Dallas, tes Ibères impitoyables
Les Bleus se sont inclinés (2-0) face une Espagne une nouvelle fois supérieure, mardi 14 juillet à Dallas, en demi-finale de la Coupe du monde 2026. La fin du rêve américain et d'une troisième étoile pour les Tricolores.
- L'Équipe de France ne disputera pas la finale de la Coupe du monde 2026. Opposée à l'Espagne, sa "bête rouge", en demi-finale, elle a été dominée (2-0), mardi 14 juillet à Dallas (États-Unis) où la loi du plus fort à prévalu.
- Face à des Ibères impitoyables de réalisme, les Bleus, réduits au silence offensivement, ont concédé un but par mi-temps, le premier signé Mikel Oyarzabal (22e) sur pénalty, le second inscrit par Pedro Porro (58e).
- Champions du monde 2018 et vice-champions 2022, les joueurs de Didier Deschamps tenteront cette fois de décrocher la médaille de bronze lors du match pour la troisième place, samedi 18 juillet à Miami (23h00, h.f. sur M6 et beIN SPORTS 1). Ils affronteront le perdant de l'autre demi-finale Angleterre-Argentine, mercredi soir à Atlanta (21h00, h.f.).
France-Espagne, la galerie photos
Michael Olise dans la tenaille espagnole (photo ICON SPORT).
LE MATCH
C'est la fin d'un rêve et bientôt la fin d'une ère. Samedi à Miami, les Bleus disputeront le huitième et dernier match de leur Coupe du monde 2026 et Didier Deschamps vivra lui son ultime à la tête de l'Équipe de France. Mais ce n'est pas celui que ni les joueurs ni le sélectionneur et son staff avaient espéré. À la veille de la "grande" finale du lendemain à New York, la "petite" finale qui leur est maintenant réservée aura forcément un drôle de goût. Comme celui que laisse immanquablement cette élimination en demi-finale, après avoir nourri et suscité tant d'espérance dans les rangs tricolores et à travers tout l'Hexagone, depuis le coup d'envoi de ce Mondial. Mais à Dallas, mardi soir, 14 juillet ou pas, c'était tout simplement la loi du plus fort...
Plus qu'un coup de dé
Évidemment, il y a eu ce "coup de dé" de la 20e minute, lorsque Lucas Digne, dans un geste maladroit face à Lamine Yamal, sanctionné par un pénalty, a offert à l'Espagne l'occasion d'ouvrir le score, que Mikel Oyarzabal n'a pas ratée (0-1, 22e). Dommageable, alors que jusque là, les deux équipes, se craignant mutuellement, s'étaient globalement neutralisées. Évidemment, aussi, il y a eu la blessure et la sortie de William Saliba dès la 30e minute...
Mais le sort de ce duel franco-espagnol n'aura pas seulement tenu qu'à ces seuls faits de jeu. Il y avait bien plus que ça entre la Roja et les Bleus sur le sol texan. Et surtout bien moins que précédemment du côté tricolore. Moins d'allant et de fraîcheur, moins de perçant et de percussion, moins de légèreté et de luminosité. Bref, moins de cette flamme qui avait fait la force des coéquipiers de Kylian Mbappé tout au long de leur parcours, même si les premiers signes d'essoufflement étaient déjà apparus en 8es et en quarts de finale.
Rayan Cherki ne passera pas (photo DeFodi Images / ICON SPORT).
Les Bleus muets pour la première fois
Pour la première fois en dix matches de Coupe du monde (depuis France-Tunisie 2022), les Bleus n'ont pas marqué. Faute de s'être montré suffisamment dangereux. Leur seule occasion en première période ? Une échappée de Mbappé enrayée par une sortie de Simon hors de sa surface (42e). Leur premier tir cadré ? Une frappe de leur capitaine, détournée en corner par le gardien ibèrique (64e), avant une seconde, bien partie vers la cage, mais déviée au passage par un défenseur (67e). Bien oui, mais trop peu et hélas trop tard pour déstabiliser réellement une Espagne qui avait doublé la mise à la 58e minute par Pedro Porro sur une action d'école... espagnole. Simple mais terriblement efficace.
Les entrées en jeu de Désiré Doué, Rayan Cherki ou encore Théo Hernandez, en seconde période, les efforts sporadiques de fin de match n'y ont rien changé. La maîtrise collective d'une Roja solide sur ses bases (un but encaissé en sept matches) et sûre de son football, réaliste devant et derrière, plus mature, a eu raison d'une Équipe de France au tranchant émoussé, à l'image de ses individualités et habituels fers de lance, en panne de réussite et d'inspiration, Ousmane Dembélé décochant ainsi son premier tir cadré à la 97e minute... Presque un symbole.
Il reste une médaille de bronze à aller chercher, ça n'est pas l'or, mais ça n'est pas rien. Seuls les Bleus de 1958 et 1986 l'ont décrochée. Ceux de 2026 méritent une belle conclusion, malgré tout.
LES BUTS
- 0-1, Mikel Oyarzabal (22e s.p.) : sur un centre de Cucurella venu de la gauche, Lucas Digne, à droite de sa surface, est en difficulté pour négocier de la tête un ballon aérien avec rebond. En voulant le dégager, il commet une faute sur Lamine Yamal arrivé dans son dos (20e). Pénalty ! Mikel Oyarzabal le transforme en force du gauche dans l'angle.
- 0-2, Pedro Porro (58e, passe de Dani Olmo) : aux vingt mètres, légèrement sur la droite, Pedro Porro temporise puis trouve Dani Olmo à la limite de la surface, qui dos au but, remet instantanément sur son coéquipier dont l'accélération a pris de vitesse l'arrière-garde tricolore. Le défenseur espagnol vient battre Maignan du plat du pied droit.
Oyarzabal ouvre le score sur pénalty (photo XINHUA / ICON SPORT).
La fiche technique
Le mardi 14 juillet 2026 à Dallas, États-Unis (Stade de Dallas)
Coupe du monde 2026 de la FIFA - Demi-finales
FRANCE - ESPAGNE : 0-2 (0-1)
Spectateurs : 70176
Arbitre : Ivan Arcides Barton Cisneros (Salvador).
Buts : Oyarzabal (22e s.p.), Porro (58e) pour l'Espagne.
Avertissements : Rabiot (9e), Mbappé (86e) à la France ; Cucurella (31e) à l'Espagne.
FRANCE : Maignan - Koundé, Upamecano, Saliba puis Lacroix (30e), Digne puis T. Hernandez (72e) - Tchouaméni, Rabiot puis Koné (46e) - O. Dembélé, Olise puis Cherki (72e), Barcola puis Doué (57e) - Mbappé (cap.).
- Non utilisés : Risser (g.), Samba (g.), Gusto, Konaté, L. Hernandez, Kanté, Zaïre-Émery, Akliouche, Mateta, M. Thuram.
- Sélectionneur : Didier Deschamps.
ESPAGNE : Simon - Porro puis Llorente (84e), Cubarsi, Laporte, Cucurella - Ruiz puis Pedri (78e), Baena puis Williams (84e), Rodri (cap.) - Olmo puis Merino (78e), Oyarzabal puis F. Torres (74e), Yamal.
- Non utilisés : J. Garcia (g), Raya (g), Pubill, E. Garcia, Grimaldo, Zubimendi, Gavi, Iglesias, Munoz, Pino.
- Sélectionneur : Luis de la Fuente
Le onze de départ des Bleus (photo Simon MORCEL / FFF).
LES RÉACTIONS
Didier Deschamps (sélectionneur national, sur M6) : « « Il y a beaucoup de déception, les joueurs sont anéantis parce qu’on avait beaucoup d’ambition même s’il faut aussi être logique et reconnaître qu’on a été un ton en-dessous face à une équipe qui a bien maitrisé son sujet. C’est d’abord de notre faute mais je vais poser une question sans y répondre : est-ce que l’arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ? Nous avons été un peu en dessous et moins dangereux qu’on aurait pu l’être avec des erreurs techniques, des passes qui auraient pu amener des situations. Ça fait mal. Il y a Miami dans quatre jours mais ce n’est pas la finale qu’on voulait disputer. On va jouer cette petite finale. Je ne veux pas jeter tout ce qui a été fait mais sur ce match-là, l’Espagne a montré quelque chose de plus. Je ne pense pas à moi ce soir, je pense aux joueurs, on a préparé ce match pour tout faire afin d’aller au bout. La déception est grande car c’est une Coupe du monde. Je ne vais pas enlever tout ce qu’on a fait de bien. Je pensais qu’on avait bien récupéré. Il y a William Saliba qui ne peut pas continuer… Ce sont des éléments qui ne vont pas dans le bon sens pour nous mais cela n’enlève rien au mérite de l’Espagne. L’adversaire nous a empêché de jouer, on avait moins de justesse technique, peut-être un peu moins de jus comme on dit. Ce sont des actions cassées, les Espagnols savent très bien le faire sur les anticipations dans nos passes, cela nous a obligé à défendre. On voulait leur poser plus de problèmes. »
Kylian Mbappé (capitaine et attaquant de l’Équipe de France au micro de M6) : « On n’a pas fait le match qu’on voulait faire, que ce soit tactiquement, techniquement, dans le niveau global fourni. Quand tu ne fais pas ce que tu censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas. L’Espagne a respecté son plan de jeu. Sur le contrôle du jeu, ils sont meilleurs que nous, on n’a pas réussi à faire ça. Il y a au trop d’approximations techniques. On n’a pas fait le match auquel on s’était préparé, on s’est laissé dicter le tempo et si l’Espagne dicte son tempo de par son contrôle du ballon et son niveau global, c’est difficile. C’était à nous de changer ça. Comment ? Au départ dans le pressing, sur comment on est parti les chercher, on s’est toujours retrouvé à trois contre deux au milieu, contre l’Espagne, c’est toujours difficile. Il fallait jouer un pour un, c’est une équipe qui n’aime pas courir… Quand on récupérait des ballons, les premières passes, les premières touches n’étaient pas dignes d’une demi-finale de Coupe du monde. C’est une grande déception bien sûr mais si on est objectifs, on n’a pas mis tous les ingrédients. Je ressens beaucoup de déception, c’était un rêve pour nous d’aller en finale et de donner cette possibilité à notre pays de rêver. Quand on gagne, on a la tête haute, quand on perd, il faut la garder. Je ne parviens pas bien à trouver les mots. Il va falloir relever la tête, partir en vacances et mettre cet échec de côté car d’autres choses vont se jouer en club et en sélection. »
Kylian Mbappé en échec devant Unaï Simon (photo ICON SPORT).
Rayan Cherki (attaquant de l’Équipe de France au micro de M6) : « Je ne vois aucune explication à donner aujourd’hui, c’est très difficile parce que même dans un jour moins bien, ce qui peut arriver à tout le monde, on doit être un peu meilleur dans tous les compartiments du jeu, tactique, technique, physique. C’est super dur car on avait tout pour aller au bout. Toutes les équipes avaient peur de nous, on le sait. Je pense que la seule équipe qui nous a battus, c’est nous. Ce soir, il a manqué de tout. On avait de l’envie. Si quelqu’un vous dit qu’il n’a pas envie sur une demi-finale de Coupe du monde, qu’il change de sport. On parle d’un match tous les quatre ans, peut-être le match d’une vie. Donc il y avait de l’envie mais ils ont été meilleurs que nous. C’est dur, c’est dur. L’arbitre ? Si vous voulez mais on est dans un match de football. Ils ont été plus vicieux, plus intelligents que nous. Oui, l’arbitre n’a pas été au niveau mais ça n’empêche le ballon roule, on court, ils courent, on voit dans les duels, eux aussi, ne nous a pas enlevé de but, il leur en a enlevé un. Ils ont joué sur leur faux rythme, ils ont joué comme ils aiment jouer au football. Nous, on n’a pas joué comme on aime jouer au football et on en paie les conséquences. »
Maxence Lacroix (défenseur de l’Équipe de France au micro de M6) : « Beaucoup de déception car on était proche du but. On a joué contre une belle équipe d’Espagne, on a essayé de donner le maximum, aujourd’hui ce n’est pas passé. Avec le potentiel qu’on a, les joueurs dont on dispose, on pensait aller plus loin, c’est difficile de réagir à chaud après une élimination en demi-finales de Coupe du monde. On aurait dû mieux faire techniquement, on a loupé le dernier geste et défensivement on aurait dû être plus costauds. Aujourd’hui, ce n’était pas pour nous mais on va relever la tête et ça va nous aider à avancer. Chaque équipe a son plan de jeu. Ils ont bien préparé ce match, nous aussi mais ce sont eux qui ont gagné. »
(Photo ICON SPORT).
STATISTIQUES
► 942e match des Bleus depuis 1904 (480 victoires, 195 nuls, 267 défaites, 1707 bp, 1 266 bc)
► 80e rencontre de la France en phase finale de Mondial. Bilan : 45 gagnés, 14 nuls, 21 perdus, 152 bp, 89 bc.
►Didier Deschamps a dirigé l'Équipe de France 184 fois (120 succès, 35 nuls, 29 défaites) sans compter les deux matches où il a été remplacé sur le banc par son adjoint Guy Stéphan le 3 juin 2022 contre le Danemark (1-2, Ligue des Nations) et le 26 juin 2026 contre la Norvège (3-1, CM 2026).
►105e sélection pour Kylian Mbappé, désormais à deux longueurs de Patrick Vieira (8e, 107 capes).
►21e match de Coupe du monde pour Kylian Mbappé. C'est désormais le joueur français le plus capé dans cette compétition devant Hugo Lloris (20).
►20e but en Coupe du monde pour Kylian Mbappé (en autant de matches), à une longueur de Lionel Messi (21), meilleur buteur de l'histoire du Mondial. Le capitaine porte à 64 son record de buts en Équipe de France.
► 50e sélection pour Aurélien Tchouaméni, de retour après avoir manqué le 8e puis le quart de finale.
►39e confrontation avec l'Espagne. Bilan pour les Bleus : 13 victoires, 7 nuls, 19 défaites (44 bp, 73 bc).
Le tableau final
- Jeudi 9 juillet 2026 :
- À Boston : France - Maroc 2-0
- Vendredi 10 juillet 2026 :
- Los Angeles : Espagne-Belgique 2-1
- Samedi 11 juillet 2026 :
- Miami : Norvège - Angleterre 1-2 a.p.
- Dimanche 12 juillet 2026 :
- Kansas City : Argentine - Suisse 3-1 a.p.
Demi-finales
- Mardi 14 juillet 2026
- Dallas : France - Espagne 0-2
- Mercredi 15 juillet 2026
- 21h00 : Angleterre - Argentine (Atlanta)
Match pour la troisième place
- Samedi 18 juillet (23 heures) : France - Angleterre ou Argentine (Miami)
Finale
- Dimanche 19 juillet (21 heures) : Espagne - Angleterre ou Argentine (New York)
Les horaires sont en heure française.