Arbitrage, le débrief de la J1
Après chaque journée de Ligue 1 McDonald’s, la Direction de l'arbitrage de la FFF analyse certaines situations et décisions prises lors des matches du week-end.
OLYMPIQUE DE MARSEILLE - RC STRASBOURG ALSACE
56e minute : le joueur strasbourgeois n°29 joue le ballon en direction d’un partenaire proche de la ligne de touche. Alors qu’il est pressé par le joueur marseillais n°23, sans lutte pour le ballon, il effectue un geste additionnel délibéré et donne un coup de pied au niveau du mollet de son adversaire. L’arbitre ne perçoit pas l’action. Après analyse des images, l’arbitre vidéo recommande un visionnage à l’arbitre central.
Analyse de la Direction de l'arbitrage
Le joueur n°29 de Strasbourg vient de jouer le ballon et n’est plus en situation de le disputer avec le joueur adverse n°23. Le coup de pied donné délibérément au mollet constitue donc un geste additionnel sans rapport avec la tentative de jouer le ballon et caractérise un acte de brutalité. Le fait de toucher ou non l’adversaire ne modifie pas la qualification de l’infraction : donner ou essayer de donner un coup de pied constitue un acte de brutalité. La décision attendue est donc une exclusion du fautif pour acte de brutalité et un coup franc direct en faveur de l’équipe adverse.
RC LENS - AJ AUXERRE
10e minute : à la suite d’un coup franc en faveur de Lens, le ballon est renvoyé vers l’extérieur de la surface de réparation. Au duel avec l'attaquant lensois n°25, le défenseur auxerrois n°46 est le premier à intervenir sur le ballon, alors même que son adversaire le tient au niveau du bras. Ce contact, provoqué par le joueur n°25 de Lens, impacte le mouvement du bras du défenseur auxerrois qui, sous l’effet de cette intervention, touche le ballon de la main. L’arbitre sanctionne le défenseur auxerrois n°46 d’un penalty pour une faute de main délibérée.
Analyse de la Direction de l'arbitrage
Le contact provoqué par l’attaquant au niveau du bras du défenseur est à l’origine du mouvement qui conduit la main du défenseur vers le ballon. La Loi 12 prévoit qu’une faute de main est sanctionnée lorsque le joueur touche délibérément le ballon ou lorsqu’il a augmenté artificiellement la surface couverte par son corps. Dans cette situation, le défenseur ne maîtrise plus le mouvement de son bras puisque celui-ci est tenu par l’attaquant. Il ne cherche donc pas délibérément à toucher le ballon et n’a pas augmenté artificiellement la surface couverte par son corps. La faute de main n’est donc pas caractérisée et le penalty n’est pas justifié. L’arbitre vidéo aurait dû recommander un visionnage afin que l’arbitre central annule le penalty.
35e minute : sur un dégagement du gardien lensois, le ballon est dévié par l'un de ses coéquipiers. L’attaquant lensois n°19 est plus rapide que le défenseur auxerrois n°15 et prend le contrôle du ballon. Alors qu’il réoriente sa course vers le but adverse, il est victime d’une faute du défenseur. L’arbitre siffle un coup franc direct et exclut le défenseur pour avoir anéanti une occasion manifeste de but.
Analyse de la Direction de l'arbitrage
L’attaquant lensois n°19 contrôle le ballon et, au moment de la faute, réoriente clairement sa course en direction du but. La faute intervient à proximité de la surface de réparation, avec un attaquant qui dispose encore de la maîtrise du ballon et d’un espace lui permettant de poursuivre son action. Le défenseur fautif est alors le dernier joueur en mesure d’intervenir avant que l’attaquant ne se retrouve en situation de face-à-face avec le gardien. Compte tenu du contrôle du ballon, de la direction de la course, de la proximité du but et de l’absence d’autre défenseur susceptible d’intervenir, la probabilité que l’attaquant poursuive son action et obtienne une occasion de but est très élevée. Les critères permettant de caractériser une occasion manifeste de but sont donc réunis. L’exclusion du défenseur pour avoir anéanti une occasion manifeste de but est conforme aux Lois du Jeu.