La lutte finale
À trois journées de la fin de la saison régulière, l'Arkema Première Ligue est loin d'avoir livré son verdict, en haut comme en bas du classement. Décryptage de tous les enjeux à l'aube de la 20e journée, ce mercredi 22 avril.
La saison dernière, Liana Joseph avait fait bouillir la Meinau en offrant au bout du temps additionnel de la dernière journée d’Arkema Première le maintien au RC Strasbourg Alsace. Cet exercice 2025-2026 pourrait connaître un dénouement aussi fou car à trois journées de la fin, l’AS Saint-Étienne (10e), le RC Lens (11e) et le MHSC Féminines (12e) comptent le même nombre de points (12). À la lutte pour le maintien s’ajoutera la course aux play-offs, dans laquelle derrière l’intouchable OL Lyonnes, le Paris FC (2e), le Paris SG (3e) et le FC Nantes (4e) sont très bien lancés. Et pourraient bien définitivement valider leur billet dès ce mercredi 22 avril à l’occasion de la 20e journée.
Le classement de l’Arkema Première Ligue

LA COURSE AUX PLAY-OFFS
Quel ordre derrière l'OL Lyonnes ?
Il faudrait un sacré miracle pour que Dijon, en plus attendu à Décines pour défier l’OL Lyonnes ce mercredi, voire pire, Fleury, ne viennent bousculer la hiérarchie. Le football n’en serait pas à son premier coup de folie, après tout, mais ce scénario entrerait directement au panthéon des plus démentiels. Derrière les Rhodaniennes, assurées de la première place de la saison régulière depuis mi-mars, semble plutôt se jouer une lutte à trois, importante pour les play-offs. Sauf cataclysme, donc, le Paris SG, le Paris FC et le FC Nantes en seront, mais dans quel ordre ? Le PFC (2e, 39 pts) tient pour le moment la corde pour terminer à la deuxième place, l’ambition affichée par Mylène Chavas : « On espère la sécuriser pour rejouer la Ligue des champions la saison prochaine, avance la gardienne internationale. C’est vraiment notre objectif principal. » Cela permettrait aussi aux joueuses de Sandrine Soubeyrand de recevoir – le troisième - lors des demi-finales des play-offs (le 16 ou 17 mai), et d’éviter l’OL Lyonnes, quadruple tenant du titre et dix-huit fois sacré au total.
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Le PSG (presque) parfait
Il faudra pour cela tenir la distance face au voisin parisien (3e, 38 pts), irrésistible en 2026 et seulement battu par Lyon, en championnat et en finale de la Coupe LFFP. « Sur la dynamique et le calendrier, je vois bien le PSG finir deuxième, se mouille Mélanie Durot, commentatrice des matches d’Arkema Première Ligue sur la chaîne YouTube et de Ligue des champions féminine sur Disney +. Je ne le vois pas s’arrêter en si bon chemin, d’autant que l’équipe peut compter sur deux armes redoutables, Romée Leuchter, meilleure buteuse (12), et Merveille Kanjinga, meilleure passeuse (8) du championnat. »
Le FC Nantes (4e, 36 pts), lui, a encore un petit effort à fournir pour valider sa saison exceptionnelle et s’inviter définitivement à la table des grandes. « Quand tu vois jouer cette équipe, ce n’est pas une surprise de la retrouver ici. Elle mérite vraiment cette place par rapport à tout ce qu’elle a proposé depuis le début du championnat. Mentalement, elle a aussi quelque chose en plus et le recrutement estival a porté ses fruits. Cela a très bien matché et les joueuses s’entendent bien sur le terrain, mais aussi en dehors du terrain », assure la journaliste qui commente tous les matches des Canaris.

Égalité, mode d'emploi
En cas d’égalité au classement (*), les équipes seront départagées, en premier lieu, par le nombre de points pris lors des confrontations directes.
- Dans le haut du classement, le Paris Saint-Germain possède l’avantage sur le Paris FC (0-0 à l’aller ; 3-0 au retour) et sur le FC Nantes (5-2 à l’aller ; 2-1 au retour) tandis que les Canaris ont dominé à l’aller (3-1) comme au retour (2-1) l’équipe de Sandrine Soubeyrand.
- Concernant la lutte pour le maintien, l’AS Saint-Étienne et le RC Lens sont à égalité parfaite (victoire 1-0 de Lens à l’aller ; succès 2-1 de l’ASSE au retour) et seront départagées, si besoin, par la différence de buts générale. Les Vertes, vainqueures à l’aller (4-2), doivent encore se frotter à Montpellier (le 25 avril). Enfin, les Héraultaises ont l’avantage sur les Lensoises qu’elles ont battues plus largement à l’aller (3-1) avant de s’incliner au retour (2-1).
(*) Classement sous réserve d'éventuelles procédures en cours et/ou à venir.
LA COURSE AU MAINTIEN
Trois équipes à égalité
L’incertitude est beaucoup plus forte dans le bas du tableau. Trois formations comptent actuellement le même nombre de points et pour le moment, c’est l’AS Saint-Étienne (10e), au jeu du goal average particulier (lire ci-dessus), qui pointe hors de la zone rouge occupée par le RC Lens (11e) et le MHSC Féminines (12e).
La dynamique pour Montpellier
Si les Héraultaises ferment la marche, elles ont été revigorées par leur succès au Vélodrome (2-1, le 28 mars) face à des Marseillaises (9es) mathématiquement pas totalement tirées d’affaire, tout comme les Havraises (8es). « Je pense que Montpellier va se maintenir, avance Mélanie Durot. Il peut s’appuyer sur sa force offensive (5e meilleure attaque du championnat) dont fait partie Justine Rouquet (18 ans, 8 buts), totalement extraordinaire par rapport à son jeune âge. L’équipe pourra aussi compter sur le retour de Marion Torrent, qui va apporter toute son expérience. J’imagine aussi que l’Olympique de Marseille va assurer son maintien. Depuis l’arrivée de Corinne Diacre, les Phocéennes sont beaucoup plus solides et déploient un jeu offensif intéressant. On parle beaucoup, à juste titre, de Mathilde Bourdieu (11 buts) mais Melissa Herrera distribue un nombre incalculable de ballons et Jenny Perret est aussi une top joueuse. C’est une belle équipe de ce championnat qui n’est pas toujours récompensée de ce qu’elle produit. »
Le RC Lens, avec Aude Gbedjissi (9 buts), et l’ASSE, qui a réussi son opération maintien la saison dernière, ont aussi des arguments. « Lors de l'avant-dernière journée, Lens reçoit l’OM et Montpellier accueille l’ASSE. Ces confrontations directes vont être très importantes », note la journaliste. Mais peut-être pas décisives et l’ultime épisode (mercredi 6 mai, à 17h00) de l’Arkema Première Ligue pourrait, comme l’an dernier, être irrespirable.
