Ismaëlo Ganiou : « Le Stade de France, ça fait rêver »
À 21 ans, le défenseur a réussi à s'imposer au sein du RC Lens, ultra performant cette saison et en mission pour remporter la première Coupe de France de son histoire. Nouvelle étape face au Toulouse FC lors des demi-finales, ce mardi 21 avril à Bollaert.
SES DÉBUTS EN LIGUE 1
« Forcément spécial »
De retour l’été dernier à Lens, son club formateur, après une demi-saison concluante en Ligue 2 à Annecy (12 matches, 1 but), Ismaëlo Ganiou (21 ans) a pris son mal en patience. Malgré sa présence au sein du groupe professionnel lors de la préparation et sur les feuilles de matches en Ligue 1, le défenseur est cantonné au banc. Mi-septembre, il passe même, le temps d’un week-end, d’un monde à l’autre. « J’étais convoqué pour la rencontre au Parc des Princes face au Paris-Saint-Germain (0-2), le samedi. Une fois terminée, j’ai pris un taxi pour me rendre à Auxerre où j’ai disputé, le lendemain, un match du challenge Espoirs avec la réserve », raconte le joueur. Pierre Sage, qui apprécie son profil, le lance finalement dans le grand bain le 4 octobre 2025 en le titularisant à Auxerre (2-1). Une première qui, malgré son expulsion pour deux cartons jaunes (46e et 73e), ne lui laisse aucun goût amer. « J’en garde un bon souvenir, assure Ganiou. Débuter en Ligue 1 avec mon club formateur, c’est forcément spécial. »

Le défenseur a été réconforté par Weslay Saïd à la suite de son expulsion à Auxerre pour sa première en Ligue 1 (photo Baptiste FERNANDEZ / ICON SPORT).
SA PROGRESSION
« Je sens que j'ai mûri »
Ce match à Auxerre aura été formateur pour le Nordiste. « Malgré mon carton rouge, je ne me suis pas laissé abattre. C’était important de ne pas sombrer et de garder la tête haute afin de m’en servir pour apprendre et progresser. J’ai beaucoup travaillé avec les coachs adjoints et les analystes vidéo pour voir ce que j’aurais dû faire pour ne pas prendre ces deux cartons. J’ai été à l’écoute pour, ensuite, appliquer les conseils que l’on m’a donnés. » Et cela a payé. De retour dans le onze le 22 novembre contre Strasbourg (1-0), Ganiou le défenseur s’est mué en attaquant pour inscrire son premier but en pro et faire rugir Bollaert. S’ensuit quelques jours plus tard la grave blessure de Jonathan Gradit, victime d’une fracture du tibia péroné à l’entraînement. Depuis, Ismaëlo Ganiou a démarré et fini – sauf une en Coupe de France – toutes les rencontres. « Je sens vraiment que j’ai mûri et que je prends de plus en plus d’ampleur. Jouer à ce niveau, au sein d’une équipe ultra soudée et qui a des résultats, ça fait vraiment progresser. J’échange également beaucoup avec les joueurs plus expérimentés, comme Jo (Gradit) et Malang (Sarr), que je considère comme un grand frère. Je suis très proche de lui et je l’écoute très attentivement », confie-t-il.

Le jeune défenseur est très proche de Malang Sarr, auprès duquel il vient puiser de nombreux conseils (photo Ewen GAVET / ICON SPORT).
LA COUPE DE FRANCE CRÉDIT AGRICOLE
« Envie d'aller au bout »
En attendant peut-être un jour de fouler la pelouse du Stade de France avec les Bleus, Ismaëlo Ganiou, fraîchement appelé avec les Espoirs (2 sélections), pourrait découvrir cette enceinte mythique avec son club. Pour cela, les Sang et Or ont une dernière étape à franchir, nommée Toulouse FC, à l’occasion des demi-finales de la Coupe de France Crédit Agricole, ce mardi 21 avril (21h10, sur France 2 et beIN SPORTS 1). Et se donner le droit de rêver de remporter un trophée que le club n’a jamais soulevé, l’année de son 120e anniversaire. « C’est vraiment motivant d’aller en finale dans un stade qui fait rêver, celui des Bleus, avoue le défenseur. On réalise un très bon parcours et on a vraiment envie d’aller au bout. On a vraiment de très belles choses à jouer en cette fin de saison (Lens est 2e de Ligue 1) et on va faire le maximum pour remporter un titre. » Il aurait une saveur particulière pour l’enfant de la Gaillette, Lillois de naissance mais arrivé au RC Lens il y a plus de dix ans. Et forcément amoureux de Bollaert : « Plus jeune, j’allais au stade avec tous mes potes et d’être sur le terrain aujourd’hui, c’est incroyable. Le public nous pousse tellement ! »

Le RC Lens de Ganiou, ici au duel avec Roman Yaremchuk, est venu à bout de l'Olympique Lyonnais lors des quarts de finale (photo Daniel DERAJINSKI / ICON SPORT).
Le parcours du RC Lens
- 32es de finale : RC Lens - Entente Feignies Aulnoye FC (N2) 3-1
- 16es de finale : FC Sochaux-Montbéliard (N) - RC Lens 0-3
- 8es de finale : ESTAC Troyes (L2) - RC Lens 2-4
- Quarts de finale : Olympique Lyonnais (L1) - RC Lens 2-2 (4 tab à 5)
- Demi-finales : RC Lens - Toulouse FC (L1), ce mardi 21 avril au stade Bollaert-Delelis (en direct sur France 2 et beIN SPORTS 1)
LA MÉTHODE PIERRE SAGE
« Tout est réfléchi »
L’histoire retiendra que Pierre Sage (45 ans) aura lancé la carrière d’Ismaëlo Ganiou en Ligue 1. Après un passage remarqué à l’Olympique Lyonnais, où il a été promu par intérim fin novembre 2023 avant de s’y installer jusqu’en janvier 2025, le Jurassien a succédé à Will Still à Lens l’été dernier. « C’est un très bon coach, commente Ganiou, hèros vendredi face à Toulouse en championant (3-2) en marquant dans le temps additionel. Il ne parle pas énormément mais tout ce qu’il dit est à prendre au pied de la lettre. Tout est réfléchi, il sait pourquoi il va dire telle ou telle chose et c’est toujours dans notre intérêt. C’est un plaisir de travailler avec lui. Il fait confiance aux jeunes. Quand je jouais moins, il me disait de continuer à travailler, que mon heure viendrait. Il a tenu parole. »

Pierre Sage réalise une première saison remarquable sur le banc du RC Lens, où il est encore en course pour remporter un titre (photo Johnny FIDELIN / ICON SPORT).