Philippe Joly : « Des générations prometteuses »
Les U19 féminines ont composté leur billet pour le tour Élite des qualifications à l'Euro 2026, en terminant premières de leur groupe du tour 1. Leur coach fait le bilan et se montre élogieux sur le travail réalisé autour des jeunes générations.
Pour la troisième saison d'affilée sous les ordres de Philippe Joly, la sélection nationale U19 féminine a fait carton plein, remportant ses trois matches lors du premier tour de qualification au Championnat d'Europe 2026. Une performance au talent des générations et à un travail de fond réalisé par le staff qui, d'une promotion à l'autre, étudie et passe en revue les différents profils de joueuses afin d'assurer le présent et préparer l'avenir. Le sélectionneur, fort de sa connaissance du football féminin auquel il se consacre depuis le début des années 2000, présente sa génération 2007 et évoque les moyens déployés pour le développement des sélections de jeunes.
« Quelles sont les forces de cette génération 2007 ?
L’an passé, avec les 2006, il y avait de grosses individualités comme Liana (Joseph), Maéline (Mendy), Wassa (Sangaré), et d’autres. Là, le groupe est plus homogène, avec des joueuses qui doivent tout de même apporter une plus-value individuellement. Mais nous nous reposons plus sur le collectif. Ce groupe est merveilleux, la cohésion entre les filles est hors normes. Je crois que je n’ai jamais vu un groupe autant en osmose, sur et en dehors du terrain. Mon objectif est de préserver cette osmose tout en étant capable d’être dans la critique, si besoin. Quand on s’entend bien, cela peut engendrer des difficultés à se dire les choses lorsque ça ne va pas. Au haut niveau, il est important de dire et d’entendre les vérités. C’est dans ces moments-là que j’attends que certaines filles endossent le rôle de leaders. Nous en aurons besoin pour aller chercher de grandes victoires et surtout, des titres.
En parlant de leaders, plusieurs joueuses étaient présentes au dernier Euro, en Pologne. Comment la transition entre deux générations s’articule-t-elle ?
Je crois que la moitié, si ce n’est plus, des joueuses qui composent l'effectif ont été vues l’an dernier en U19. C’est la conséquence de la stratégie mise en place par la FFF au niveau des sélections nationales. Sur l’année en U18, une fois la Coupe du monde U17 disputée, il n'y a plus rien. Donc nous organisons des stages pour passer en revue la génération suivante. Et si des joueuses se montrent capables d’intégrer la génération actuelle, elles nous rejoignent et peuvent parfois disputer l’Euro. Sur ce premier tour, nous avons décidé de partir uniquement avec les 2007, c’était le deal puisque les 2008 ont disputé le Mondial au Maroc juste avant. Mais à partir de janvier, nous allons répéter le processus avec elles sur un stage qui nous permettra de cibler certaines joueuses aptes à basculer vers le groupe U19.
Ornella Graziani (à gauche) et Rosalie Chaine (à droite) font partie des quelques joueuses nées en 2007 à avoir participé à l'Euro U19 2025, en Pologne (photo Tyler MILLER - SPORTSFILE/UEFA via GETTY IMAGES).
Avec les 2006, 2007 et 2008, n’avez-vous pas la sensation de côtoyer des générations dorées ?
Ce sont de très bonnes générations, avec des joueuses au-dessus de la moyenne. C’est génial de pouvoir les accompagner. Dans deux, trois ou quatre ans, nous sortirons des générations encore plus performantes. Et tout cela, grâce aux revues d’effectif que l’on réalisé et surtout à l’investissement que met la FFF pour calquer le modèle garçons sur celui des filles au niveau du maillage territorial, de la détection, du suivi, des pôles Espoirs… Mais oui pour revenir sur les générations 2006, 2007 et 2008, il y a plusieurs pépites. À nous de les mener vers l’Équipe de France A.
Quel exemple illustre parfaitement ce nouveau modèle de formation ?
(Maissa) Fathallah (génération 2009) sera l’une des premières joueuses issue d’un pôle de préformation. Elle a fait l’INF Clairefontaine, elle s’est entraînée avec les garçons et elle est la résultante de tout ce travail de maillage, avec la sollicitation des directeurs de pôles afin que les filles à fort potentiel puissent évoluer avec les garçons régulièrement. Ça leur permet de développer des qualités sous pression, avec une intensité plus élevée et tout simplement d'augmenter leur progression. Maissa Fathallah est très avancée par rapport aux autres et c’est en partie grâce à toutes les choses qui sont mises en place par la FFF. C’est la raison pour laquelle j'avançais que les générations futures seront encore plus prometteuses, le travail réalisé actuellement portera ses fruits.
Justine Rouquet, l'attaquante des Bleuettes, a déjà marqué quatre buts en Arkema Première Ligue cette saison avec le MHSC féminin (photo Baptiste FERNANDEZ / ICON SPORT).
Avoir des joueuses qui ont du temps de jeu en Arkema Première Ligue ou en Seconde Ligue, c’est facilitant ?
Évidemment ! Si je pouvais avoir vingt joueuses qui jouent régulièrement en première comme en deuxième divisions, je serais le plus heureux du monde. Mais déjà, les jeunes joueuses ont plus de temps de jeu qu’avant et c’est une très bonne chose. Progressivement, les clubs leur font confiance et c’est indispensable. Car même si la sélection est un accélérateur d’apprentissage, le quotidien reste le club et la majorité de la formation s’y effectue. »
La sélection nationale U19 Féminine sur FFF.FR
Éliminatoires Euro 2026 - Tour 1
Groupe A7, au pays de Galles
- Mercredi 26 novembre 2025 :
- France - Turquie 1-0
- Finlande - Pays de Galles 0-0
- Samedi 29 novembre 2025 :
- Pays de Galles - Turquie 3-1
- France - Finlande 3-2
- Mardi 2 décembre 2025 :
- Pays de Galles - France 1-3
- Turquie - Finlande 0-2
Classement : 1. France (9 pts, +4) ; 2. Finlande (4 pts, +1) ; 3. Pays de Galles (4 pts, 0) ; 4. Turquie (0 pt, -5)
Le tirage au sort du Tour 2 (prévu au printemps prochain) aura lieu le 11 décembre au siège de l'UEFA.