ARKEMA PREMIÈRE LIGUE

Anaïs Ebayilin : « Gagner des trophées, le plus possible »

jeudi 23 avril 2026 - 17:45 - Vincent ORSINI et Ilan MERHABA

Saison de la révélation au PSG et de la première sélection chez les Bleues, la jeune milieu (18 ans) n'a pas fait dans la demi-mesure pour son retour sur les terrains, un an et demi après sa rupture des ligaments croisés. Entretien avant la 21e journée de championnat.

La 21e journée se profile déjà, trois jours après la précédente qui a délivré les trois derniers billets pour les play-offs de l’Arkema Première Ligue. Comme le Paris FC et le FC Nantes, le Paris-SG a validé son ticket et c’est le cœur plus léger qu’il se rend samedi soir chez son voisin, le FC Fleury 91 (21 heures, en direct sur Canal+ Foot et en multiplex sur Canal+ Sport 360). Ce premier objectif rempli a dû faire plaisir à Anaïs Ebayilin. À 18 ans, la jeune milieu de terrain parisienne, qui a fait sa place cette saison au sein du club de la capitale et a honoré sa première sélection en Équipe de France début mars, a soif de trophées pour remplir son armoire. Elle se confie.

« Après la grave blessure que vous avez subie l'an dernier, cette saison semble être celle de l'avènement. Comment percevez-vous l'année et demie qui s'est écoulée ? 
C’était compliqué, je me suis fait les ligaments croisés. J’ai beaucoup pleuré, eu des mauvaises pensées mais j’étais bien entourée, par mes copines, mes sœurs, mes coéquipières, le club… J’ai rapidement switché car je savais que j’avais un bel avenir devant moi, et que tout ça ne s’arrêtait pas à une blessure. À mon retour sur les terrains, l’objectif était double : prendre du plaisir et faire attention à mon corps.

24
Matches disputés cette saison avec le PSG (toutes compétitions confondues).
18
Titularisations.
1
Sélection en Équipe de France (le 3 mars 2026 face à la République d'Irlande).

N’avez-vous pas eu une petite appréhension en revenant ? 
Non, pas d’appréhension particulière, c’était plutôt une prise de conscience : j’ai subi une blessure grave et je dois prendre soin de moi, plus qu’avant. Aujourd’hui, c’est d’autant plus vrai car j’enchaîne les matches. Et puis, je ne suis pas quelqu’un qui joue avec le frein à main, je me donne toujours à 100% car c’est en négligeant cela qu’on risque de se blesser. Au club, Griedge (Mbock) a été de bon conseil, car elle a également connu de grosses blessures. Son aide a été très bénéfique.

La fiche d'Anaïs Ebayilin

Anaïs Ebayilin avec son entraîneur au Paris-SG Paulo César (photo Ewen GAVET / ICON SPORT).

Depuis la fin de saison dernière, le PSG a lancé une reconstruction en priorisant sa formation. Un nouveau projet marqué par l’arrivée de Paulo César que vous aviez connu chez les U19. Sa prise de fonction était-elle une aubaine pour votre retour ? 
Oui, je l’avais connu au centre de formation. Ça s’est fait naturellement, Paulo a su gérer mon talent. Au PSG, il y a de grandes joueuses, déjà établies donc j’ai tout de même dû me battre pour ma place. Ce n’est pas parce que je l’ai connu chez les U19 qu’il était obligé de me faire jouer. Nous avons eu une bonne discussion en début de saison, où il a pris le temps de m’exposer son projet tant collectivement qu’individuellement. Et ce, toujours en mettant en avant mon profil atypique, qui diffère de celui des autres milieux à Paris.

Comment définiriez-vous votre style de jeu ? 
J’ai un profil adaptatif, c’est le mot qui me représente le mieux. Si le coach souhaite que j’évolue au poste de sentinelle, je suis capable de le faire. S’il préfère que je joue un cran au-dessus, en relayeuse, ce sera avec la même facilité. Je peux pousser la chose encore plus loin : en 10 ? Pas de souci. Mon poste préféré reste celui de relayeuse, numéro 8 électron libre. Depuis petite, j’ai su montrer que je pouvais dépanner un peu partout. D’ailleurs, Paulo (César) m’a déjà fait jouer en charnière centrale !

Sakina Karchaoui, plus qu'une simple coéquipière pour la jeune Ebayilin (photo Ewen GAVET / ICON SPORT).

Quelles sont vos inspirations dans le football ? 
Chez les garçons, je dirais Paul Pogba et Eberechi Eze, j’aime leur vista et leur capacité à se projeter. Chez les filles, Sakina (Karchaoui) et Grace (Geyoro), deux joueuses avec qui j’ai la chance de jouer et qui m’ont toujours bien entourée. Surtout 'Saki' que je côtoie en club et désormais en sélection. C’est une personne en or.

Quel regard portez-vous sur la saison du Paris Saint-Germain ? Est-ce une année de transition ? 
Nous avons su nous relever des difficultés qui ont été mises sur notre parcours et à vrai dire, tout cela nous a plus soudé qu’autre chose. Nous sommes le Paris Saint-Germain comme j’aime si bien le dire. Je suis contente de faire partie de cet effectif, où la dimension humaine prime. C’est ce qui nous permet d’accrocher des points, même lorsque le scénario d’une rencontre nous est défavorable. Lors du dernier match en Coupe de France face au Paris FC, nous avons terminé à neuf mais avec la victoire et la qualification pour la finale en poche (2-1, le 5 avril).

Le classement de l'Arkema Première Ligue

« Ne jamais oublier d’où je viens, montrer que dans la difficulté, seul le travail paie et que tout est possible lorsqu’on s’en donne les moyens. »


Vous êtes l'une des révélations de la saison en Arkema Première Ligue, ce qui n’a pas échappé au sélectionneur Laurent Bonadei qui a fait de vous (contre l’Irlande, en mars) la plus jeune internationale depuis Inès Dhaou en 2005. Comment vivez-vous vos premiers moments ici ? 
Vous savez, je suis issue de la génération connectée. Donc les vidéos sur YouTube FFF, je les ais toutes vues. Y être en vrai, c’est juste fou. Être en Équipe de France signifie faire partie des meilleures joueuses du pays, c’est une immense fierté. Et le fait de marquer l’histoire par ma précocité, c’est très symbolique. J’espère un jour ramener un grand trophée.

Entrée en jeu à la 86ème minute face à la République d'Irlande, Anaïs Ebayilin est devenue la plus jeune internationale tricolore depuis Inès Dhaou en 2005 (photo Baptiste FERNANDEZ / ICON SPORT).

Avez-vous un peu la tête au Brésil où se déroulera la Coupe du monde féminine l’été prochain ? 
Le Brésil, j’en rêve la nuit, surtout que le coach nous montre des petits diaporamas dessus donc ça donne envie. Mais je dois d’abord me focaliser sur l’objectif de qualification, c’est la priorité. Les femmes qui m’entourent se sont battues tous les quatre ans pour se qualifier au Mondial. Je viens ici pour les aider dans cette quête. Je suis consciente que je n’ai pas le droit à l’erreur même si je suis encore dans l’apprentissage. Mais c’est ce que j’ai toujours espéré, évoluer au plus haut niveau. Je reste concentrée et à côté, je rêve, oui.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ? 
Sportivement : gagner des trophées, le plus possible. Parce que je n’ai pas encore eu l’occasion d’en soulever, même si on me répète souvent que j’ai remporté la Coupe de France féminine 2023. J’avais fait quelques apparitions durant la compétition mais je n’étais pas là lors de la finale, je n’ai pas eu le trophée entre les mains ! Donc voilà, remplir au maximum l’armoire à trophées, en club comme en sélection. Et puis, en dehors de l’aspect sportif, je veux transmettre les valeurs qui m’ont été inculquées par mes parents, rendre tout ce qu’on m’a donné. Ne jamais oublier d’où je viens, montrer que dans la difficulté, seul le travail paie et que tout est possible lorsqu’on s’en donne les moyens. »

L'Arkema Première Ligue sur FFF.FR

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