U20

« Avec un état d’esprit positif »

samedi 27 septembre 2025 - 22:25 - R. C. et R. R.
Bernard Diomède

Alors que les Bleuets font leur entrée dans la Coupe du Monde lundi face à l'Afrique du Sud, champion d'Afrique en titre, le sélectionneur français, Bernard Diomède dresse le portrait de son équipe et des forces en présence.

L’Equipe de France U20 s’apprête à disputer pour la 9e fois de son histoire la Coupe du monde. Placée dans le groupe E, elle fera son entrée en lice dans cette 24e édition organisée par le Chili le lundi 29 septembre (23h00*) face à l’Afrique du Sud. Les Bleuets affronteront ensuite les États-Unis, le jeudi 2 octobre (23h00), puis la Nouvelle Calédonie, trois jours plus tard (23h00), avec l’ambition première de sortir de ce groupe E. Son équipe, ses adversaires, ses objectifs… A quelques jours du début de la compétition, Bernard Diomède, le sélectionneur, s’est livré pour FFF.fr.

(*) Heure française

 L'ETAT D'ESPRIT 
« Tous ont à coeur de bien représenter leur pays »

Avec un état d’esprit positif. Mon staff et moi vivons notre deuxième Coupe du Monde. Les joueurs ont moins d’expérience, forcément mais ces acquis doivent nous permettre de nous appuyer sur un collectif soudé. Certes, quelques individualités ne sont pas là mais depuis trois ans que je travaille avec ce groupe, nous avons obtenu des résultats, quelle que soit l’équipe que j’alignais. L’aventure a commencé en U18 au tournoi de Limoges. Les joueurs venaient d’être champions d’Europe U17 avec José Alcocer. Nous avons trois ans d’histoire, d’aventure, de matchs. Nous avons toujours mis le collectif en avant, été très attentif à la vie de groupe et nous le serons encore davantage au Chili. Le groupe est composé de huit nouveaux joueurs mais douze étaient là le mois dernier contre l’Espagne. Et cinq ont fait la finale de l’Euro contre l’Espagne il y a un an. Ils sont un peu les garants de notre identité. Tous ont à cœur de bien représenter leur pays.


Bernard Diomède lors du deuxième succès de suite contre l'Espagne, le 5 septembre à Clairefontaine (photo Philippe LE BRECH / APL / FFF).

 LA COMPOSITION DE LA LISTE 
« Tout s'est fait en bonne entente »

La date de la Coupe du Monde, nous la connaissons depuis longtemps et nous savons qu’elle n’entre pas dans les fenêtres internationales de la FIFA. La première des choses, ce sont les relations avec les entraîneurs, les directeurs sportifs, les présidents. J’ai eu l’opportunité de pouvoir échanger avec tout le monde. J’ai pu trouver des accords avec des clubs mais certains joueurs qui devenaient titulaires avec leur club ont préféré rester avec leur club, ce que l’on peut comprendre. Parfois, les clubs n’ont pas pu libérer des joueurs, alors qu’ils étaient d’accord, en raison de blessures dans l’effectif. Tout s’est fait en bonne entente. Nous nous sommes adaptés, à partir d’une liste de 55 joueurs que la FIFA a accepté d’élargir, vu les difficultés que nous rencontrions. Des joueurs importants, qui étaient avec nous depuis trois ans, auraient aimé aller au bout de l’aventure. Nous n’avons pas pu les avoir, c’est une frustration pour eux mais je leur souhaite d’aller ensuite chez les Espoirs. A ceux qui sont là de profiter de la situation et de vivre cette expérience pleinement. Tous les profils retenus cadrent avec notre projet.


(photo Coralie HOUEIX / FFF).

 L'OBJECTIF 
« L'Afrique du Sud, d'abord »

On a l’expérience de la Coupe du Monde 2019 avec la génération 1999. On a perdu en quart de finale contre les Etats-Unis et cela reste comme une frustration vu la qualité du groupe et le travail effectué. Le premier objectif, c’est d’avoir le groupe au complet (il manquait un joueur samedi soir quand l’interview a été réalisé) puis de bien négocier ce premier match face à l’Afrique du Sud, qui est championne d’Afrique. Ensuite, sortir des poules et prendre les matchs un par un en espérant aller jusqu’au bout. Dans une telle compétition, il y a le premier match, les matchs de poule qu’il faut bien gérer puis les matchs à élimination directe. C’est trois temps et presque trois compétitions différentes dans une même compétition.

 LES ADVERSAIRES : AFRIQUE DU SUD, USA, NOUVELLE-CALEDONIE 
« Les Etats-Unis, un favori dont on parle très peu »

L’Afrique du Sud a battu le Maroc, que l’on a également affronté. C’est une équipe très solide. Leur entraîneur le reconnaît : il aime défendre. Et ses joueurs sont dans cette ligne directrice : pour gagner, il faut d’abord bien défendre. Ça va être un match très compliqué, surtout pour le premier match car ils auront de la fraîcheur et mettront de l’impact physique. On s’attend à un adversaire très solide.

Les Etats-Unis, nous avons perdu au mois de mars contre eux (1-2). Ils se présentent au Chili avec tous leurs joueurs. Ils sont forts individuellement, collectivement, solides sur les phases arrêtées, dans les duels. Ils iront très loin dans la compétition. Les Usa, c’est un favori, dont on parle très peu. Ce sera notre deuxième match, un match clé.

La Nouvelle-Calédonie, j’en ai parlé avec Christian Karembeu (rire). On va raconter l’histoire de la Nouvelle Calédonie aux joueurs, de ses relations avec la France. Je suis assez content que ce match arrive en dernier, car il se peut que ce soit d’abord une rencontre de prestige, symbolique, une fête. Or, nous sommes dans une Coupe du Monde. L’ambassadeur de France va venir. C’est un match particulier que nous aurons le temps d’anticiper.

 LES POINTS FORTS DES BLEUETS 

« Notre identité, c’est un joueur qui s’adapte pour jouer au plus haut niveau »

Les joueurs français sont formés par des éducateurs qui sont eux-mêmes formés par la Direction technique nationale. Nous formons les meilleurs joueurs, les meilleurs entraîneurs. Quand on a la chance d’être en Equipe de France, on récolte les fruits de tout ce travail avec des joueurs complets, capables de s’adapter aux différents systèmes de jeu. On parle beaucoup de l’identité allemande, espagnole. Notre identité, c’est un joueur qui s’adapte pour jouer au plus haut niveau et qui est capable, quelles que soient les circonstances, de performer.

Avec ce groupe, nous avons mis en place depuis trois ans des systèmes de jeu différents. Nous avons alterné le travail dans les blocs. Nous avons travaillé avec des joueurs hybrides, capables, en match, d’être autonome et de s’adapter au rapport de force avec l’adversaire. Nous avons une grosse identité, sur le jeu de possession, tout en étant capable d’être performant dans la transition. Nous avons marqué 50% de nos buts en transition et 50% en jeu de possession.  Nous avons des joueurs complets et une équipe assez complète.

Deux succès sur l'Espagne en septembre...

Lors du rassemblement de septembre, les Français ont joué et battu deux fois l'Espagne, en amical. Un plus pour la confiance, face à leur tombeur en finale de l'Euro U19 en 2024. "L’Espagne joue rarement des matchs amicaux. Ces deux victoires nous ont apporté beaucoup de confiance. Douze des joueurs présents au Mondial étaient là, en septembre. Ils forment notre noyau dur. Il y avait un parfum de revanche face à l’équipe qui nous avait battus en finale de l’Euro. D’ailleurs, sept Espagnols présents il y a un an étaient encore là. Mais comme je l’ai répété aux joueurs, dans le football, il n’y a pas de revanche. Juste des victoires ou des défaites et la capacité à passer à autre chose. Nous avons su garder notre identité de jeu face à une belle équipe espagnole", apprécie Bernard Diomède.

Cette identité, comment la définit-il ? "A la Fédération, nous échangeons beaucoup avec les entraîneurs nationaux. Nous partageons une vision du jeu et du joueur de demain. Nous travaillons avec des joueurs de talent qui ont un potentiel et notre travail est de les aider à devenir des internationaux A. D’ailleurs, certains joueurs, en âge d’être avec les U20, sont montés avec les Espoirs en septembre et ça ne me pose aucun problème bien au contraire. Nous travaillons pour former des futurs internationaux A et la hiérarchie est très claire : il y a les A, puis les Espoirs, puis les U20. Ça me va très bien comme ça", insiste le champion du monde 1998.

 SON EXPERIENCE AU SERVICE DU GROUPE 

« C'est surtout mon parcours d'entraîneur qui compte »

Oui, il faut être honnête. Mon parcours de joueur a été important et il me permet d’avoir des relations dans le milieu qui me permettent d’échanger quand il faut convaincre un club de libérer un joueur. Mais ce qui compte surtout, c’est mon parcours d’entraîneur. Cela fait dix ans que je suis arrivé à la FFF. J’ai vécu trois championnats d’Europe, ce sera ma deuxième coupe du monde, nous avons des résultats, au tournoi de Toulon par exemple. Dans les échanges, les discours, avec les différents interlocuteurs, ça aide.

 

Le programme du Mondial

Les matches de l'Equipe de France U20 (groupe E)

  • France - Afrique du Sud (Rancagua, stade El Teniente), lundi 29 septembre 2025 (22h00)
  • États-Unis - France (Rancagua, stade El Teniente), jeudi 2 octobre 2025 (22h00)
  • Nouvelle-Calédonie - France (Talca, stade Fiscal), dimanche 5 octobre 2025 (22h00) 

Les dates de la compétition

  • Phase de groupes : du samedi 27 septembre au dimanche 5 octobre 2025
  • 8es de finale : mardi 7, mercredi 8 et jeudi 9 octobre 2025
  • Quarts de finale : samedi 11 et dimanche 12 octobre 2025
  • Demi-finales : mercredi 15 octobre 2025 à Valparaiso (23h00) et Santiago (02h00)
  • Match pour la 3e place : samedi 18 octobre 2025 à Santiago (22h00)
  • Finale : dimanche 19 octobre 2025 à Santiago (02h00)

Heures françaises.


Les villes-hôtes

  • Santiago (stade National)
  • Rancagua (stade El Teniente 
  • Valparaiso (stade Elias-Figueroa)
  • Talca (stade Fiscal)
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