Fontenay-le-Comte, le 40e rugissant
Vingt-quatre ans après avoir atteint les 8es de finale face à Lyon, le club sud-vendéen a de nouveau fait parler de lui en se qualifiant pour le 6e tour sur le terrain du SO Cholet, après une séance record de quarante tirs au but (0-0, 17-16 tab). Un exploit qui lui permet d'entrer dans l'histoire de l'épreuve.
À quoi tient la notoriété d'un club de National 3 ? À un penalty raté dans le temps réglementaire ! Si le milieu de terrain du Vendée Fontenay Football, Mehdi Belbachir, avait transformé le sien, juste avant la mi-temps sur le terrain synthétique du SO Cholet (0-0), on n'aurait sans doute jamais entendu parler du club et de ses quarante tirs dans la séance... de tirs au but ! Quarante, oui, vous avez bien lu !
Forcément, le scénario de cette affiche du 5e tour de Coupe de France Crédit Agricole a fait le buzz, pour le plus grand plaisir du président, Laurent Mompert, car il permet à son club d'effacer le record établi en décembre 2021, à Saint-Brieuc, entre le Dinan Léhon FC (N3) et Brest (L1), en 32es de finale : après 32 tentatives (25 tirs au but convertis et 7 manqués), les Brestois s'étaient finalement qualifiés (13-12 tab)*.
Dans les championnats nationaux depuis 1991
Cette qualification mémorable pour le 6e tour, même la presse nationale généraliste s'en est emparée et a raconté cette histoire qui restera dans les annales du club vendéen et de ses presque 500 licenciés. Un club « familial », comme le décrit le coach, Loïc Lambert, « et qui a une âme ». Né en 1991 de la fusion entre le Stade Athlétique et l'Étoile, le Fontenay Vendée Football n'a, depuis, jamais quitté les championnats nationaux, oscillant entre CFA et CFA2 (National 2 et National 3 aujourd'hui). Et ça, c'est une grande fierté.
(Photo Vendée Fontenay Football).
Loïc Lambert : « Une fois, mais pas deux ! »
Arrivée sur le banc en juin 2024 après cinq saisons à Blois (N2), quatre au Poiré-sur-Vie (N3 et adjoint en National) et cinq autres au Stade Rennais, l'un de ses trois clubs en tant que joueur professionnel de Ligue 1 (avec Saint-Étienne et Laval pour un total de près de 400 matches entre 1985 et 1998 !), Loïc Lambert, qui a aussi entraîné Changé et La Vitréenne en CFA2, n'avait, de son propre aveu, jamais vécu une telle séance de tirs au but. Ni comme joueur, ni comme entraîneur ni même comme spectateur. Et il n'a plus envie d'en revivre !
« Une fois, mais pas deux, plaisante-t-il. C'est assez unique et je peux vous dire que c'était vraiment très, très long (rires) ! Mais on a fait les imbéciles en ratant ce penalty avant la mi-temps. Et on aurait dû faire la différence en fin de match, d'autant que Cholet était réduit à dix... Honnêtement, quand est arrivée la séance des tirs au but, je me suis dit "ça pue" (sic). Mais la fin de l'histoire est belle. »
Et cette séance de tirs au but, alors ? « C'est mon gardien, Noah Renou (21 ans), qui a marqué le premier et aussi le dernier ! J'ai revu la séance en vidéo, il n'y a pas eu un seul tir non cadré. Pas un seul ! C'est incroyable, ils ont tous été cadrés ! Cholet a loupé le premier tir, on a toujours été devant et à chaque fois qu'on a eu la possibilité de finir, on n'y est pas parvenu. Et là, il fallait repartir pour un tour ! Je tire un grand coup de chapeau à mes joueurs, ils ont fait preuve d'un grand sang-froid à chaque fois qu'il a fallu y retourner » !
Loïc Lambert, sur le banc fontenaisien (photo Vendée Fontenay Football).
Quand Fontenay éliminait un club de Ligue 1...
La qualification a-t-elle fait naître de nouvelles ambitions en Coupe ? Loïc Lambert, titulaire du BEPF (depuis 2021) coupe court : « Impossible ! C'est trop aléatoire. Cela dépend du tirage, il faut avoir un peu de chance, des premiers tours abordables, même si c'est toujours compliqué d'aller jouer dans des clubs moins forts sur le papier, on l'a bien vu à Cholet. » Le natif du Mans (58 ans), vainqueur de la Coupe Gambardella Crédit Agricole 1984 avec le Stade Lavallois, se souvient qu'il a disputé une demi-finale de Coupe de France avec Saint-Étienne, face à Nantes, à Geoffroy-Guichard, en 1993, perdue 1 à 0. Et en tant qu'entraîneur, il n'est jamais allé plus loin qu'en 32es de finale, avec La Vitréenne (2022-2023) : « On avait d'abord éliminé Angers, leader de National, et futur promu en Ligue 2, avant de perdre contre le Dijon de Rudi Garcia, alors en National (1-2). »
De son côté, Fontenay a écrit ses plus belles pages dans l'épreuve reine en 2001. En 16es de finale, le club avait éliminé Sedan (4e de Ligue 1) sur le score de 1-0, sur un but de Willy Renou, le papa de Enzo (24 ans) et Noah (21 ans), lui aussi membre de l'effectif de National 3 ! À l'époque, cette qualification avait non seulement valu à l'équipe de passer au journal de TF1 et dans l'émission culte Téléfoot, mais aussi mis un coup de projecteur sur cette commune de 15 000 habitants. Au tour suivant, les Vendéens s'étaient inclinés aux tirs au but face à l'OL (2-2, 4-5 tab). Et c'est Willy Renou, aujourd'hui vice-président du club chargé des seniors, qui avait raté le premier penalty. Comme quoi, à Fontenay, les histoires de penaltys ne sont jamais très loin !
Coup d'arrêt en championnat
Pour retrouver les 32es de de finale et rêver d'une nouvelle affiche contre un club de L1, le club, qui a aussi atteint à trois reprises les 16es de finale (2004, 2011, 2013, éliminé par Nantes, Lorient et Troyes), le sait : il faudra réaliser des exploits ! « Mais avant d'en arriver là, il y a beaucoup de tours à franchir et d'abord le prochain, à l'AS Vieillevigne-La Planche, un club de Loire-Atlantique, à la limite de la Vendée, qui évolue en Régional 3 », poursuit Loïc Lambert, méfiant.
Pour Fontenay, la Coupe de France Crédit Agricole 2025-2026 se poursuit dimanche averc le 6e tour (photo Vendée Fontenay Foot).
Même s'il est rapidement passé à autre chose après l'incroyable séance de tirs au but à Cholet, le club vendéen, où évolue l'attaquant international gabonais Kevin Mayi (32 ans), passé par Saint-Étienne (L1), Brest (L2 et L1), le GFC Ajaccio (L2 et L1) et Niort (L2), a manqué son retour aux affaires courantes du championnnat en s'inclinant 2-1 à domicile contre Vertou, alors qu'il restait sur trois succès d'affilée. « Une défaite contre le cours du jeu, mais ça arrive », tempère Lambert, qui aime rappeler que la Vendée est une terre de foot : « C'est surtout vrai aux Herbiers ou à La Roche-sur-Yon, des places fortes du foot, où la qualité de jeu est reconnue grâce au travail des coachs, Laurent David et Frédéric Reculeau, deux copains. Nous, on est dans le Sud-Vendée. Quelque part, on est les parents pauvres, entre guillemets, parce que l'activité économique, très dynamique dans le 85, est essentiellement concentrée vers La Roche-sur-Yon, Les Herbiers ou Les Sables d'Olonne. Et quand les Chamois Niortais existaient encore, beaucoup de jeunes partaient dans leur centre de formation. »
En 2018, le football vendéen avait envoyé un de ses représentants en finale de Coupe de France Crédit Agricole : le Vendée Les Herbiers Foot ! L'équipe de Stéphane Masala (alors en National), s'était inclinée 2-0 face au PSG. Le genre d'exploit dont on se souviendra encore longemps. Le conte de fées de Fontenay, lui, reste encore à écrire...
*Le 11 septembre 2022, en Coupe de Nouvelle-Aquitaine, les clubs de Dordogne de Javerlhac (D3) et Belvès (D4) ont probablement établi le record toutes compétitions dans l'Hexagone avec une séance longue de trente-cinq minutes et de quarante-six tirs au but (21 à 20 pour Belvès) après un nul 3-3.
Le parcours en Coupe de Fontenay-le-Comte
- 3e tour (samedi 13 septembre 2025) : F2C Chalonnes-Chaudefonds (Régional 2) - Vendée Fontenay Football (N3) 0-1
- 4e tour (samedi 27 septembre 2025) : Talmont Saint-Hilaire (Régional 2) - Vendée Fontenay Football (N3) 1-4
- 5e tour (dimanche 12 octobre 2025) : SO Cholet (Régional 2) - Vendée Fontenay Football (N3) 0-0 et 16-17 tab
- 6e tour (dimanche 26 octobre 2025) : AS Vieillevigne La Planche (Régional 3) - Vendée Fontenay Football (15h00, stade municipal de La Planche).