Quand le football amateur s’engage pour la planète
L'édition 2025 du Challenge Ma Petite Planète a témoigné de l'engagement des clubs amateurs de la FFF en faveur des enjeux environnementaux. Exemples en Normandie (photo) et à La Réunion.
Dans le cadre du plan d'engagement sociétal qu'elle porte met en œuvre depuis 2023, sous l'impulsion de son président Philippe Diallo, la Fédération Française de Football a fait des enjeux environnementaux actuels l'une de ses priorités d'action, et se montre ainsi particulièrement attentive à l'implication de ses clubs amateurs en faveur d'une démarche éco-responsable.
Le challenge Ma Petite Planète - créé par l'association du même nom - dispositif ludique et citoyen visant à sensibiliser les jeunes licencié(e)s et leurs familles aux éco-gestes du quotidien, s'inscrit notamment dans cette dynamique. Relayé par la Direction du Football Amateur et des Territoires (DFAT), dans le cadre du programme Club Lieu de Vie, et la direction de l'Engagement de la FFF, ce challenge, repose sur une série de défis écologiques à réaliser individuellement ou collectivement.
Lors de l’édition 2025, organisée du 17 novembre au 8 décembre, 377 jeunes licencié(e)s ont ainsi relevé 2 111 défis. Les thématiques de la solidarité, la biodiversité et des enjeux liés à l’énergie et aux ressources, ont particulièrement mobilisé les participants.
Exemples sur le terrain, avec deux clubs amateurs, le Club Laïque Colombellois (Ligue de Normandie / District du Calvados) et La Tamponnaise (Ligue de la Réunion).
L'engagement sociétal de la FFF - Les défis climatiques

Club Laïque Colombellois
Une démarche éco-responsable déjà ancrée
Le Club Laïque Colombellois s’inscrit depuis plusieurs années dans une logique d’éco-responsabilité structurée. « Depuis deux ans, nous avons remplacé toutes les canettes et gobelets en plastique par des écocups à l'effigie du club. Toutes les équipes à 11 disposent désormais de gourdes à la place des bouteilles d’eau. L’éco-responsabilité fait partie intégrante de notre cursus “footballeur citoyen”, avec également des ateliers du Programme Éducatif Fédéral (PEF) dédiés à l’écologie », explique Nicolas Verrier, responsable du pôle socio-éducatif et référent PEF au CLL.
Le challenge Ma Petite Planète est venu renforcer cette dynamique existante grâce à un outil simple et fédérateur. « La praticité de l’application et la diversité des défis nous ont convaincus », souligne le dirigeant normand. La mobilisation s’est faite naturellement par l’intermédiaire des éducateurs et des groupes de communication internes, impliquant joueurs, encadrants et familles. Les défis ont été intégrés aux différents temps de vie du club : déplacements doux avant les entraînements, actions de nettoyage lors des stages vacances ou encore ateliers de sensibilisation au tri des déchets. « La compétition entre catégories a été un véritable moteur de motivation pour les jeunes. »
Aujourd’hui, le club observe des changements durables dans les habitudes du quotidien, notamment lors des entraînements et des rencontres. « On remarque de plus en plus de "box goûter" et quasiment uniquement des gourdes sur les terrains, ajoute Nicolas Verrier. Le bilan est très positif car il permet de mettre toutes les personnes qui gravitent autour du club sur un projet identique. Cela apporte un plus à notre parcours de footballeur citoyen, et une action très importante dans le cadre de' Club Lieu de Vie.»
La collecte de déchets sera bonne pour les jeunes de la LAIQ Colombellois (photo club).
La Tamponnaise
Un premier pas structurant
À La Tamponnaise, le challenge Ma Petite Planète a marqué une étape importante dans la démarche environnementale du club. « Ma Petite Planète a été notre première action structurante. Elle a permis de sensibiliser les joueurs et les familles à des gestes simples pour l'environnement au quotidien (mobilité douce, alimentation responsable, solidarité). Son format ludique nous a semblé être un excellent moyen de sensibilisation, adapté aux jeunes et en cohérence avec les valeurs éducatives du football », raconte Marie-Carole Desfete, responsable PEF du club.
Sur un territoire insulaire particulièrement concerné par les enjeux écologiques, les jeunes participants ont rapidement pris conscience de l’importance de préserver leur environnement. « Ils ont pris conscience de l'importance de prendre soin de leur île et plus largement de leur planète à travers des gestes simples et accessibles à leur niveau et à leur âge (11 ans), poursuit-t-elle. Ils ont aussi incité leurs proches à ces mêmes gestes.»
Encouragé par cette expérience positive, le club réunionnais souhaite désormais inscrire le thème de l’environnement comme un axe fort de son projet club à l’horizon 2026, en lien avec le Programme Éducatif Fédéral et le dispositif Club Lieu de Vie.
Au-delà des enjeux environnementaux, le challenge Ma Petite Planète a également renforcé la cohésion au sein du club : « Il a renforcé les liens entre les joueurs mais aussi entre les dirigeants, les éducateurs et les familles. Cela a favorisé des échanges conviviaux en dehors du cadre sportif. La publication des photos sur le groupe de la section a permis de découvrir les joueurs dans un autre contexte, elle a révélé certains traits de la personnalité de nos jeunes », conclut Marie-Carole Desfete.
Le Challenge Ma Petite Planète a mobilisé les jeunes de La Tamponnaise (photo club).
Un dispositif accessible à tous et adaptable
Si certains freins (manque de temps ou de ressources) peuvent subsister dans la mise en place d’une démarche environnementale, les clubs engagés dans Ma Petite Planète 2025 ont su proposer des actions simples et abordables. Les expériences du Club Laïque Colombellois et de La Tamponnaise démontrent que le challenge s’adapte à tous les contextes, qu’il s’agisse d’un premier engagement ou du renforcement d’une démarche environnementale déjà existante.
Accessible, ludique et fédérateur, ce dispositif permet aux clubs de jouer pleinement leur rôle éducatif et social, en formant non seulement des sportifs, mais aussi des citoyens conscients et engagés.
« C’est un outil motivant et parfaitement adapté au monde associatif et sportif. Il ne faut pas hésiter à se lancer, même modestement, avec une seule section. L’essentiel est d’identifier un groupe motivé, puis d’élargir progressivement », témoigne la dirigeante réunionnaise Marie-Carole Desfete.