De très chaudes retrouvailles
Comme en 1998, la France affronte le Paraguay en 8es de finale de la Coupe du monde. Les deux équipes ont rendez-vous samedi (23h00, M6 et beIN SPORTS) dans la fournaise de Philadelphie.
LE CONTEXTE
Sous les projecteurs
Sénégal (3-1), Irak (3-0), Norvège (4-1), Suède (3-0)... L'Équipe de France trace sa route et avance étape après étape, victoire après victoire, dans cette Coupe du monde 2026 dont les projecteurs sont de plus en plus braqués sur elle, tant elle marque les esprits par sa qualité collective et les performances de ses individualités, Kylian Mbappé (6 buts), Michael Olise (5 passes décisives) et Ousmane Dembélé (4 buts) en tête. Les Bleus ne figurent plus seulement parmi les favoris de la compétition, ils en sont devenus les grands favoris.
Les voilà donc parvenus à mi-parcours, si l'on considère l'objectif final du dimanche 19 juillet qui les porte, pour l'instant irrésistiblement. Au-delà des résultats, ils ont aussi offert, au soir de France-Suède, mardi, l'image d'un groupe uni et solidaire autour de leur sélectionneur, endeuillé par la disparition de sa maman. Un groupe qui prend plaisir à jouer ensemble.
Jour de fête nationale
« C’est comme si on jouait "au quartier", dit Bradley Barcola. On ne se pose pas de questions, on prend la balle et c’est pour ça que ça marche. On se fait des passes, on attaque, on défend ensemble, on ne peut que prendre du plaisir. C’est un honneur de jouer avec d’aussi grands joueurs. Je ne suis pas là depuis très longtemps mais depuis que je suis arrivé, c’est l’équipe dans laquelle j’ai pris le plus de plaisir. » Jules Koundé rejoint son coéquipier : « C’est vrai que ce groupe est particulier, c’est peut-être le plus jeune qu’on ait eu. On a vraiment peu de différence d’âge, on a sûrement les mêmes intérêts donc c’est facile de se connecter. L’entente, la cohésion, c’est quelque chose de très important si on veut aller loin dans une compétition et pour l’instant tout se passe très bien.»
New York mardi, Boston/Bentley mercredi et jeudi, Philadelphie vendredi, le tempo du Mondial s'accélère. Ce samedi 4 juillet, il battra au rythme de la fête nationale américaine et du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. « C’est un jour très important à Phily (Philadelphie), le berceau de l’Amérique, une ville très forte culturellement, pointe Jules Koundé. Il va y avoir beaucoup d’effervescence et on l’espère aussi dans le stade. Depuis qu’on joue ici, on a senti le soutien des Français et des gens qui supportent l’Équipe de France. On a toujours joué dans des stades remplis. »
La cohésion, un atout important au service d'une grande ambition collective (photo Baptiste FERNANDEZ / ICON SPORT).
LE MATCH
Garder la tête froide
Ce 8e de finale marque le retour de l'Équipe de France au Lincoln Financial Field de Philadelphie, théâtre de leur victoire contre l'Irak (3-0) lors de leur deuxième rendez-vous de la phase de groupes. Une soirée dans les mémoires tricolores avec une partie interrompue à la pause pendant deux longues heures en raison des orages qui avaient frappé la capitale de la Pennsylvanie. Et la météo est une nouvelle fois annoncée comme un acteur important de ce duel entre Français et Paraguayens, appelé en effet à se disputer sous une température caniculaire (jusqu'à 38°). De quoi faire monter un peu plus la pression autour de ce deuxième match à quitte ou double, dont l'enjeu, pour les Bleus, est une quatrième place d'affilée sur le "grand huit" de la Coupe du monde (après 2014, 2018 et 2022). Or il faudra garder la tête froide face à un Paraguay dont on connaît la faculté à mettre à l'épreuve la patience et les nerfs de ses adversaires.
Le statut de favori, on l’avait avant la compétition et on l’aura demain (samedi) mais il ne nous fera pas gagner contre le Paraguay. Il faudra mettre tous les ingrédients du début jusqu’à la fin, jouer comme on sait le faire, mettre beaucoup d'intensité, et forcément être très efficaces, marquer le plus rapidement possible. Il faudra être très sérieux, très engagés parce que c’est une équipe qui a beaucoup de qualités.Désiré Doué, en conférence de presse d'avant-match
Être présents dans les duels
« Ça va être compliqué, prévient Bradley Barcola. On sait que c’est une équipe qui défend beaucoup, une équipe sud-américaine, on sait qu’ils vont mettre pas mal de coups mais c’est aussi une équipe de ballon, on l'a vu contre l’Allemagne. Ça sera un bon match. Je commence à avoir l’habitude, avec le PSG on affronte beaucoup d’équipes qui jouent bas. Il va falloir trouver des alternatives, venir plus jouer dans les pieds. La chaleur ? Cela va un peu plus nous fatiguer mais on commence à avoir l’habitude, on s’hydrate beaucoup pour être prêts pour les entraînements et les matches. Ça va être un peu gênant mais pas plus que ça. »
« Toutes les équipes ont des caractéristiques différentes, ajoute Jules Koundé. On sait que le Paraguay est une équipe accrocheuse mais elle a de la qualité pour jouer au moment de sortir pour exploiter les contre-attaques, ils ont les joueurs pour ça. On s’attend à un match difficile. Il va falloir être présents dans les duels et imposer notre physique pour pouvoir exister avec le ballon (...) C’est un rythme assez soutenu, la chaleur contribue à accentuer la fatigue mais on était averti. On profite de chaque jour qui passe pour bien récupérer. L’hydratation joue un rôle clé. »
Ce 8e de finale Paraguay-France s'annonce... chaud (photo ICON SPORT) !
L'ADVERSAIRE
Tombeur de l'Allemagne
Ceux qui redoutaient à l'avance de voir les routes de la France et de l'Allemagne se croiser en 8es de finale se sont sans doute réjouis de voir la Nationalmannschaft quitter ce Mondial dès les 16es de finale après s'être heurtée (1-1 et 4 tab 3) à une équipe du Paraguay exceptionnelle d'abnégation et de ténacité, lundi dernier à Boston. Mais ce soulagement passé, ces mêmes personnes se demandent probablement aujourd'hui, avec un peu d'inquiétude, ce que la sélection albirroja réserve aux Bleus, samedi à Philadelphie... Car un exploit ça va, mais deux...
Un Paraguay en mission
Nul besoin de convoquer la célèbre histoire de 1998 - qui avait vu les coéquipiers d'un certain Didier Deschamps s'échiner pendant près de deux heures de jeu avant d'avoir raison de José Luis Chilavert et des siens - pour en avoir une idée assez précise. Le Paraguay est maître dans l'art du savoir-défendre, savoir-résister, savoir-plier...bref, le parfait enquiquineur ! « Les Paraguayens ont les qualités des joueurs d'Amérique du sud, très près dans les duels, qui font pas mal de fautes, ils ont obtenu pas mal de cartons jaunes dans les premiers matches. C'est un autre genre d'adversaire mais en tout cas difficile », confirme Guy Stéphan, l'adjoint du sélectionneur.
Sur la lancée de leur qualification héroïque aux dépens des Allemands, les Rouges et Blancs - conduits depuis l'été 2024 par l'Argentin Gustavo Alfaro (63 ans) -, seront de surcroît transcendés par la perspective d'accéder pour la deuxième fois de leur histoire aux quarts de finale de la Coupe du monde (2010). Les Bleus sont prévenus.
Cette équipe du Paraguay a du grande corazon (un grand cœur), elle va se battre de la première à la dernière minute, en mettant de l’agressivité oui, ils ont ça dans leur ADN, mais Il n’y a pas que ça, c’est du haut niveau. Elle n’est pas arrivée là par hasard, elle n’est pas tombée du ciel. Il y a de bons joueurs, Enciso, Almiron, Avalos, Galarza… Sans qualité, on n’arrive pas là en 8e de finale de la Coupe du monde, et cette équipe a de la qualité. Ils vont jouer leur coup à fond, ils n’ont rien à perdre.Didier Deschamps, en conférence de presse de veille de match
28 juin 1998 à Lens, 114e minute : Laurent Blanc trompe enfin José Luis Chilavert et envoie les Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde organisée en France (photo Michael STEELE / PA IMAGES / ICON SPORT).
LES STATS À CONNAÎTRE
►Les Bleus vont disputer le 940e match de leur histoire depuis 1904 (bilan à ce jour : 478 victoires, 195 nuls, 266 défaites, 1704 bp, 1 264 bc)
►La France va jouer sa 78e rencontre en phase finale de Mondial (43 gagnées, 14 nuls, 20 perdues, 149 bp, 87 bc).
►Les Tricolores sont engagés pour la 7e fois dans les 8es de finale de la Coupe du monde (1986, 1998, 2006, 2014, 2018, 2022, 2026).
►Didier Deschamps va diriger l'Équipe de France pour la 182e fois (118 succès, 35 nuls, 28 défaites). Il a été remplacé sur le banc par son adjoint Guy Stéphan le 3 juin 2022 contre le Danemark (1-2, Ligue des Nations) et le 26 juin 2026 contre la Norvège (4-1, CM 2026).
►Didier Deschamps est le sélectionneur qui compte le plus de victoires dans l'histoire de la Coupe du monde avec 17 succès.
►S'il participe à ce France-Suède, Kylian Mbappé portera son total de sélections à 103 et rejoindra ainsi… Didier Deschamps. Le capitaine tricolore jouera aussi son 19e match de Coupe du monde et égalera Fabien Barthez et Thierry Henry.
►S'ils jouent, N'Golo Kanté et Aurélien Tchouaméni fêront respectivement leurs 70e et 50e sélections.
Le tableau des 8es de finale
- Samedi 4 juillet 2026 :
- 19h00 : Canada - Maroc (Houston)
- 23h00 : Paraguay - France (Philadelphie)
- Dimanche 5 juillet 2026 :
- 22h00 : Brésil - Norvège (New York)
- Lundi 6 juillet 2026 :
- 02h00 : Mexique - Angleterre (Mexico)
- 21h00 : Portugal - Espagne (Dallas)
- Mardi 7 juillet 2026 :
- 02h00 : États-Unis - Belgique (Seattle)
- 18h00 : Argentine - Égypte (Atlanta)
- Mercredi 8 juillet 2026 :
- 22h00 : Suisse - Colombie (Vancouver)
Les horaires sont en heure française.