Émilie Trimoreau : « Montrer notre meilleur niveau »
La sélectionneure des Bleues confie les sentiments et ambitions d’un groupe engagé dans le plus grand défi de sa jeune histoire : se qualifier pour une première phase finale de compétition futsal.
Les joueuses de l'Équipe de France féminine futsal sont réunies lundi 28 septembre pour une semaine au CNF Clairefontaine, avec des rêves de pionnières : être les premières à se qualifier pour une phase finale de grande compétition internationale, trois ans seulement après la création de la sélection. Pour le tour Élite qui se profile (du 7 au 10 octobre à Lasko, en Slovénie), la sélectionneure nationale Émilie Trimoreau pose les ambitions d’un groupe en constante progression mais qui devra réaliser un exploit titanesque pour voir l’Euro 2027 et la Croatie au printemps.
« Comment abordez-vous la préparation de ce rendez-vous, entre la dimension historique et la complexité de la tâche et du défi majuscule qui vous attendent ?
Pour l’instant, on navigue entre les deux sentiments. On est très contentes de participer à ce tour Élite parce que c’est dans la continuité des résultats qu'ont obtenu les joueuses au tour principal, au mois de mars. On a en perspective cet Euro pour lequel, évidemment, on a envie de se qualifier pour la première fois de l'histoire de notre sélection. Mais on est conscientes que les adversaires de notre groupe (Espagne, Italie et Slovénie) sont de grande qualité. On va donc arriver avec beaucoup d'humilité, en se disant aussi que l’on a la possibilité de travailler pendant une semaine à Clairefontaine, de prendre le temps de bien se préparer et puis, d'y aller en étant prêtes.
Les Bleues avaient réalisé un sans-faute pour sortir du tour principal, en mars dernier (photo Charles LÉGER / FFF).
Après celui de la première édition de la Coupe du monde en 2025, vous voilà à nouveau qualifiées pour un tour Élite. En quoi votre équipe a-t-elle progressé, pour se rapprocher d’une phase finale ?
On a effectivement progressé au fil du temps, à travers les différents stages, les différents matches que l’on a joués. Les filles se sont donné aussi les moyens, elles se sont entraînées davantage. On a des joueuses qui, aujourd’hui, sont complètement concentrées sur le futsal, ça nous permet donc d'aller plus vite. On a progressé dans beaucoup de domaines. On a ainsi réalisé un gros travail sur le plan athlétique pour pouvoir prétendre se confronter à de grandes nations. On a progressé aussi dans le jeu, c’est lié. Le travail athlétique réalisé depuis une saison avec l’apport d’Arnaud Gaillard (préparateur physique) fait que les joueuses sont davantage en condition pour récupérer plus facilement des ballons mais aussi enchaîner plus de courses, rendant l’équipe plus performante. Il y a aussi tout ce qui est autour du projet de jeu, les progrès sur les animations défensive et offensive…
À la différence du Portugal, vice-champion du monde que vous découvriez le mois dernier, vous connaissez vos trois adversaires…
Oui, on a joué contre l’Espagne au tour Élite pour la Coupe du monde. Elle était déjà qualifiée et nous n’avions plus grand-chose à espérer mais on avait montré ce que l’on était capable de faire face à une nation triple championne d’Europe, la référence sur la scène continentale. À Besançon, c’était le troisième match, cette fois ce sera notre premier rendez-vous du tour Élite (le mercredi 7 octobre). Le lendemain, on enchaînera avec la Slovénie, que l’on a rencontrée à plusieurs reprises, la dernière lors du tour principal en mars. On avait su gagner ce match. Ce sera un rendez-vous charnière avant une dernière rencontre que l’on espère décisive face à l’Italie (le samedi 10 octobre). Les Italiennes nous avaient battues à deux reprises lors de matches amicaux dans le Val-d’Oise, il y a deux ans. Le contexte sera forcément différent. L’Italie, comme l’Espagne d’ailleurs, est passée par la Coupe du monde, elle a encore emmagasiné de l’expérience. Lors de ce tour Élite, elle aura l’obligation d’exceller pour se qualifier. Nous, on a avancé mais elles aussi. On va donner notre maximum. L’idée, c’est vraiment que l’on donne le meilleur de nous-mêmes et on verra ce qui va se passer. Face au deuxième et au cinquième du classement mondial de la FIFA (la France est 34e), on sait que l’on aura face à nous deux nations qui sont au top. À nous, déjà, d’être à notre niveau. On ne doit pas avoir de pression, juste l’ambition de montrer notre meilleur niveau. On est outsider, si on se qualifie, ce sera un exploit, si on ne passe pas parce qu’elles auront été meilleures que nous, la logique aura été respectée. Mon objectif, c’est vraiment que l’on joue à notre niveau. On va vraiment tout faire pour passer, même si c’est au barrage.
La sélectionneure au milieu de ses joueuses au moment d’affronter le Portugal, début septembre dernier (photo Charles LÉGER / FFF).
Comment va se dérouler la préparation au CNF ?
On va essayer d'optimiser, on aura plus de temps que d’habitude pour travailler. C’est bien, mais on voudrait tellement faire de choses que l’on a construit notre semaine de préparation avec de l’alternance : essayer de bien travailler mais aussi de garder de la fraîcheur. On effectuera un ultime test en fin de stage face à la Suisse. Ce sera un match international face à une équipe qui se lance. Le dimanche suivant sera axé sur la récupération, pour changer d’air avant de partir en Slovénie et d’être complètement tourné vers notre compétition.
La dynamique autour du futsal féminin est très positive avec ce rendez-vous enthousiasmant pour la sélection nationale mais aussi l'arrivée de la D1 féminine futsal...
C'est vrai que l’on en parle beaucoup, on voit passer des images, des articles liés aux deux évènements : celui, fort, du lancement de ce premier championnat national féminin et notre participation au tour Élite. C'est bénéfique pour la pratique, cela met en lumière les joueuses et c'est dans la continuité de ce qui a pu être fait. On parle de plus en plus de futsal. Il y aussi nos joueuses qui réussissent à l’étranger, c’est très bien. Pour en revenir à la D1 féminine futsal, c’est un championnat qui va s’installer et qui, au fur et à mesure, va attirer des joueuses de foot à onze, d’autres qui voulaient arrêter aussi… Cette compétition était indispensable dans la structuration du futsal féminin. »
La liste pour le tour Élite
Le calendrier des Bleues du futsal
- Samedi 3 octobre 2026 (préparation au tour Élite de l’Euro 2027) : France - Suisse (gymnase Michel-Muffat-Joly du CNF Clairefontaine).
- Mercredi 7 au samedi 10 octobre 2026 (tour Élite de l’Euro 2027, en Slovénie) : Espagne - France (7 octobre, 16h30), Slovénie - France (8 octobre, 19h00), France - Italie (10 octobre, 15h00).
- 15-25 novembre 2026 : barrages de l’Euro 2027 (si qualification) ou matches amicaux.
- 14-21 mars 2027 (si qualification) : phase finale de l’Euro 2027 (4e édition), à Osijek (Croatie).