Jenny Perret, la femme olympique
Des Cévennes au toit du stade Vélodrome avec la flamme olympique, la milieu de terrain (26 ans) des Marseillaises, arrivée à l'OM il y a dix ans, incarne aujourd’hui l’ambition et l’attachement à un club qu'elle porte dans son cœur depuis toujours.
Depuis ses Cévennes natales, Jenny Perret (26 ans) a effectué un bon bout de chemin. Celui-ci l’a conduit sur le toit du stade Vélodrome, en mai 2024, la flamme olympique transmise par le chanteur Soprano dans ses mains, que la « funambule » alésienne a à son tour passée à Éric Di Meco, champion d'Europe 1993 avec l'Olympique de Marseille. C’est dire l’aura et le poids de la milieu de terrain, à la même table des grands noms de la cité phocéenne. Le choix d’un des partenaires de l’OM pour cette opération dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024 s’est naturellement porté vers l’une des figures des Marseillaises, dont la longévité atteint cette saison la barre symbolique des dix ans.
Arrivée en 2016 en provenance de Montpellier, Jenny Perret a grandi en même temps que la section féminine de l’OM, bien loin à l’époque de ce qu’elle est aujourd’hui. « Au Campus, on a nos vestiaires, nos casiers, un nouveau synthétique, et un bâtiment va bientôt sortir de terre, dans lequel on aura notre salle de musculation. Quand j’ai commencé, on avait un coach, un préparateur physique et un dirigeant, et en termes d’infrastructures, un vestiaire au stade Roger-Lebert qui n’était même pas à nous », se souvient-elle. C’était quand même déjà mieux que les deux piquets qui servaient de cages « sur des terrains en herbe pas très bons » à ses débuts à Anduze, avant un passage à l’Olympique d’Alès-en-Cévennes et l’ASSC de Saint-Christol au sein d’équipes mixtes.
Les chiffres et le programme de la J3 d'Arkema Première Ligue

En mai 2024, Jenny Perret a été l'une des relayeuses de la flamme olympique sur le toit du stade Vélodrome (photo Johnny FIDELIN / ICON SPORT).
« Le projet du club est ambitieux »
Studieuse, Jenny Perret l’est aussi restée en dehors des terrains en obtenant il y a deux ans son Master dans les Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation. Une sécurité pour l’après, mais pas tout de suite. Car après avoir décroché le titre de championne de France de Seconde Ligue (2025) et validé son maintien en Arkema Première Ligue (9e place la saison dernière), l’Olympique de Marseille affiche d’autres ambitions, qu’il assume pleinement en ce début de saison avec deux victoires en autant de matches avant son déplacement à Montpellier, ce samedi 19 septembre (21h00, sur Canal + Foot). « On a un nouveau coach (Nicolas Chabot) qui a signé pour trois ans. On doit intégrer ses principes de jeu. À terme, évidemment qu’on souhaite disputer les play-offs mais on ne veut pas brûler les étapes. Le projet du club est ambitieux. Ça me plaît et j’ai envie d’en faire partie. L’OM, c’est mon club de cœur, je l’ai toujours supporté. J’ai grandi comme joueuse avec lui car les dirigeants m’ont fait confiance pour que je progresse, notamment sur le plan athlétique. Au fil des années, on a créé des liens très forts. » Et partagé des moments intenses, aussi, comme ce match face au MHSC Féminines au stade Vélodrome devant 35 713 spectateurs, le record d’affluence du championnat.

Jenny Perret (à gauche) célèbre le titre de championne de Seconde Ligue, le 18 mai 2025, synonyme de montée en Arkema Première Ligue (photo Johnny FIDELIN / ICON SPORT).
Très attachée au club de sa ville d'adoption, Jenny Perret n’exclut pas pour autant de tenter un jour une expérience à l’étranger. En attendant, elle reste plus que jamais la garante des valeurs olympiennes. « Si tu n’es pas Marseillaise, ou des alentours, tu ne peux pas imaginer à quel point ce club est à part, appuie la joueuse. Je fais comprendre aux recrues que ce maillot est différent des autres. L’OM est un club très populaire, où tout est décuplé, même chez les féminines. On ne peut pas s’en rendre compte tant qu’on ne l’a pas vécu. Il y a de plus en plus d’engouement autour de nous. Le club nous met énormément en avant et grâce à nos bons résultats, on attire de plus en plus de monde. Le football féminin en France a également beaucoup évolué et pour qu’il se déploie encore, je pense qu’il a besoin d’un club comme l’OM ».