Raphaël Reynaud : « Ce n’est que le début »
À l'aube de la nouvelle saison, le patron des Bleus et manager des sélections Futsal tricolores masculines et féminines fait un tour d'horizon du Futsal national.
C’est l’heure de la reprise sur les parquets de Futsal. La D1 entame samedi prochain une saison anniversaire, la vingtième, tandis que l’Équipe de France féminine, rassemblée dimanche, sera la première des cinq sélections nationales Futsal à lancer la saison avec une première confrontation face au Portugal, vice-champion du monde, avant de tenter de se qualifier, début octobre, pour l’Euro 2027.
Tour d’horizon d’une « saison charnière », marquée également par le lancement historique de la D1 féminine Futsal et le début des qualifications pour la Coupe du monde pour les Bleus demi-finalistes du Mondial 2024 et de l’Euro 2026, avec le manager des sélections Futsal Raphaël Reynaud.
« Ce week-end sonne la rentrée en D1 Futsal mais aussi pour les sélections, au premier rang desquelles l’Équipe de France féminine qui va tenter de se qualifier pour la première phase finale de sa jeune histoire. Un défi immense ?
Oui, on est dans un moment charnière dans l'histoire de cette Équipe de France féminine. C’est une sélection vraiment très jeune mais qui a grandi extrêmement vite, avec des performances solides et une régularité contre les nations qui lui ont été proposées pour l'instant. C’est une belle saison qui s'annonce donc avec ce moment clé du tour Élite en octobre. Elle commence au Portugal (3e au classement FIFA) avec la volonté de tout de suite s'étalonner contre ce qui se fait de mieux dans le monde et d'aller prendre des repères avant le tour Élite et les deux gros morceaux (Espagne, Italie) qui attendent les filles en Slovénie. Ce sera un sacré défi mais un défi sympa. On sera loin d'être favoris, on sera de très loin l'équipe la plus jeune, l'équipe la plus inexpérimentée. En revanche, on aura pour nous l’enthousiasme, des performances solides contre des nations de bon niveau et surtout un tour principal qui a été une très belle réussite avec de très belles performances. Pour la qualification à l’Euro, il faudra ferrailler avec l'Espagne triple championne du monde, avec l'Italie 5e nation mondiale et avec la Slovénie que les filles ont battue lors du tour précédent. Maintenant moi, j'ai confiance ! On a une vraie dynamique, de l’enthousiasme autour de cette Équipe de France, unie. On progresse, on l’a encore vu avec les plus jeunes cet été avec la 5e place au championnat du monde universitaire en Pologne. Il y a une continuité de résultats. On travaille sur la formation avec la volonté d'apporter un maximum d'expérience et de capitaliser autour de toutes les expériences potentielles que l'on peut avoir.
La qualification au tour principal des éliminatoires de l'Euro 2027 a mis les Bleues en appétit. Rendez-vous au tour Élite en octobre (photo Charles LÉGER / FFF).
L’Équipe de France masculine entamera, de son côté, sa saison en octobre avec, pour votre sixième saison à sa tête, le lancement d’une nouvelle campagne, un nouvel objectif : se qualifier pour la Coupe du monde 2028 ?
Les qualifications se dérouleront en deux phases : un premier tour d’octobre à décembre et un deuxième la saison prochaine. L’Équipe de France est dans ce parcours, dans cette évolution permanente. Au départ, on avait un projet identifié 2026 avec le championnat d'Europe en ligne de mire. On a pu performer plus tôt à la Coupe du monde 2024 en Ouzbékistan (demi-finaliste) puis on a eu le bonheur de confirmer ces très belles performances au championnat d'Europe 2026. C'était vraiment notre objectif. L’Euro a vraiment été la confirmation et l’affirmation d'une identité et l'affirmation d'un potentiel fort en termes d’individualités et en termes d’équipe. Maintenant on rentre dans un nouveau cycle avec un horizon olympique en 2032 on l’espère. Un nouveau cycle avec non plus une confirmation mais une affirmation de la France au plus haut niveau. Puisqu’on est attendu, il faudra tenir notre rang. On a performé, confirmé, maintenant il faut s'affirmer. Avec le recul, la quatrième place est le fruit d’un travail de très longue haleine depuis maintenant une vingtaine d'années, avec l'ensemble de l'équipe et des clubs. On est finalement très heureux d’avoir amené la France là où elle devait être. C'est une grande fierté, maintenant, pour moi, ce n'est encore que le début. Ce nouveau cycle va confirmer et affirmer la position de la France dans le Futsal européen et mondial.
Ce nouveau cycle va confirmer et affirmer la position de la France dans le Futsal européen et mondial.
Dès ce week-end, on pourra suivre pas moins de vingt-cinq internationaux français sur les parquets de D1. Une vingtaine également d'internationales tricolores démarreront la grande aventure de la toute nouvelle D1 Féminine le 19 septembre. Autant de raisons de suivre week-end après week-end la saga des championnats nationaux ?
Je vais commencer par les féminines. Il était indispensable d'avoir un outil qui nous permette de répondre au développement du Futsal féminin aujourd'hui. La D1 féminine est vraiment l'outil indispensable que la Fédération offre à nos clubs et à l'équipe de France pour justement permettre à nos joueuses de s'épanouir au plus haut niveau régulièrement tous les week-ends. Donc ça va être une très belle découverte. Naturellement, les choses ne se feront pas de façon linéaire mais on est très heureux de pouvoir suivre nos internationaux et nos internationales et de les accompagner dans leur démarche de recherche de la performance et du haut niveau.
Sid Belhaj face à Adessamad Mohammed lors de la finale de la D1 Futsal 2026, deux des Bleus à suivre lors du championnat de France 2026-2027 (photo Charles LÉGER / FFF).
Pour ce qui est de la D1 masculine, on a un championnat qui s'affirme de plus en plus. Il suffit de voir le spectacle proposé par la dernière finale entre Laval et le SC Paris. On a une compétition qui compte de plus en plus d'internationaux français dans les différentes équipes. Cette année, il y aura à mon sens une densité jamais vue, donc ça va être un plaisir pour les spectateurs, pour les passionnés et pour tous ceux qui continuent de découvrir la discipline de suivre cette édition. On aura aussi le plaisir de suivre l'Étoile Lavalloise qui a réalisé un parcours exceptionnel la saison dernière en Ligue des champions en atteignant la phase finale. Là encore, ce sera un vrai plaisir de suivre le parcours de ce club qui ne cesse de grandir.
Un mot pour finir sur les jeunes avec les U19 qui vont viser l'Euro et un nouveau championnat aussi pour eux…
On débute aussi un nouveau cycle avec eux. La génération 2008-2009 a commencé à travailler la saison passée et sera, cette saison, face à une échéance importante avec la phase qualificative pour le championnat d'Europe. On attend le tirage avec impatience pour se projeter encore un petit peu plus. C'est une catégorie charnière et très importante pour nous, donc on va évidemment suivre ces internationaux dans le championnat de D1 mais également dans le nouveau championnat national U19 dont la première édition est lancée à la rentrée. Là aussi c'est une très belle avancée. Ce championnat nous permettra de voir nos meilleurs joueurs au meilleur niveau national. Un grand merci à la Commission Futsal de la FFF, aux dirigeants qui ont œuvré pour que cette compétition voit le jour. »