Mickaël Landreau : « Favoriser la vie du ballon »
L’ex-gardien international revient sur sa première saison de conseiller sportif et de porte-parole de l’arbitrage, en se réjouissant des orientations maintenues pour 2025-2026.
Antony Gautier, directeur de l’arbitrage de la FFF, a détaillé mardi 26 août au siège de la Fédération les « orientations techniques des compétitions de la Ligue de Football Professionnel 2025-2026 », en compagnie d’Amaury Delerue (manager-instructeur des arbitres de Ligue 1), Romain Delpech (manager-instructeur VAR) et Mickaël Landreau (conseiller sportif et porte-parole de la Direction de l’arbitrage). Présentées fin juillet aux arbitres puis à l’ensemble des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, notamment par des visites sur place, elles ont comme priorité réaffirmée de « placer l’arbitrage au service du jeu ». Une volonté dont se réjouit l’ex-gardien international et entraîneur, ravi de poursuivre une mission qu’il détaille avec le recul d’une saison.
Romain Delpech, Mickaël Landreau, Antony Gautier et Amaury Delerue (photo Mehdi DJEBAÏLI/FFF).
À lire :
Antony Gautier : « Être au service du jeu »
Que pensez-vous apporter dans ce rôle de conseiller ?
Beaucoup d’expérience de terrain, je pense. Mes passés de joueur (professionnel de 1996 à 2014, onze sélections en Équipe de France), d’entraîneur (notamment du FC Lorient, de 2017 à 2019) et dans les médias me permettent, je crois, de savoir ce que le monde du foot attend mais aussi d’avoir la capacité de comprendre le métier d’arbitre. Un énorme travail de pédagogie et de compréhension est intervenu parce qu’en fait, on a tous cette même volonté, cette même envie de rendre ce sport encore plus attrayant, qu’il soit spectaculaire, qu’il y ait du jeu, qu’il fasse vibrer. Je n’avais signé qu’un an et j’ai prolongé car la continuité entre les paroles et les actes, les échanges avec les clubs, la remise en question, la transparence… tout cela a été mis en place et m’a donné envie de poursuivre.
En quoi consiste votre mission de préparateur technique et tactique ?
C’est un partage d’expériences en permanence, d’analyses du jeu, de ce que vivent un arbitre, un joueur, un entraîneur et aussi de ce que sont les médias. J’ai la chance d’avoir toute cette palette et je peux partager avec beaucoup de confiance au sein de la direction, en étant libre de ce que l’on échange tout en étant très respectueux de l’institution. C’est très agréable.
Comment jugeriez-vous les relations entre joueurs et arbitres aujourd’hui ?
Bizarrement, je n’ai pas l’impression que c’est le plus compliqué. La relation entre les arbitres et les joueurs est plutôt bonne, c’est plutôt l’environnement qui crée des polémiques, ce besoin de trouver des responsables. L’arbitre se retrouve alors au cœur de pressions, de stress, ouvrir et communiquer humanise complètement son rôle et le rend accessible. Ce sont des gens brillants qui, à travers toute leur démarche, montrent qu’ils ont envie de s’ouvrir, de partager afin de rendre ensemble le « produit » football plus beau et plus agréable. Je pense que c’est une volonté de tout le monde d’enlever certaines choses qui polluent. On le voit dans la continuité de la saison dernière et la dynamique de cette nouvelle saison.
Photo Richard LOYANT/FFF.
De votre côté, avez-vous appris des arbitres ?
Ah oui, beaucoup. Leur compétence, leur remise en question en permanence, leur préparation athlétique, leur capacité managériale et cette envie d’apprendre et de pouvoir s’ouvrir... Joueur, je n’ai jamais été vindicatif, je n’ai d’ailleurs pas pris beaucoup de carton dans ma carrière, mais mon regard sur eux a depuis évolué. La complexité de leur tâche, monumentale, les lois du jeu et la multiplicité des situations font que j’apprends en permanence. Maintenir une ligne technique sur trente-quatre journées et deux championnats, c’est aussi une performance. Pouvoir partager tout cela avec des sensibilités d’hommes et de femmes différentes, c’est hyper intéressant.
Quel est votre avis sur la nouvelle règle du capitaine seul interlocuteur de l’arbitre ?
Je pense qu’il s’agit d’une bonne décision car trop de situations polluaient, salissaient le football. Cela complète un ensemble avec le temps de jeu effectif, la VAR qui vient confirmer ou infirmer une décision… Tout un travail de fond est réalisé, qui est positif pour le jeu.
Et sur la limitation à huit secondes du ballon dans les mains du gardien ?
Psychologiquement, quand j’étais gardien, on était déjà habitué aux six secondes, même si on ne les respectait pas toujours (sourire). Le foot a évolué sur le rythme, les entraîneurs veulent en mettre en permanence hormis quelques rares situations nécessitant de le couper. Plus vite on joue, plus vite l’équipe adverse est déstabilisée, c’est un véritable rapport de force tactique. (Cette règle), c’est pour favoriser le jeu, le rythme, la vie du ballon en fait. Le poste et le rôle de gardien ont aussi énormément évolué, il joue aujourd’hui huit ballons sur dix au pied…
Reste-t-il des idées reçues à combattre ?
Évidemment, et c’est dans la continuité de tout ce que l’on réalise. Il reste encore énormément de travail sur l’humanisation de l’arbitre, sur le fait que l’on en a besoin, que l’on doit le respecter… Prenons les jeunes arbitres : ils vont commettre des erreurs comme les jeunes joueurs qui débutent, dont on n’attend pas les mêmes qualités que ceux qui ont 30 ans et de l’expérience. Il faut donc les aider et les respecter, et cela montre que c’est tout un environnement qu’il faut encore faire évoluer.