NATIONAL

Les promus au crible

mardi 5 août 2025 - 17:35 - Romain COLANGE
Stéphane Dief, Guillaume Allanou et David Vignes

À l'aube de la professionnalisation du troisième échelon du football français, Le Puy Foot, le Stade Briochin et le FC Fleury 91 s'apprêtent à (re)découvrir le National, dont la 1re journée aura lieu ce vendredi 8 août. Avec humilité mais l'ambition de s'y installer.

 LES EFFECTIFS 
« Étoffer en qualité »

Ils ne voulaient pas trop changer la recette du bonheur. Dans l'ascenseur du National 2 au National au terme de la saison 2024-2025, Le Puy Foot, le Stade Briochin et Fleury ont pris le parti de conserver leur ossature. « Je pars du principe que l’effectif a donné satisfaction sinon, on ne serait pas monté et on n’aurait pas fait ce si beau parcours en Coupe de France jusqu’en quarts de finale, commence, pragmatique, Guillaume Allanou, l’entraîneur breton. La majorité du groupe est restée et je me suis évertué à recruter des joueurs revanchards, comme Charles-André Raux-Yao (ex-Versailles), ou d’autres qui n’ont pas eu leur chance à ce niveau et qui ont envie de prouver. En étant le plus petit budget du championnat, il est difficile de recruter des joueurs confirmés. »


Guillaume Allanou est l'entraîneur du Stade Briochin depuis 2024, où il assure également la fonction de président et de directeur sportif depuis 2009 (photo Johnny FIDELIN / ICON SPORT).

Chez les Ponots, Stéphane Dief a, lui, souhaité « rendre le groupe encore plus homogène, tout en apportant une concurrence la plus lisible possible. On voulait aussi que les recrues fassent un pas en avant en venant au Puy. On est dans la construction, avec des joueurs qui pourront franchir des paliers afin d’atteindre le niveau exigé en National. »

À Fleury, enfin récompensé par une montée tant désirée, le plus gros du recrutement avait été réalisé l’an dernier. « On travaillait sur un cycle de deux ans avec l'objectif d'accéder au National, explique David Vignes. Cet été, on s’est attaché à conserver le plus grand nombre de joueurs et à se renforcer sur quelques postes clés avec des éléments connaissant le niveau afin d'étoffer l'effectif en qualité. »

À lire aussi : les secrets de la montée du Puy Foot

 LES OBJECTIFS 
« En laisser trois derrière nous »

Si les promus brandissent l’objectif du maintien, ils ne débarquent pas en National en victime expiatoire. Avec humilité et chacun dans son style, les trois clubs nourrissent une certaine forme d'ambition. Le Puy, par exemple, s’appuie sur des principes de jeu fort, et s’est forgé une belle réputation d’équipe agréable à voir jouer. « L’idée globale de notre projet de jeu restera la même. On souhaite conserver notre philosophie mais est-ce qu’on en sera capable ? Ce sera une des interrogations à lever rapidement », confie Stéphane Dief.


Stéphane Dief est sur le banc du Puy Foot 43 depuis l'été 2023 (photo Hugo PFEIFFER / ICON SPORT).

Le Stade Briochin, vainqueur de douze de ses treize derniers matches en National 2, aura à cœur de surfer sur sa dynamique pour bien lancer son championnat. « Notre seul avantage est d’avoir eu, dès la reprise, l’effectif au complet. En termes de cohésion et de projet de jeu, on va gagner du temps même si cela n’assure pas de gagner des matches, sourit Guillaume Allanou. On va humblement tenter de performer en conservant notre identité même si forcément, il faudra parfois être pragmatique pour, au final, en laisser trois derrière nous. »

Enfin, Fleury est sans doute le plus attendu des trois promus. « On sait que l’on jouit d’une certaine réputation mais on va découvrir le niveau avec beaucoup d’humilité car le club ne connaît pas le National, rappelle David Vignes. Ce sera difficile de se maintenir et il est possible que cela se joue lors des dernières journées, à moins de faire une saison quasi parfaite comme Boulogne-sur-Mer, Bourg-Péronnas et Aubagne l’an dernier. Cela doit nous servir d’exemple. »

 LA POULE 
« La Ligue 2 d'il y a quatre ou cinq ans »

David Vignes a le sentiment de sauter dans l’inconnu. Pourtant, l’entraîneur de Fleury, seul club novice au troisième échelon du football français, est déjà passé par là, sur le banc du Pau FC (en 2007-2008 et de 2016 à 2018). « Aujourd’hui, j’ai l’impression de redécouvrir ce championnat, dit-il. Quand on voit la composition du groupe, très dense, il me fait penser à la Ligue 2 d’il y a quatre ou cinq ans. Les clubs sont tous très structurés, que ce soit au niveau des staffs et des infrastructures. Il n’y a plus trop de décalage entre les "gros" et les supposés plus "petits". Cela se retranscrit sur le terrain. »

Avec Dijon, Sochaux et Valenciennes au menu d’ici début septembre, le Stade Briochin aura très vite l’occasion de se frotter à de récents anciens pensionnaires de Ligue 1 et Ligue 2. « Structurellement, ces clubs sont aux antipodes de nous, admet Guillaume Allanou. Cela sera génial de jouer ces affiches, dans de beaux stades et sur de superbes pelouses. »

Stéphane Dief met en avant « le potentiel offensif important » des différentes formations, dans un championnat « où l’intensité est bien supérieure à celle du National 2. Les transitions sont également très importantes. Il faudra être précautionneux, tout en étant capable de bien les exploiter offensivement ».

 LA PROFESSIONALISATION 
« Cela va nous stimuler »

À l’aube de la professionnalisation du championnat, prévue pour la saison 2026-2027, l’enjeu d’un maintien revêt encore un peu plus d’importance. « Cela va forcément nous stimuler, avance Stéphane Dief. J’espère que les Ponots, et plus largement l’ensemble du département, viendront nous soutenir. On espère cette fois réussir à se maintenir et positionner Le Puy sur l’échiquier du football français. Cela serait formidable d’avoir un deuxième club professionnel dans le secteur (avec l’AS Saint-Étienne, NDLR). »

Même ambition à Fleury : « On monte presque au meilleur moment, glisse David Vignes. Voir notre club dans le giron professionnel serait magnifique, pour les bénévoles, tous les sympathisants et le président (Pascal Bovis, NDLR). »


David Vignes, entraîneur du FC Fleury 91, lors du match amical face au Mans (1-2) le 26 juillet (photo Philippe LE BRECH / ICON SPORT).

Club professionnel au milieu des années 1990 avant une liquidation judiciaire en mars 1997, le Stade Briochin pourrait, lui, renouer avec son glorieux passé. « Ce serait symboliquement très fort une trentaine d’années après, avoue Guillaume Allanou. En 121 ans d’histoire, le club a été pro à peine quatre ans. C’est une courte expérience et ce serait un réel exploit de l’être à nouveau. »

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