Nicolas Chabot : « C'est assez fou ! »
Pour sa deuxième saison en Arkema Première Ligue, le FC Nantes est à l’issue de la phase aller en position de disputer les play-offs. Impensable il y a moins de trois ans pour les joueuses de Nicolas Chabot, sauvées administrativement d’une descente en D3 Féminine.
Les promesses de la fin d’été n’ont pas fané à l’automne et c’est bien au chaud que le FC Nantes a passé le début d’hiver. Troisièmes à l’issue de la phase aller d’Arkema Première Ligue, les Canaris peuvent légitimement rêver d’une qualification pour les play-offs au terme de la saison régulière. Utopique fin mai 2023 et une relégation en D3 Féminine actée malgré un succès au Mans (1-0). Finalement repêchées administrativement en Seconde Ligue, les Jaunes ont depuis été promues en mai 2024 pour la première fois de leur histoire dans l’élite, où elles ont décroché un bon maintien (7es). Leur entraîneur Nicolas Chabot (31 ans) profite du début d’année pour mesurer le chemin parcouru.
« Moins de trois ans après avoir été au bord d’une relégation en D3 Féminine, qu’est-ce que cette troisième place en Arkema Première Ligue à l’issue de la phase aller représente ?
C’est assez fou ! On aurait pu l’imaginer, le rêver, mais de là à le réaliser… On a toujours bien bossé sportivement, mais aussi dans le développement de la structure féminine au niveau marketing et communication par exemple. On s’est donné les moyens et les planètes se sont alignées sur le terrain pour valider tout ce que l’on a mis en place par des bons résultats.
Est-ce au-delà de vos espérances par rapport à votre feuille de route ?
Il y a trois ans, j’avais un an de contrat et on s’imaginait devoir remonter de la D3 Féminine à la Seconde Ligue (sourire). Finalement, au terme de cette saison, on a accédé à l’Arkema Première Ligue. L’objectif était de se maintenir, ce qui a été réussi (7e), et de pérenniser le club dans l’élite après avoir mis plus de dix ans pour la rejoindre. Cette saison, on s’est challengé à faire mieux que l’an dernier. Pour le moment, on est au-delà de nos objectifs.

Nicolas Chabot peut avoir le sourire : son équipe, troisième d'Arkema Première Ligue, a réalisé une formidable phase aller (photo Daniel DERAJINSKI / ICON SPORT).
Serait-ce une déception de ne pas participer aux play-offs à l’issue de la saison régulière ?
Non car on est une jeune structure. Il nous manque encore beaucoup de choses, notamment au niveau des infrastructures, pour performer sur la durée et à si court terme. Ce serait un exploit, dès la deuxième saison et avec un groupe jeune, de réussir à accrocher le top 4. C’est un beau défi qui nous attend lors de la phase retour, et on a envie de le relever. Mais cela est valable pour toutes les compétitions. Dès qu’il y a un trophée en jeu, c’est challengeant. Il faudra bien démarrer en Coupe de France Féminine à Bergerac et, en fonction des tirages, profiter de chaque opportunité. On a envie de jouer le coup à fond, comme en Coupe LFPP où nous sommes qualifiés pour les quarts de finale.
On est capables d’aller chercher encore plus. Certains matches (...) nous ont laissé des regrets. On espère faire aussi bien au niveau des résultats, et voir ce qu’on peut grappiller sur ceux laissés en route.
Pensez-vous votre équipe capable de maintenir son niveau ?
On va tout faire pour et, pourquoi pas, l’améliorer. On est capables d’aller chercher encore plus. Certains matches, comme ceux face à Dijon (1-2, le 1er novembre) et Strasbourg (0-1, le 20 décembre) nous ont laissé des regrets. On espère faire aussi bien au niveau des résultats, et voir ce qu’on peut grappiller sur ceux laissés en route. Cela ne sera pas facile car toutes les équipes auront à cœur d’aller chercher un top 4 ou de se maintenir. Les effectifs s’améliorent de jour en jour car les joueuses se connaissent mieux. Nous, on est largement capables de maintenir notre niveau, mais est-ce que l’on aura la même réussite dans les résultats ?

Si Lucie Calba (à droite, le poing levé) a inscrit 6 buts en championnat, le danger peut venir de partout au FC Nantes, comme de Léa Khelifi (5 buts) ou Louise Fleury (4 passes décisives) en championnat (photo Eddy LEMAISTRE / ICON SPORT).
Ne craignez-vous pas que l’effet de surprise s’estompe ?
Non car pour moi, il n’y a pas d’effet de surprise. Toutes les équipes se connaissent et s’analysent. Tous les clubs sont sérieux dans la façon de préparer et d’aborder les rencontres.
Votre équipe vous a-t-elle surpris ?
Elle m’a agréablement surpris dans sa constance au niveau de l’efficacité offensive et sa résilience. Sur des temps faibles, elle a été solide puis capable de tuer le match, à l’image du succès à Fleury (2-1, le 22 novembre). Lors de cette phase aller, on a su rester performants et réguliers dans l’ensemble.
☀️ Nouvelle année 🟰 Même plaisir. #OnEstNantes pic.twitter.com/UStAvKLRcT
— FC Nantes Féminines (@FCN_Feminines) January 5, 2026
Le 14 décembre dernier, 17 491 supporters ont assisté à votre victoire face à l’OM à la Beaujoire. Au-delà de ce record pour le club, ressentez-vous un soutien populaire grandissant au quotidien ?
On le sent grandir depuis plusieurs années, aussi à Marcel-Saupin où nous avons réalisé de belles affluences, même en Seconde Ligue. Cela s’est amélioré depuis notre montée en Arkema Première Ligue, avec 13 454 spectateurs (face au Paris FC, le 4 octobre 2025) et 17 491 (face à l’OM) rassemblés à la Beaujoire. Cela est lié à tout ce que l’on a mis en place au niveau du marketing et de la communication, et à nos résultats qui amènent les gens à venir au stade. »