ARBITRAGE

Pour un arbitrage connecté au jeu

jeudi 3 septembre 2026 - 17:00 - Claire GAILLARD
Réunion direction de l'arbitrage

La direction de l’arbitrage de la FFF a présenté, mercredi 2 septembre à Paris, les orientations techniques des compétitions professionnelles pour la saison 2026-2027. La priorité ? Un arbitrage au service du jeu.

À l’aube de la saison 2026-2027, la Direction de l’arbitrage a présenté, mercredi, ses orientations techniques pour les compétitions professionnelles (Ligue 1 McDonald’s, Ligue 2 BKT, Ligue 3 Betclic, Arkema Première Ligue). L’objectif est clair : proposer un arbitrage connecté au jeu, capable d'accompagner son évolution tout en préservant son attractivité et son image. Autour de cette priorité centrale, cinq axes structurent la feuille de route : contribuer à l’accélération du rythme des rencontres, protéger l'image du football, renforcer la justesse des décisions techniques et disciplinaires, optimiser l'usage de la VAR et poursuivre l’ouverture et la pédagogie avec l'ensemble des acteurs.

En préambule, le directeur de l’arbitrage Antony Gautier, entouré notamment du néo-retraité Benoît Bastien (directeur technique de l’arbitrage adjoint, délégué à l’arbitrage des compétitions professionnelles masculines) et de Romain Delpech (responsable assistance vidéo), a rappelé devant les médias présents au siège de la FFF, « la volonté lancée il y a une peu moins de quatre ans d’ouvrir davantage l’arbitrage, de faire tomber les barrières et d’essayer autant que possible de faire comprendre l’arbitrage à celles et ceux intéressés. » 

Antony Gautier, directeur de l'arbitrage à la FFF (photo Germain REZÉ / FFF). 

Pour 2026-2027, les orientations techniques doivent aller dans le sens du jeu. « Nous nous inscrivons dans la continuité de ce que nous demandons aux arbitres depuis 2023, c’est-à-dire être partenaires du jeu », a poursuivi Antony Gautier. Avant de détailler, avec Benoît Bastien et Romain Delpech, les instructions données aux arbitres pour la saison. Celles-ci ont été exposées aux clubs professionnels durant l’intersaison et s’appliquent à l’ensemble des compétitions fédérales.  

55,9%
Le pourcentage de temps de jeu effectif en Ligue 1 la saison dernière d’après une étude publiée par le CIES (International center for sports studies) le 20/04/2026, soit 56 minutes 56. Total le plus élevé parmi les championnats européens et sud-américains. 

1/ Optimiser le rythme du jeu

Première action : favoriser le temps de jeu effectif en luttant contre les pertes de temps. Les arbitres disposent désormais d'outils pour encadrer certaines phases de jeu afin de permettre un football plus fluide.  

  • Les remises en jeu (touche, six mètres) doivent être exécutées dans un délai de cinq secondes. En cas de dépassement, la touche est accordée à l'adversaire, tandis qu'un corner est concédé pour un coup de pied de but non effectué dans le temps imparti. 
  • Les gardiens ne peuvent conserver le ballon en main plus de huit secondes. Un décompte visuel des cinq dernières secondes est effectué par l'arbitre avant sanction éventuelle. En cas de dépassement, l’arbitre accorde un corner à l’équipe adverse, du côté le plus proche où se trouvait le gardien au moment de la sanction.
  • Les remplacements de joueurs font également l'objet d'une surveillance accrue. Au-delà de dix secondes pour quitter le terrain, le remplaçant doit patienter au moins une minute de temps continu et attendre un nouvel arrêt de jeu avant d'être autorisé à entrer.
  • Les protocoles relatifs aux blessures évoluent également afin de limiter les interruptions abusives tout en maintenant la protection des joueurs. 

 

2/ Protéger l’image du football et responsabiliser les capitaines

La direction de l'arbitrage entend également agir sur les comportements qui nuisent à l'image du football. Simulations, confrontations et contestations excessives feront l'objet d'une vigilance renforcée.  

Dans cette logique, le rôle des capitaines est réaffirmé. Seuls autorisés à s’adresser à l'arbitre, ils auront également la responsabilité de contribuer au calme de leurs partenaires. À l'inverse, tout joueur qui s'approcherait de l'arbitre sans autorisation ou manifesterait sa désapprobation verbalement ou gestuellement pourra être averti, y compris s'il porte le brassard de capitaine.

« Nous attendons des capitaines qu’ils soient des acteurs privilégiés, qu’ils interviennent auprès de leurs coéquipiers indépendamment de la justesse de la décision prise sur le terrain et qu’il puisse y avoir un échange avec l’arbitre si besoin, explique Benoît Bastien. En contrepartie, nous voulons renforcer leur rôle en les responsabilisant davantage, leur permettre d’intervenir afin d’éviter la distribution de cartons autant que possible. Nous souhaitons avoir des gens responsables. Quand nous avons des capitaines partenaires, en général cela passe toujours très bien. »


Benoît Bastien, directeur technique de l’arbitrage adjoint en charge des compétitions professionnelles masculines (photo Germain REZÉ / FFF).

3/ Renforcer la justesse technique et disciplinaire

Troisième axe : la recherche permanente de la justesse des décisions. Les consignes ont notamment porté sur l'interprétation des mains et sur la protection de l'intégrité physique des joueurs. L'objectif est de garantir une plus grande cohérence dans les décisions prises sur l'ensemble des compétitions professionnelles. 

« Le premier sujet qui engendre souvent de nombreuses discussions est relatif aux mains. Nous avons échangé sur différentes situations avec les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 lors de nos visites estivales et les avons sondés sur certaines d’entre elles qui peuvent susciter des interrogations, explique Benoît Bastien. Les avis étaient souvent partagés ! La protection des joueurs est le deuxième sujet. La mission n°1 des arbitres, c’est d’éviter les situations où l’intégrité physique du joueur est menacée. Nous leur avons donc demandé une grande vigilance. » 

4/ Utiliser la VAR au service du jeu

L'utilisation de l'assistance vidéo poursuit également son évolution. Deux nouveaux cas détaillés par Romain Delpech se sont ajoutés au recours à la VAR. 

Elle pourra notamment rectifier immédiatement « l'attribution d’un corner accordé manifestement à tort, à condition de ne pas retarder la reprise du jeu ». « C’est le cas que vous avez pu observer ce week-end quand Romain Lissorgue, averti par son VAR, a modifié sa décision lors du match entre le Stade Rennais et le Mans FC », précise le responsable assistance vidéo au sein de la FFF. 


Romain Delpech, responsable assistance vidéo à la FFF (photo Germain REZÉ / FFF). 

L’assistance vidéo aura aussi la possiblité d'intervenir « en cas de carton rouge découlant d'un deuxième avertissement manifestement infligé à tort. Dans pareille situation, il y a lieu de faire venir l’arbitre en bord terrain. »

Des précisions sont également apportées concernant les premiers cartons jaunes, limitant l'intervention vidéo aux seules erreurs d'identité.

Enfin, des dispositions spécifiques concernent les fautes attaquantes détectées avant la reprise du jeu sur corner ou coup franc offensif uniquement, avec possibilité d'annuler :

  • un but ;
  • un penalty accordé à l'issue de l'action ; 
  • un carton rouge donné pour avoir empêché un but ou annihilé une occasion manifeste de but ou un deuxième carton jaune pour avoir empêché un but ou annihilé une occasion de but manifeste, ou pour avoir perturbé ou stoppé une attaque prometteuse.

Dans ces cas-là, reprise du jeu par coup franc ou corner à retirer.

 Les chiffres de la saison 2025-2026 

81,2%
Le pourcentage d’erreurs manifestes corrigées en augmentation par rapport à 2024-2025 (79,7%) et 2023-2024 (71,8%).
149
Erreurs recensées, soit 3,9 en moyenne par journée.
-15,8%
En pourcentage, la baisse du nombre d’erreurs majeures recensées sur le terrain. 149 ont été constatées contre 177 en 2023-2024.
1’55
En minute, le temps d’analyse de la VAR (avec visionnage bord terrain).

5/ Une démarche toujours plus ouverte 

Dernier axe majeur : l'ouverture et la pédagogie. La Direction de l'arbitrage souhaite poursuivre les échanges avec les clubs à travers les rencontres d'avant-saison qui ont eu lieu, un dialogue permanent au cours d'exercice en cas de sollicitation ou besoin et des sessions pratiques organisées au centre VAR à destination des capitaines, entraîneurs et dirigeants. L'ambition est également de renforcer la compréhension de l'arbitrage auprès des médias et du grand public.

10
Avant la reprise des compétitions, les clubs de L1 et L2 ont été interrogés sur une dizaine de situations difficilement appréciables au regard des Lois du jeu. Objectif ? Définir ensemble l’approche à adopter et les instructions à transmettre aux arbitres.

 

 ARKEMA PREMIÈRE LIGUE, LA VAR DÉBARQUE 

Un évènement majeur va marquer la nouvelle saison d’Arkema Première Ligue avec la mise en place de l’assistance vidéo opérée depuis le centre de visionnage. Le système sera identique à celui de la Ligue 1 et la possibilité de recourir à la VAR en cas « d’erreur manifeste » ou « d’incident grave manqué » s’étendra aux mêmes situations (but, penalty, carton rouge direct, erreur d’identité, second carton jaune infligé à tort, corner accordé à tort).  

« C’est une grande avancée, juge Antony Gautier. Deux grands championnats l’utilisent au Portugal et aux États-Unis. La FFF fait figure de fédération innovante, elle affiche sa volonté de développer le football féminin avec des moyens importants consacrés à l’arbitrage. On ne peut que s’en réjouir. » 

 FOOTBALL VIDEO SUPPORT, LA LIGUE 3 BETCLIC INNOVE 

La nouvelle Ligue 3 Betclic, premier championnat professionnel organisé par la FFF, innove en matière d’arbitrage. Elle propose depuis son coup d’envoi le vendredi 7 août dernier le Football Video Support, une forme d’assistance vidéo à l’arbitrage avec un système de challenge proposé aux entraîneurs à raison de deux par équipe.


Le FVS à l'oeuvre au stade Armand Cesari du SC Bastia (photo Xavier GRIMALDI / ICON SPORT).

« Après quatre journées disputées, les débuts sont encourageants et les retours plutôt positifs, estime Antony Gautier. C’est un outil qui n’existait pas en France dans le foot à 11 mais qui était utilisé en Futsal. Nous sommes ravis de porter cette innovation expérimentale, en coopération avec l’IFAB. » 

En savoir plus

15
Challenges sollicités en moyenne par journée depuis le début de saison.

Un engagement renforcé contre les comportements discriminatoires

Parallèlement à ces orientations techniques, la Direction de l'arbitrage a réaffirmé son engagement dans la lutte contre les comportements discriminatoires et haineux. Les arbitres devront agir avec fermeté en cas de chants homophobes ou insultants provenant des tribunes, avec la consigne d'interrompre les rencontres lorsque la situation l'exige. « Nous avons demandé aux arbitres d’être ferme quel que soit le niveau de compétition, indique Antony Gautier. Nous attendons d’eux qu’ils exercent leur responsabilité. C’est un message fort de tolérance zéro porté par la Fédération. » Qui s’inscrit dans cadre du plan de lutte contre les violences de la FFF. 

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