Maxence Lacroix : « C’est incroyable ! »
Pour tout savoir sur le défenseur central tricolore (26 ans), lisez cet entretien où il se livre sur son parcours, sa saison avec Crystal Palace marquée par le succès en Ligue Conférence, sa découverte de l’Équipe de France et la première phase finale de Coupe du monde qu’il vit actuellement aux États-Unis.
LES PETITS SECRETS DE… MAXENCE LACROIX
SA SAISON
« Quel regard portez-vous sur votre saison à Crystal Palace où vous avez été un titulaire indiscutable (55 matches) ?
Ça a été une longue saison avec notamment l’Europe et la Premier League où on a bien enchaîné. 55 matches disputés en tant que titulaire, c'est beaucoup ! Je suis très reconnaissant que le coach m'ait choisi en tant qu’indiscutable et de ne pas avoir eu de blessure. On a fini avec un trophée (la Ligue Conférence remportée 1-0 face au Rayo Vallecano, le 27 mai), ce qui n'est pas trop mauvais pour la première fois qu'on jouait l'Europe (sourires) ! Donc une belle saison en club qui se termine avec une autre grande aventure en sélection.
Ce troisième trophée remporté avec Crystal Palace après la Coupe d’Angleterre et le Community Shield en 2025 est-il le plus beau ?
Sincèrement, le plus fort c’était la FA Cup. C’était magnifique. Pourquoi ? Parce que c’était notre premier titre à Palace et c’était à Londres, les fans ont pu le fêter juste après. La Ligue Conférence, c’était beau mais c’était en Allemagne (Leipzig), on n’a pas pu le célébrer avec les supporters, il n’y a pas eu de parade et on a vite enchaîné avec l’équipe nationale. On était fiers et très heureux mais la FA Cup, c’était mythique !
« Ici (à Clairefontaine), tout le monde a l’habitude de gagner ! Quand on arrive en tant que champions, le regard des autres est différent. »
Avec cette victoire, êtes-vous arrivé les jambes plus légères à Clairefontaine pour la préparation à la Coupe du monde ?
Oui surtout qu’ici, tout le monde a l’habitude de gagner (rires) ! Quand on arrive en tant que champions, le regard des autres est différent. Je suis très heureux car si on était venus sans ce trophée, on n’aurait pas pu commencer la préparation dans les meilleures conditions, on aurait encore pensé aux petits détails qu’on aurait loupés. »

Maxence Lacroix après le succès en Ligue Conférence en mai dernier (photo SPI / ICON SPORT).
L’ÉQUIPE DE FRANCE
« Racontez-nous votre première convocation en Équipe de France pour pallier le forfait de William Saliba, en mars…
J’étais tranquillement en voiture avec ma femme, nous allions chercher à manger dans un restaurant et ma belle-mère gardait mon fils. Sur le trajet, je reçois un appel d’un numéro inconnu, généralement, comme beaucoup de gens, je ne réponds pas aux numéros que je ne connais pas –, mais-là je réponds d’un coup d’un seul. C’est le début de ma première discussion avec Monsieur Deschamps. Tout s’est enchaîné très vite ensuite car le lendemain j’ai quitté Londres, direction Paris. Il y avait beaucoup d’émotion, de fierté dans les yeux de ma maman en lui annonçant.
« L’équipe nationale a toujours été un objectif au centre de ma carrière sportive. Pouvoir y arriver après tout ce temps d’attente, c’est dingue. »
Pour vous, c’est un retour en sélection quasiment sept ans après vos dernières apparitions chez les jeunes avec les U20.
L’équipe nationale a toujours été un objectif au centre de ma carrière sportive. Pouvoir y arriver après tout ce temps d’attente, c’est dingue.
En novembre 2023, vous disiez : ''Il faut que je passe ce palier, que je joue régulièrement des matches de très haut niveau et on verra si je peux postuler à l’Équipe de France.'' De Wolfsburg à Crystal Palace, y avez-vous toujours cru ?
Oui surtout en faisant le choix de Palace car j’arrivais dans un championnat, la Premier League, où évoluent les meilleurs joueurs. On se frotte aux meilleures équipes, tous les week-ends, elles te poussent à donner le maximum. À mon arrivée, j’avais dit à l’entraîneur : ‘‘Je veux être en Équipe de France’’. C’était un objectif dans un coin de ma tête. Il m’avait répondu : ‘‘Concentre toi sur le club, l’équipe et si tu travailles bien tu auras ce que tu veux.’’
C’est donc arrivé et vous avez fait vos débuts avec les Bleus.
Mon entrée en jeu contre le Brésil (2-1, le 26 mars) a été ma première. Je crois que j’ai vraiment réalisé après le match, j’étais tellement heureux de vivre ce moment. Même s'il était amical, c’était un match compliqué. Puis la Colombie (3-1, le 29 mars), ma première titularisation, c’était encore plus fort. Chanter la Marseillaise, voir ce monde dans le stade, c’est inoubliable. Ça nous a donné un avant-goût des États-Unis avant le Mondial. Ça va être un bel été pour tous les fans de football. Faire partie des acteurs, c’est juste incroyable ! »

Lors de sa première sélection face au Brésil le 26 mars 2026 durant la tournée américaine des Bleus (photo Simon MORCEL / FFF).
LA COUPE DU MONDE
« Qu’avez-vous ressenti quand vous avez entendu votre nom dans la liste ?
Beaucoup de fierté. J’étais avec ma femme et mon cuisinier, on était tous très contents car ce sont des personnes qui ont leur part dans ma réussite. Derrière le nom de Maxence Lacroix dans cette liste, il y a toutes les personnes qui m’ont accompagné et encouragé depuis le début. Tout le monde m’a appelé ensuite, mon téléphone vibrait de tous les côtés (sourires).
Quel est votre premier souvenir de Coupe du monde ?
La finale de 2006, France-Italie (1-1, 3 tab 5, le 9 juillet à Berlin). Un match préparé avec ma famille, on avait acheté des feux d’artifice pour fêter une victoire. Malheureusement, ça ne s’est pas fini comme on le voulait mais le petit Maxence (alors âgé de 6 ans) a quand même fait péter les feux d’artifice car sa famille n’avait pas payé pour rien (il rit) !
Et le plus beau ?
2018 (France-Croatie, 4-2, le 15 juillet à Moscou), c’était incroyable, surtout que cette équipe était magnifique. À l’époque, j’étais jeune professionnel à Sochaux et je me disais : pourquoi pas moi ?

Le sélectionneur Didier Deschamps et son staff soulèvent le trophée après le succès en finale du Mondial 2018 (photo Bildbyran / ICON SPORT).
Qu’avez-vous emmené dans votre valise ?
Le plus important pour moi, c’est ma bible. J’ai pris pas mal de livres car j’aime beaucoup lire. J’ai fait les valises avec ma femme et elle m’a dit de prendre beaucoup de choses (sourires) : un Rubik's cube, un jeu d’échecs… »
FOOT / HORS FOOT
« Aviez-vous un modèle de joueur ?
Zinédine Zidane.
Celui qui vous a le plus impressionné durant votre carrière ?
Kylian Mbappé.
Un joueur que vous n’aimez pas affronter ?
(Il réfléchit) En Bundesliga, il y en avait bien un : Marcus Thuram. J’ai pris beaucoup de cartons rouges à cause lui (rires). Je n’aimais pas jouer contre lui, je trouvais qu’il jouait très bien avec son corps, qu’il savait comment tomber, qu’il était bon devant le but. Je n’aimais pas jouer contre lui ni contre Mönchengladbach.
Votre geste technique préféré ?
La feinte.
Celui que vous rêveriez de réussir ?
Mon rêve : centre, volée pied gauche dans le petit filet. Et attention, il y a la célébration qui va avec : une belle glissade digne des stades de Premier League (il sourit).
Le numéro que vous portez a-t-il une histoire ?
À Wolfsburg, je portais le n°4, j’ai pris le 5 en arrivant à Palace. Il n’y a pas vraiment d’histoire mais mon papa me disait toujours que les libéros portaient le n°5 et que ce serait magnifique de l’avoir.
Votre père vous a fait tomber dans le foot ?
Il ne m’a pas fait tomber dedans, il m’y a poussé. C’était un gardien de but. Tôt le dimanche matin on était sur les terrains, je le suivais partout. C’est lui qui m’a fait aimer le jeu, me dépasser, me surpasser. Il m’a donné cet ADN football.
SA FICHE
26 ans (né le 6 avril 2000 à Villeneuve-Saint-Georges, Val-de-Marne)
Club actuel : Crystal Palace FC (depuis septembre 2024)
Clubs précédents : AS Les Croquants de Limeyrat (2006-2008), ES Montignacoise (2008-2011), FC Thenon Limeyrat Fossemagne (2011-2012), Trélissac FC (2012-2015), FC Sochaux-Montbéliard (2015-2020), WfL Wolfsburg (All, 2020-2024), Crystal Palace FC (Ang, depuis septembre 2024)
Sélections :
Équipe de France : 4 matches
Équipe de France U20 : 2 matches
Équipe de France U18 : 5 matches
Équipe de France U17 : 4 matches
Équipe de France U16 : 1 match
Palmarès :
Ligue Conférence 2026
Coupe d’Angleterre 2025
Community Shield 2025
Que représente votre région d’origine, la Dordogne, où vous avez grandi après être né en Île-de-France ?
C’est ma famille, ma campagne, mes racines même si je suis né à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), j’ai déménagé très tôt. J’y ai tous mes souvenirs d’enfant et toujours des attaches.
Si vous n’aviez pas été footballeur…
Je pense que j’aurais été un businessman !
Vos trois plus grandes qualités ? Et vos petits défauts ?
Pour les qualités, je dirais ma capacité d’adaptation rapide, ma foi qui est la fondation de ma vie et réunit beaucoup de choses qui permet, selon moi, à un homme de pouvoir être bon, d’avoir des principes et ma détermination. Les défauts : je mets du temps à répondre aux messages (rires) et je suis parfois impatient.
Quelle serait votre équipe pour jouer un five ?
Elle serait composée de mes amis mais vous ne les connaissez pas ! Si vous voulez des noms connus : Rayan (Cherki), Ousmane (Dembélé), Mike (Maignan) parce qu’il faut un gardien, Michaël (Olise) et moi. »
SES DÉBUTS
Premiers contacts avec le ballon
« J’ai commencé sur le petit terrain de Thenon en tant que gardien comme mon père. Je n’étais pas très bon avec les mains donc on m’a vite positionné dans le champ et on m’a donné le ballon pour marquer des buts car j’étais assez rapide. J’ai toujours aimé marquer donc j’ai fait tout mon parcours d’enfant comme attaquant. Quand je suis arrivé à Sochaux (en 2015), j’ai basculé milieu avant de passer défenseur chez les U17. »

Avec le maillot de son premier club comme ses coéquipiers en bleu (photo Simon MORCEL / FFF).
Premier club
« AS Les Croquants de Limeyrat en Dordogne. C’était une entente avec Thenon, mon petit club de village. On se régalait avec les copains, on jouait pour le fun. Ce sont des souvenirs d’enfance à jamais gravés. »
Premier match en pro
« Avec Sochaux contre le FC Lorient en Ligue 2 (1-0, le 22 décembre 2018). C’était ma première victoire de footballeur pro. C’était juste avant les vacances. Après le match, j’ai dû prendre ma voiture et faire huit heures de route pour rentrer voir ma maman dans le Sud-Ouest. »
Première en sélection jeunes
« C’était il y a tout juste dix ans (France-Allemagne 1-1, le 16 mai 2016). Il y avait d’ailleurs Aurélien Tchouaméni avec lequel je suis aujourd’hui en Équipe de France. Je ressentais beaucoup de stress. À l’époque, je ne savais pas si je faisais vraiment partie de ce groupe, je me posais pas mal de questions sur moi-même. En voyant que j’avais les qualités pour y être, ça m’a donné confiance en moi. »
Première phase finale
« L’Euro U17 2017 en Croatie (4 matches disputés, élimination en quarts de finale contre l’Espagne mais 5e place décrochée synonyme de Mondial U18) puis Coupe du monde U18 2017 (2 matches, élimination en 8es de finale par l’Espagne). Ces phases finales m’ont fait grandir et permis de comprendre qu’il fallait vraiment être concentré à ce niveau d’exigence. J’en retire beaucoup d’expérience sur l’importance des petits détails que je n’avais pas forcément en tête en tant que joueur de Ligue 2. »