Florian Sotoca : « Un rêve pour tout le monde »
Du monde amateur aux pros, le Lensois (35 ans) au parcours atypique a vécu des émotions dans les deux camps en Coupe de France. Il espère en éprouver d'autres très belles ce jeudi soir face à l'Olympique Lyonnais (21h10, sur France 2 et beIN Sports).
De Narbonne, son sud natal, au RC Lens, son Nord d’adoption depuis 2019, le chemin a été long pour Florian Sotoca (35 ans). Il a fini par atteindre son rêve, celui de devenir footballeur professionnel, sans passer par la case centre de formation. Un parcours atypique dont le champion du monde universitaire avec l’Équipe de France (2013) est fier. Il a permis à l’attaquant, capable d’évoluer à peu près partout sur le terrain, de vivre de multiples émotions, notamment en Coupe de France Crédit Agricole. D’abord dans le camp des amateurs puis depuis plus de dix ans chez les pros. Désormais, Florian Sotoca espère réparer une « anomalie » en offrant au RC Lens le premier trophée Charles-Simon de son histoire. Pour cela, il faudra d’abord écarter l’Olympique Lyonnais lors des quarts de finale, ce jeudi 5 mars (21h10, sur France 2 et beIN SPORTS 1) au Groupama Stadium.
𝑪𝒂𝒑 sur la 𝑪𝒐𝒖𝒑𝒆 🏆
— Racing Club de Lens (@RCLens) March 2, 2026
Entre deux matchs de @Ligue1, les Sang et Or abordent les quarts de finale de la @CoupeDeFranceCA sur la pelouse de l'@OL, jeudi (21h10). 🔜 #FiersDEtreLensois #OLRCL pic.twitter.com/87Zv6x4DaB
« Qu’est-ce que la Coupe de France vous évoque en premier ?
Pour moi, elle rime forcément avec le monde amateur. Comme je ne suis pas passé par un centre de formation, j’ai connu les deux côtés et je sais à quel point cette épreuve est importante pour les "petits clubs". C’est toujours magnifique de vivre une épopée et d’affronter les meilleurs. C’est un rêve pour tout le monde et cette compétition permet de le réaliser. La Coupe de France est une tradition bien ancrée dans le pays, je dirai même que c’est une forme de religion. Tout le monde a envie de la jouer et chaque année, il y a des surprises.
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Justement, vous avez plusieurs fois créé la surprise durant votre carrière. Laquelle vous revient en mémoire ?
Quand j'étais au FU Narbonne, on naviguait entre la DH et le CFA 2 (aujourd’hui R1 et National 3) et on avait fait un joli parcours jusqu’en 32es de finale lors de la saison 2008-2009 (éliminé 0-3 par Rodez, National). Je me souviens du match face au FC Sète (2-2, 4 tab à 3, lors du 5e tour), qui évoluait à l’époque en National. Pour nous, c’était un petit derby mais surtout, on a joué devant plus de 4 000 personnes dans notre stade du Parc des Sports et de l’Amitié, où il y en avait habituellement quelques centaines. C’était un rêve et la fête a l'issue de la qualification a été très belle.
Son parcours
Florian Sotoca (35 ans), né le 25 octobre 1990 à Narbonne (Aude)
Poste : Attaquant
Clubs : FU Narbonne (1996-2013), FC Martigues (2013-2014), AS Béziers (2014-2015), Montpellier HSC (2015-2016), Grenoble Foot 38 (2016-2019), RC Lens (depuis 2019)
Palmarès : Champion du monde universitaire (2013)

Florian Sotoca a toujours été titulaire depuis le début du parcours du RC Lens en Coupe de France Crédit Agricole, le brassard de capitaine au bras comme ici face à Feignies-Aulnoye (N2, 3-1, le 19 décembre 2025) lors des 32es de finale (photo Baptiste FERNANDEZ / ICON SPORT).
Une épopée offre aussi une belle exposition pour le club amateur et ses joueurs.
Forcément et si en plus tu réalises un bon match, il y a des chances que tu sois recruté par un club professionnel. Je prends l’exemple récent de Nicolas Pays, qui a signé un contrat pro au Montpellier HSC après avoir brillé contre eux en Coupe de France avec Le Puy (4-0, en décembre 2024).
Depuis 2015 et la signature de votre premier contrat professionnel à Montpellier, vous vivez la Coupe de France du côté des pros. Quels souvenirs gardez-vous dans cette compétition depuis plus de dix ans ?
Quand vous êtes professionnels, il y a des déplacements pas toujours simples à gérer, sur des terrains compliqués avec beaucoup de vent par exemple (sourire). J’ai en tête ce 8e tour avec Lens face à Dieppe (National 3, défaite 2-1 en décembre 2019), un match typique de Coupe de France : le stade était plein, l’ambiance magnifique, la pelouse compliquée et leur ailier gauche nous a fait la misère ! Il n’y avait pratiquement rien eu à dire, cela fait partie du charme de cette épreuve.
Ce moment a été très sympa à vivre pour eux mais aussi pour nous. Cela m'a rappelé des souvenirs de ma jeunesse (sourire).Florian Sotoca, à propos du 32e de finale face à Feignies Aulnoye (N2)
Cette saison, vous avez accueilli l’Entente Feignies Aulnoye (National 2, 3-1) à Bollaert lors des 32es de finale.
Pour un club de la région, c’est extraordinaire de jouer au stade Bollaert devant plus de 36 000 supporters. C’est un moment qu’ils n’oublieront pas, un souvenir extraordinaire. Ce moment a été très sympa à vivre pour eux mais aussi pour nous. Cela m'a rappelé des souvenirs de ma jeunesse (sourire).
Depuis, vous avez éliminé Sochaux (National, 3-0), Troyes (L2, 4-2) et retrouverez l’Olympique Lyonnais ce jeudi 5 mars (21h10, sur France 2 et beIN SPORTS) lors des quarts de finale. L’année des 120 ans du RC Lens, qui n’a jamais remporté la compétition, ce serait le bon moment d’aller au bout ?
Récemment, je lisais une stat qui disait que toutes les équipes qui avaient remporté le championnat de France avaient aussi soulevé au moins une fois la Coupe de France, sauf Lens. Évidemment que l’on a ça en tête, surtout l’année des 120 ans du club. Mais on sait à quel point la coupe, c’est particulier et le déplacement à Lyon sera compliqué. Je pense que le match sera très ouvert et agréable à regarder, entre deux équipes sur une bonne dynamique. On aura droit à une belle fête du foot.

Lors des 8es de finale face à Troyes (4-2), Florian Sotoca a réalisé un match XXL en signant un but et deux passes décisives (photo Sandra RUHAUT / ICON SPORT).
Et aussi un grand match entre Lens, deuxième, et l’OL, troisième de Ligue 1. Qu'est-ce qui fait votre force cette saison ?
On fait preuve d’un état d’esprit irréprochable, que l’on a retrouvé. On a mis les égos de côté pour travailler les uns pour les autres. Le staff réalise un boulot formidable, les dirigeants tirent également dans le même sens. Tout le monde est aligné. Nous, sur le terrain, on a juste à être performants. Pour le moment, c’est ce qui se passe, mais il reste dix matches en championnat et, je l'espère, trois en Coupe de France. On a tout pour réussir. On avance, petit à petit, sans se prendre la tête. On vit une saison assez exceptionnelle. Si vous m’aviez dit que l’on serait deuxième de Ligue 1 et encore qualifié en coupe au mois de mars, je vous aurais pris pour un fou (rire). Maintenant, même si on partage de supers moments, ce sont les trophées qui restent en mémoire. Ce serait formidable d’en décrocher un pour les 120 ans du club. »