U20 FÉMININE

Philippe Joly : « Aller au bout »

mercredi 2 septembre 2026 - 13:10 - Ilan MERHABA
Philippe Joly

Qualifiée pour la Coupe du Monde grâce à son parcours à l’Euro U19 2025 disputé en Pologne où elle avait atteint la finale, l’Équipe de France U20 féminine, emmenée par Philippe Joly, est de retour au pays de Chopin et espère cette fois-ci connaître une fin plus heureuse.

Au moment d’atterrir sur le sol polonais, le douloureux souvenir de la finale de l’Euro 2025 largement perdue face à l’Espagne (0-4) remontera certainement. Mais celui des festivals contre le pays hôte (6-0) et la Suède (3-0), ou encore de la folle nuit de Stalowa Wola et d’une demi-finale épique face au Portugal (4-3, après prolongations), ressurgira également, rappelant à quel point cette terre avait été généreuse avec Philippe Joly et les dix joueuses (A. Fernandes, C. Yilmaz, A. Bizet, C. Delcroix, L. Lushimba Bilombi, K. Roche Dufour, C. Chabod, O. Graziani, J. Rouquet et N. Traoré) qui étaient de l’aventure. Et elles comptent bien marquer au fer bleu la dixième édition de la Coupe du Monde U20 féminine en devenant les premières Tricolores à y triompher.

« Avec quels objectifs revenez-vous en Pologne ?
Le premier objectif va clairement être de terminer en tête de notre groupe (composé de la Corée du Sud, du Ghana et de l’Équateur) afin de bénéficier d’oppositions qui vont monter crescendo lors de la phase à élimination directe. Car dans cette deuxième partie de tournoi où nous aspirons figurer, chaque tour sera une finale. Et nous souhaitons remporter la dernière, le 27 septembre prochain.

Pouvez-vous nous présenter vos différents adversaires au cours de la phase de poules ? 
Nous avons trois adversaires qui fonctionnent différemment en possession du ballon mais qui ont un principe de base identique : l’impact physique. La phase de groupes débutera face à la Corée du Sud, qui est une équipe bien organisée, qui met beaucoup d’énergie et d’agressivité. Le Ghana est un peu moins calibré tactiquement de ce que nous avons pu observer, mais cela ne signifie pas qu’elles auront ce même souci au Mondial. Pour finir, l’Équateur, qui est l’adversaire le plus compliqué de la poule, compte deux ou trois joueuses très intéressantes, capables de faire la différence seules par la vitesse, le débordement et leur polyvalence, que ce soit dans le jeu intérieur et extérieur. À nous de bâtir un bloc équipe capable de répondre aux exigences de ces trois nations, tout en intégrant des variantes pour les déstabiliser.

Photo Coralie HOUEIX

Quelle est l’expérience de ce groupe, qui a connu des modifications ? 
20 joueuses sur 21 ont déjà porté le maillot tricolore. Certaines d’entre elles sont championnes d’Europe U17 et finalistes de l’Euro U19. Nous avons un groupe cohérent et très engagé, malgré les mouvements qu’il a pu connaître à la suite des nombreux refus des clubs. Il faut savoir que pour établir cette liste, qui ne sera plus amenée à bouger, nous avons dû en faire quatre. Maintenant, nous devons adapter le projet de jeu en fonction des qualités des filles à notre disposition.

Vous avez évoqué l’élaboration de quatre listes pour arriver à cette liste finale. Certaines filles devaient y être, d’autres pas : quelle approche avez-vous eue vis-à-vis de ces joueuses ?
Il faut être honnête avec elles, qui d’ailleurs, sont suffisamment intelligentes pour comprendre qu’il y a des statuts, par l’expérience ou le niveau. J’ai tendance à dire que toutes les joueuses que j’ai voulues ne sont pas là, mais que toutes celles qui sont là, je les ai voulues ! Ce qui va être déterminant pour avancer dans cette compétition, c’est l’état d’esprit du groupe. Et là, ce qui s’en dégage est très positif, il y a de l’engagement. On peut très bien aller au Mondial avec les onze meilleures et sortir prématurément car l’attitude n’est pas optimale. Mais avec un groupe uni et bien évidemment composé de talents, tu vas généralement plus loin. Je prends souvent l’exemple de l’Euro U19 2003 que j’ai vécu aux côtés de Bruno Bini. Il nous manquait certaines joueuses importantes, mais grâce à ce que l’on avait créé durant la compétition, nous étions allés au bout. La Grèce en 2004 chez les garçons, c’est pareil : un groupe soudé a gagné. Nous allons tout mettre en œuvre pour remporter la compétition et nous verrons ce qu’il en est à l’arrivée.

Aude Bizet, capitaine des Bleuettes

« Avoir des sélections en Équipe de France, c’est un privilège, alors disputer une Coupe du Monde sous ce maillot, c’est encore plus grand. Je pense que c’est très important de réaliser ce que l’on vit, pour en être à la hauteur. On représente plusieurs millions de Français à travers une telle compétition. Ce rôle de capitaine, je ne m’y attendais pas spécialement, même si j’étais certaine d’avoir des responsabilités au vu de mon expérience dans ce groupe. Je suis très fière de pouvoir porter ce brassard car c’est une confiance que l’on m’accorde. Ça ne va pas changer ma façon d’être, je vais continuer d’être cette fille discrète mais sur le terrain, on m’entendra assurément. Être capitaine, c’est avant tout faire preuve d’exemplarité et constituer un lien de proximité entre les joueuses et le staff. Ça fait plaisir de retrouver ce groupe, composé des U19 des saisons 2024-2025 et 2025-2026. On reprend nos habitudes ensemble dans la vie de groupe et les automatismes reviennent peu à peu sur le terrain. Le match contre le Bénin a été bénéfique dans cette démarche, la suite de la préparation va nous permettre de poursuivre ainsi. On va tout faire pour aller au bout de ce Mondial et j’ai hâte de revenir en Pologne, en espérant une fin plus heureuse que celle de notre finale contre l’Espagne l’an dernier. »


Aude Bizet portera le brassard au Mondial (Photo Philippe LE BRECH / APL / FFF)

Quel message avez-vous fait passer à l’ensemble des filles pour qu’elles abordent au mieux la compétition ? 
Disputer un Mondial – peu importe la catégorie – est une chance. C’est la compétition qui offre le plus de visibilité et donc, d’opportunités. Une rencontre de Coupe du Monde, rapportera plus aux joueuses qu’un match de championnat. Qu’elles soient titulaires ou non dans des clubs de Première ou de Seconde Ligue, elles ont tout à gagner à y participer. Et au retour de cette compétition, les statuts en clubs changeront certainement. Toutes sont conscientes qu’elles sont dans un environnement qui peut leur permettre de bondir plus vite vers le haut niveau.

Je sais que vous aimez imager les objectifs, sur quoi allez-vous partir en vue du Mondial ? 
À l’Euro U19, nous étions sur l’ascension du Mont-Blanc. Malheureusement, nous avons échoué lors de la dernière étape, contre l’Espagne, proche du sommet. Maintenant, nous avons une autre montagne à grimper : l’Everest. Ce sera très difficile mais il y a des chemins pour y parvenir. Il y a aussi des chemins pour redescendre, à nous de trouver la bonne cordée.

Photo Coralie HOUEIX

Vous étiez sur une dynamique très positive lors des matches de qualification, avant de tomber contre l’Allemagne et manquer l’Euro U19 2026 avec la génération 2007. Pour les joueuses concernées, quelles ont été les conséquences de cet évènement et dans quel état d’esprit sont-elles aujourd'hui ? 
Nous avons discuté avec les filles et pour la majorité, elles avaient des regrets, ce qui n’est jamais bon car cela signifie que tu n’as pas tout fait pour accomplir tes objectifs. Des erreurs de placement, des compensations, des efforts pas effectués à temps…ce sont des détails qui font finalement la différence à l’arrivée et qui te privent d’un Championnat d’Europe. C’est dur mais ça fait partie de l’apprentissage. En avoir discuté à permis d’estomper peu à peu ces regrets. Les vacances d’été et le retour dans leurs clubs ont également aidé. L’essentiel, c’est qu’au moment d’entamer ce Mondial, toutes sont focalisées sur le même objectif : aller au bout.

Quelle va être la force de votre groupe pour naviguer au mieux dans la compétition ? 
Je vais m’appuyer sur leur enthousiasme et sur leur facilité à vivre ensemble. Nous ne laissons pas place au jugement ou, entre guillemets, ce que les jeunes appellent aujourd’hui la "gênance". Tu as envie de chanter ? On va chanter avec toi. Tu souhaites danser ? On va le faire ensemble. Toute expression, vocale ou physique, est la bienvenue dans ce groupe. La nouvelle génération est très influencée par les réseaux sociaux et malheureusement, ça impacte parfois les relations sociales et certain(e)s préfèrent se cacher, mettre de côté leurs personnalités. Et dans le sport, un athlète libéré en dehors du terrain le sera également sur. »

Le calendrier de la France :

Phase de groupes :

  • Dimanche 6 septembre 2026 : France - Corée du Sud (Sosnowiec, 15h00)
  • Mercredi 9 septembre 2026 : France - Equateur (Sosnowiec, 18h00)
  • Samedi 12 septembre 2026 : Ghana - France (Sosnowiec, 18h00)

Phase à élimination directe :

  • 8es de finale : mercredi 16 et jeudi 17 septembre 2026
  • Quarts de finale : samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 (à Lodz et Sosnowiec)
  • Demi-finales : mercredi 23 septembre 2026 (15h00 et 18h00 à Lodz)
  • Match pour la 3e place : samedi 26 septembre 2026 (18h00 à Lodz)
  • Finale : dimanche 27 septembre 2026 (18h00 à Lodz)
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