Léa Declercq : « J'aurais été triste de quitter Dijon »
Joueuse la plus capée de l'histoire du DFCO, Léa Declercq (30 ans) vit sa huitième saison en Bourgogne, après avoir pourtant annoncé son départ au terme d'un brillant exercice 2024-2025. Le choix du cœur.
Vous aviez annoncé votre départ en fin de saison dernière, avant de prolonger durant l’été, pourquoi ?
« L’avenir était assez flou. On a su assez tôt que le coach (Sébastien Joseph, désormais entraîneur de l'AS Saint-Étienne) allait partir, et je savais aussi que beaucoup de joueuses quitteraient aussi le club durant l’été. L’arrivée de nouveaux investisseurs a aussi été évoquée et je ne savais pas si Sylvain Carric (manager général de la section féminine) allait poursuivre l’aventure. Tout cela m’a fait douter. Quand j’ai su que Sylvain allait rester, cela a changé la donne. J’ai discuté avec lui et il a su me convaincre de prolonger. Cela fait plus de trois ans que l’on travaille ensemble, j’ai confiance en lui.
Vous êtes arrivée à Dijon en 2018. Vous n’aviez pas envie de découvrir autre chose ?
Au bout de sept saisons, on se pose forcément la question. Après, on sait ce que l’on a et on ne sait pas trop ce que l'on va trouver ailleurs. Quand tu es bien quelque part, il n’est pas nécessaire de bouger. Il y avait un flou autour de l’équipe féminine mais moi, je suis très bien ici. Je ne me voyais pas partir après une saison aussi réussie (4e de la saison régulière, battu lors des demi-finales des play-offs par Lyon, 4-1) et j’aurais vraiment été triste de quitter Dijon. J’aime tout ici : les gens qui bossent au club, la ville qui est top… Je suis épanouie à tous les niveaux.
Championne du monde et d'Europe
Léa Declercq a porté 47 fois (25 buts) le maillot de l’Équipe de France chez les jeunes, pour deux titres majeurs : la Coupe du monde U17 (2012) et l’Euro U19 (2013). « Ce ne sont que de très bons souvenirs, se remémore la Dijonnaise. On avait une génération incroyable. Beaucoup de joueuses ont côtoyé ou sont encore aujourd’hui chez les Bleues (Mbock, Toletti, Diani, Delphine Cascarino…). Cela a créé un lien à vie entre nous. Sans le Mondial, je pense que je ne signe pas au Paris Saint-Germain dans la foulée. »
Vous êtes la joueuse la plus capée de l’histoire du club. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Ah bon ? Je ne savais pas (sourire). En étant ici depuis huit ans, ce n’est pas forcément illogique. J’ai la chance d’enchaîner les matches sans avoir eu de très grosses blessures.
« Le club bosse bien et depuis trois ans, les résultats progressent. Dijon devient de plus en plus compétitif. »Léa Declercq, capitaine du Dijon FCO

Léa Declercq, ici face au MHSC, a inscrit un but en Arkema Première Ligue cette saison : c'était lors du succès à Nantes (1-2), le 1er novembre dernier (photo Vincent POYER / ICON SPORT).
Comment définiriez-vous votre rôle ?
Étant donné mon vécu et mon expérience, je fais forcément partie des leaders du groupe. Mais je ne suis pas la seule. Il est important de pouvoir bien accompagner les plus jeunes. Le club bosse bien et depuis trois ans, les résultats progressent. Dijon devient de plus en plus compétitif.
Vous ne regrettez pas votre choix d’avoir prolongé l’aventure à Dijon ?
Pas du tout. Le départ a été un peu compliqué mais cela s’explique aussi par notre calendrier puisqu’on a affronté le Paris FC et le Paris Saint-Germain. L’effectif a aussi été pas mal renouvelé. Il a fallu que tout le monde s’adapte. Nos trois derniers matches (une victoire en Coupe LFFP, une autre en championnat et un nul) prouvent qu’on a su lancer notre saison et on aura à coeur de poursuivre face à l'Olympique de Marseille, ce vendredi soir. »
