas, nous on sera prêts

Raphaël Reynaud

Mais le Futsal n’est pour l’instant pas un sport olympique. Vos prochains défis collent avec le développement d’une discipline qui ne cesse de casser les codes, de faire bouger les lignes, de défricher de nouveaux territoires ?
L’objectif JO sera dans notre future feuille de route. Le Futsal a toutes les caractéristiques pour être un sport olympique, il le sera sans doute demain, je l’espère en 2032. En tous cas, nous on sera prêts. C’est dans ce but que l’on met en place ce projet. 2032 peut paraître loin mais si on veut être champions olympiques, il faut commencer par construire notre performance de demain. Ce processus passe par les jeunes, par la féminisation, par un Futsal beaucoup plus développé, beaucoup plus démocratisé. La mise en place de compétitions permettra aux jeunes talents de demain de s’épanouir. On a la chance d’avoir une Fédération qui nous suit sur cet axe-là. Le championnat de France U19 créé pour la saison 2026-2027 sera un bel outil pour nous permettre de mettre en place une politique technique et de faire jouer les meilleurs éléments au meilleur niveau. Et le championnat de France féminin qui sera réalité à la rentrée 2026, nous permettra d’élever le niveau du Futsal féminin afin d’atteindre des objectifs plus grands. Ensuite, pas de Futsal sans les clubs. Ces derniers vont continuer d’être accompagnés et de grandir avec la Fédération et d’être associés à la réussite de nos sélections comme ils l’ont fait depuis quatre saisons maintenant. Le Futsal français doit être tourné vers 2032 et que l’on commence aujourd’hui à fédérer, à structurer et à construire pour avoir des ambitions à ce moment-là. Entre temps, il y aura les Jeux olympiques de la jeunesse, à Dakar, à l’été 2026. On souhaite que la France soit représentée avec les filles et les garçons. On fourmille de projets, mais on a les idées claires. On avance à un rythme fou parce qu’on ne se rend peut-être pas compte mais la croissance du Futsal est exponentielle. Les jeunes plébiscitent le Futsal donc il faut que l’on suive le rythme que nous impose la discipline et la jeune génération.


Raphaël Reynaud regarde vers l'avenir et rêve des JO 2032 (photo Charles LÉGER / FFF).

En parlant de croissance, le Futsal en France va bientôt atteindre les 50 000 licenciés…
Ce chiffre a quasiment doublé en quatre ans. Depuis quelques années, on a franchi des étapes importantes. Le président Philippe Diallo a fait du Futsal une des priorités de son mandat, Cédric Bettremieux (membre du Comité exécutif) a désormais la responsabilité du développement à la Fédération. Nous, on continue de ressentir l’engouement autour de la pratique quand on se déplace. Avec l’Équipe de France, on est à guichet fermé quasiment depuis deux ou trois ans. L’Équipe de France Féminine a eu un accueil incroyable quand elle est allée jouer dans le Val-d’Oise ou à Besançon, avec plus de 1 500 personnes sur son Tour Élite. Même nos jeunes attirent du public avec des salles pleines à Lisieux ou à Villeneuve d’Asq. C’est une formidable énergie qui nous pousse à continuer à grandir. »

fédération française de football - FFF
Crédit Agricole logo EDF logo Nike logo Orange logo Uber Eats logo Volkswagen logo