ÉQUIPE DE FRANCE FÉMININE

Geyoro : « J’aime tellement l’Équipe de France »

dimanche 26 octobre 2025 - 13:35 - Romain COLANGE
Grace Geyoro

À 28 ans, la milieu de terrain a franchi l'été dernier la barre des 100 sélections. L'occasion pour l'une des taulières du groupe de Laurent Bonadei d'ouvrir la boîte à souvenirs en Bleues.

Le 5 juillet dernier, lors du premier match de l’Euro 2025 face à l’Angleterre (2-1), Grace Geyoro (28 ans) a porté pour la centième fois le maillot tricolore. Elle a été la 19e joueuse a atteindre ce cap, symbole de constance au plus haut niveau. Ce mardi (21h10, sur W9), la milieu de terrain fêtera avec la même passion, détermination et fierté sa 105e sélection en Équipe de France, la première à domicile depuis que son compteur affiche trois chiffres. Avant d’être célébrée par le stade Michel-d’Ornano (Caen) à l’occasion de la demi-finale retour de Ligue des nations contre l’Allemagne, Grace Geyoro, championne du monde U17 (2012) et d’Europe U19 (2016), a jeté un œil dans le rétro bleu. Avec pas mal de fierté, et encore beaucoup d'ambition.

Lire aussi : Geyoro, la centième au coeur des Bleus

104
sélections avec les Bleues.
23
buts inscrits.
6
grandes compétitions disputées : Coupe du monde (2019, 2023), Euro (2017, 2022, 2025) et JO (2024).
 

Imaginiez-vous dépasser la barre des 100 sélections en Équipe de France ?
« Pas trop (sourire). Ça passe hyper vite ! Aujourd’hui, je vois des joueuses de 19 ans arriver en Équipe de France, comme moi à l’époque. Comme je dis aux plus jeunes, le plus difficile, ce n’est pas d’être sélectionnée, c’est d’y rester. C’est une fierté d’avoir, à 28 ans, franchi ce cap des 100 sélections car c’est beaucoup de travail. Cela signifie que beaucoup de coaches m’ont fait confiance. C’est une belle reconnaissance et la récompense d’énormément de sacrifices.


Grace Geyoro balle au pied lors de sa 100e sélection, le 5 juillet 2025, face à l'Angleterre (photo Zoé JEULIN / FFF).

C'est quoi la recette pour durer ? 
C’est du travail. Beaucoup de joueuses ont du talent mais toutes n’ont pas eu la chance d’accéder à l’Équipe de France. Il y a aussi pas mal d’écoute et de l’humilité. Toutes ces choses qui font que, au fil du temps, tu vas évoluer, grandir et emmagasiner de l’expérience. J’ai toujours fait attention à ça, et, surtout, je me suis dit dès le départ qu’être appelée avec les Bleues n’était jamais acquis. C’est le Graal et il n’y a que 23 places pour les grandes compétitions. Il faut toujours bosser et se remettre en question.

La fiche de Grace Geyoro

Vous souvenez-vous de votre première sélection ? 
Comme si c’était hier (sourire). C’était face à l’Afrique du Sud (2-0, le 22 janvier 2017, en match amical à La Réunion) avec Olivier Echouafni. Je me souviens quand il m’a appelée pour me faire rentrer (à la 69e minute, à la place de Sandie Toletti). C’était beaucoup d’émotions mais j’avais déjà des étoiles dans les yeux d’avoir été appelée. Je suis arrivée au milieu de joueuses que je regardais petite à la télé : Wendie Renard, Élodie Thomis, Camille Abily… Évoluer avec elles, c’était incroyable !

Vous ne vous y attendiez pas ?
Ma convocation a été une surprise totale ! J’étais à l’entraînement et au moment de rentrer chez moi, quelqu’un m’a demandé si j’avais vu la liste. Je lui ai répondu que non et elle m’a dit : "Tu devrais regarder" (sourire). Ce moment fait partie de mes plus beaux souvenirs de joueuse. Rien n’est comparable au fait d'être appelée en Équipe de France, de porter ce maillot, d’accéder au Château et de disputer de grandes compétitions.


Grace Geyoro lors de sa première sélection, le 22 janvier 2017 à La Réunion, face à l'Afrique du Sud (photo FFF).

Justement, vous avez disputé trois championnats d’Europe, deux Coupes du monde et les Jeux Olympiques. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Ce sont des aventures humaines incroyables même si on aurait toutes aimé gagner un trophée. Malgré les déceptions, la motivation est toujours là et j’aime tellement l’Équipe de France que, quand je reviens, je suis toujours motivée et déterminée. En tant que femme, j’ai énormément grandi. Chaque coach et chaque coéquipière m’ont apporté quelque chose. J’ai aussi beaucoup appris et je sais qu’à la fin de ma carrière, tout cela me servira dans ma vie.

Vous avez inscrit 23 buts avec les Bleues.
(Elle coupe). C’est pas mal, non ? (Rire). Le premier ? Je ne m’en souviens pas (c’était lors du succès 6-0 contre l’Uruguay, le 4 mars 2019, en match amical à Tours)

En revanche, vous n’avez pas oublié les trois buts inscrits face à l’Italie (5-1, le 10 juillet 2022), vous permettant de devenir la première joueuse de l’histoire à inscrire un triplé en quarante-cinq minutes lors d’un Euro Féminin ?
Ah non, ça c’est ouf (sic) ! Je revenais juste de blessure et je n’avais jamais marqué de triplé dans ma carrière. Alors le faire à l’Euro et en une mi-temps… Quand je suis rentrée aux vestiaires, je me suis dit : "Mais il s’est passé quoi ?" (Rire). Je ne réalisais pas trop. En plus, il y avait ma famille. Ça a été un moment incroyable dont je me rappellerai toute ma vie.

Êtes-vous une joueuse attirée par le but ? 
Oui, mais c’est quelque chose de nouveau. Avant, j’avais une barrière avec la surface de réparation. J’ai appris à me projeter. Cela est aussi dû à une forme de confiance de continuer les actions sans savoir si tu vas avoir le ballon. J’ai aussi toujours voulu être cette joueuse capable de changer le cours d’un match, qui peut apporter ce plus à l’équipe. J’ai appris à la faire, et c’est aussi grâce à l’évolution du football et à l'apparition de ce poste de numéro 8, "box to box". Il est fait pour moi (Rire). »


Lors de l'Euro 2022, le 5 juillet 2022 face à l'Italie (5-1), la milieu de terrain a inscrit un triplé en première période (photo FFF).

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