ÉQUIPE DE FRANCE FÉMININE

Baltimore-De Almeida, regards croisés

jeudi 27 novembre 2025 - 13:48 - Ilan MERHABA

De leur première cape à leur plus beau souvenir en passant par l’évolution au sein du groupe et les objectifs partagés, entretien avec deux Bleues dont la prochaine apparition sera synonyme de 50ème sélection !

« Quel souvenir gardez-vous de votre première sélection ?

Élisa De Almeida : Oula…c’est un lointain souvenir ! Contre l’Islande (le 4 octobre 2019) si je ne dis pas de bêtises ? C’était beaucoup de fierté et d’émotion, un moment unique. Porter le maillot de l’Équipe de France, c’est spécial, ça représente le Graal en tant que joueuse.

Sandy Baltimore : Pareil qu’Élisa, je vais devoir aller chercher loin dans ma mémoire… C’était en 2020 ? (On lui confirme en citant l'adversaire, le Kazakhstan) Ah oui, ça me revient, on avait gagné sur un gros score (12-0) j’étais rentrée et j’avais marqué. J’étais très euphorique et ça a généré en moi l’envie d’aller le plus loin possible avec les Bleues.

Qu'est-ce que cela représente pour vous d'atteindre potentiellement la barre symbolique des cinquante sélections ?

É. DA : Cela récompense une certaine régularité et les efforts qui ont été faits pour obtenir notre première sélection et disputer ensuite 49 autres rencontres sous le maillot bleu. Il ne faut pas se reposer sur ses acquis car le football oublie vite et seul le présent compte.
S. B : C’est une fierté mais ce n’est pas une fin en soi. Il faut continuer de travailler, être performantes et régulières pour prétendre à l’Équipe de France. Comme Élisa l’a dit, ça vient récompenser notre travail mais on ne doit pas relâcher ces efforts. Cette barre des cinquante sélections doit nous encourager à en faire plus.

En bref chez les Bleues

Élisa De Almeida

  • 49 sélections, la 1ère face à l'Islande le 4 octobre 2019
  • 5 buts
  • Phases finales : Coupe du monde 2023 – Jeux Olympiques 2024 – Euro 2025

Sandy Baltimore

  • 49 sélections, la 1ère face au Kazakhstan le 1er décembre 2020
  • 10 buts
  • Phases finales : Jeux Olympiques 2024 – Euro 2025

Vous attendiez-vous à franchir ce cap ?

E. DA : En toute honnêteté, nous n’étions même pas au courant avant l’entretien (elle sourit). Comme je l’ai dit, le football se vit au présent et je ne fais pas forcément très attention aux chiffres. Mais non, lorsque j’ai porté le maillot bleu pour la première fois, je ne m’imaginais pas le porter cinquante fois, même si c’était un rêve, un objectif.

S. B : Tu ne t’attends pas à l’atteindre mais tu l’espères profondément. C’est cette volonté qui te pousse à faire les efforts pour y parvenir. Je me concentre sur le terrain, je joue mon football en veillant à toujours prendre du plaisir. Si je reste dans cette état d’esprit, il y aura certainement d’autres sélections.

Après respectivement cinq et quatre ans de présence au sein du groupe, comment l’avez-vous vu évoluer ?

E. DA : Premièrement, on a vu passer plusieurs coachs, ce qui nous a obligées à nous adapter pour correspondre aux attentes de chacun. Puis, on a côtoyé beaucoup de joueuses, qui ont apporté à cette Équipe de France et nous ont permis de vivre de beaux moments toutes ensemble. La richesse de la sélection, c’est que peu importe les sélectionneurs et les joueuses qui la fréquentent, elle continue d’être là, et de constituer ce Graal.

S. B : Les mentalités et les ambitions ont changé. On se doit de figurer parmi les meilleures nations mondiales. Et cela quelque soient les joueuses ou les sélectionneurs. L’Équipe de France est au-dessus de tout et de tout le monde.

Sandy Baltimore face à l'Angleterre lors de l'Euro l'été dernier (photo Baptiste Fernandez / Icon Sport).

Et quand vous voyez une Wassa Sangaré, née en 2006, arriver au château, ressentez-vous un petit coup de vieux ?

E. DA : Un peu quand même (elle rit) mais ça booste surtout. Voir de nouvelles générations arriver en Équipe de France te pousse à en faire plus pour rester d’actualité. C’est une satisfaction de pouvoir traverser les générations et j’espère continuer à le faire.

S. B : Non moi ça va hein ! Je suis une 2000, je me considère de la même génération que Wassa (rires).

Si vous deviez décrire l’autre avec deux mots, un sur l’aspect sportif et un autre sur le côté humain ? 

E. DA : Technique ! Sandy, c’est la joueuse de ballon par excellence. Et dans la vie de tous les jours, je dirais discrète. Pourtant sur le terrain, ce n’est pas la discrétion qui la définit.

S. B : Aisance ! J’aurais pu dire technique aussi car Élisa est une défenseure très à l’aise avec le ballon. Humainement, c’est une force tranquille, ce qui est valable tant sur le terrain qu’en dehors. On ne dirait pas mais elle peut être très drôle, blagueuse. 

Baltimore et De Almeida lors de la finale de Coupe de France féminine perdue face à l'Olympique Lyonnais en 2023 (photo Anthony DIBON / ICON SPORT).

Cela vous manque-t-il de jouer ensemble sous le maillot du Paris Saint-Germain ?

E. DA : Ouais c'était cool, et ce qui est toujours plaisant, c'est de partager le club ET la sélection avec les mêmes têtes. Ça permet d'avoir des automatismes plus facilement. 

S. B : On rigolait bien au PSG, j'en garde vraiment de bons moments. Comme Élisa l'a dit, c'est important d'avoir des liens tant en club qu'en sélection.

Qu’est-ce qui a changé chez la Élisa et la Sandy des premières sélections par rapport à aujourd’hui, à un match des cinquante capes ? 

E. DA : J’ai gagné en maturité, en confiance dans le groupe. Je connais ma valeur et ce que je suis capable d’apporter à l’équipe. 

S. B : Tout pareil, j’ajouterai que malgré la maturité que j’ai gagnée, j’essaye au maximum de rester insouciante car mon jeu le demande. Je suis arrivée jeune ici, je souhaite le rester, y’a pas de coup de vieux (rires)

Élisa De Almeida avait vécu avec passion sa première en Coupe du monde (photo Sajad IMANIAN /DeFodi Images via Icon Sport).

Quel moment vous a le plus marqué en quarante-neuf sélections ? 

E. DA : C’est difficile de choisir mais je dirais mon premier match en Coupe du monde (contre le Panama, le 2 août 2023). Je m’en souviendrai toute ma vie. C’est la compétition reine, il n’y a rien au-dessus.

S. B : Pour ma part, je dirai les Jeux Olympiques (2024), car c’était ici, en France. La ferveur et l’engouement autour de l’événement m’a marqué. Même si le résultat n’a pas été au rendez-vous, ça reste une belle expérience.

Que peut-on vous souhaiter sur les cinquante prochaines sélections ?

E. DA et S. B : Gagner un titre majeur, le premier de l’histoire du football féminin français ! »

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