ARKEMA PREMIÈRE LIGUE

Pierre-Alain Picard : « Les résultats passeront par le jeu »

jeudi 1 octobre 2026 - 13:49 - Ilan MERHABA
Pierre-Alain Picard

Lanterne rouge après trois journées, le FC Nantes de Pierre-Alain Picard a connu un mois de septembre sans victoire mais pas sans promesses face à trois cadors du championnat, qui laisse entrevoir des jours meilleurs.

Alors que le calendrier d’Arkema Première Ligue leur promettait l’enfer en ce mois de septembre, les joueuses du FC Nantes ont bel et bien goûté aux flammes. Difficile, il est vrai, d’imaginer une reprise plus corsée que celle qui les attendait : deux déplacements dans la capitale pour défier le Paris FC (1-2) et le Paris SG (0-1), entrecoupés par la réception du FC Fleury (1-1). Malgré la supériorité de leurs adversaires sur le papier et aucune victoire au compteur, les joueuses de Pierre-Alain Picard - qui compose avec un effectif largement renouvelé à l’intersaison - ont abordé ces trois rendez-vous avec courage et personnalité. Au point de pousser notamment le Paris Saint-Germain dans ses retranchements, contraint à s’employer jusque dans les arrêts de jeu pour gagner. De quoi nourrir quelques motifs d’espoir pour la suite et la réception à la Beaujoire du Montpellier FC, ce samedi (18h30, sur Canal + Foot), à l'occasion de la 4e journée disputée intégralement dans les Grands stades.



Le classement de l'Arkema Première Ligue

 

« Vous avez pris vos fonctions au début de l’été. Quels ont été les principaux chantiers sur lesquels vous avez œuvré ?
À ma signature, la première étape a été de faire le point sur l’effectif. Il y avait déjà des discussions bien avancées, notamment concernant des joueuses importantes (Bethi, Toloba et Calba) qui allaient quitter le club. Il y avait également pas mal de joueuses en fin de contrat donc il a fallu que je sache dans quel état d’esprit elles étaient. C’est toujours compliqué après une très bonne saison car certaines joueuses peuvent se dire qu’elles ne connaîtront plus jamais cela. Elles peuvent aussi considérer qu’elles sont désormais capables d’évoluer dans le top 5 ou le top 6, ce qui n’est pas toujours vrai. Ensuite, il y a eu un gros travail sur le recrutement : identifier les profils, présenter le projet du club et, lorsque c’était possible, négocier. Aujourd’hui, Nantes reste un club qui, financièrement, ne fait pas partie des gros de l’Arkema Première Ligue. Sur certains dossiers, tu peux être en première position au départ mais lorsque d’autres clubs arrivent, la joueuse ne vient finalement pas chez toi.

Comment avez-vous géré cela ?
Notre ligne de conduite a été de ne pas s’affoler et de ne pas recruter pour recruter. Nous avons souhaité construire une équipe avec des potentiels, tout en conservant un mélange avec les joueuses d’expérience déjà présentes au club et en recrutant des joueuses qui connaissaient le championnat. Ça a été un gros chantier et les vacances, il n’y en a pas forcément eu beaucoup !

Emmener dans vos bagages certaines joueuses que vous aviez eues à Dijon a permis de faciliter le mercato ?
Oui, c’était une belle opportunité au vu de la situation de Dijon. Nous sortions d’une belle saison, proches du top 4 en championnat et demi-finalistes de la Coupe LFFP. Certaines joueuses avaient donc fait une bonne saison et à partir du moment où elles étaient libres, cela me permettait aussi de gagner du temps, avec des joueuses fiables dans leur état d’esprit, fiables sur le plan athlétique, qui avaient des qualités et qui connaissaient déjà le championnat.


Margaux Vairon a été l'une des quatre Dijonnaises à suivre Pierre-Alain Picard à Nantes cet été (photo Emma DA SILVA / ICON SPORT).

Justement, comment s’est terminée votre histoire avec Dijon, qui a malheureusement dû mettre fin aux activités de sa section féminine ?
J’ai une pensée très sincère pour tous ceux qui ont œuvré depuis des années au sein de la section féminine à Dijon. Le club était devenu une place forte du championnat. Que ce soit au niveau de l’équipe première ou de la formation, c’était un club qui travaillait bien. Ma volonté, au départ, était de rester. Que ce soit avec les premiers repreneurs anglo-saxons ou, dans un deuxième temps, avec les potentiels investisseurs marocains, j’ai eu des discussions et on s’est projetés ensemble. Mais au bout d’un moment, lorsque ça n’avance plus et qu’il reste très peu de temps, il a fallu prendre des décisions. Pour continuer à entraîner dans l'élite, je devais partir. J’avais des possibilités chez les garçons, notamment comme adjoint dans des staffs professionnels. Mais ce n’était pas ce que je pensais être le mieux, ni ce dont j’avais envie à ce moment-là. J’ai ensuite eu la chance d’avoir plusieurs contacts avec des clubs d’Arkema Première Ligue et de pouvoir choisir le projet dans lequel je me sentirais le mieux, ou en tout cas celui où je pourrais m’épanouir.

Nous avons plusieurs objectifs : à court terme, nous devons impérativement nous maintenir et à long terme, la volonté est de s’installer durablement dans l’élite et voir la structure se développer, avec l’ouverture d’un centre de formation notamment.

Pierre-Alain Picard, entraîneur du FC Nantes

Pourquoi Nantes ?
Même si le club a réalisé une saison historique, tout a changé à l’intersaison. Il n’y a rien de plus stimulant que d’être à la tête d’un projet qui repart de zéro. Puis, le président (Waldemar) Kita m’a montré qu’il portait beaucoup d’intérêt à l’équipe féminine et que, malgré la descente des garçons en Ligue 2, le budget alloué aux filles ne bougerait pas. Nous avons plusieurs objectifs : à court terme, nous devons impérativement nous maintenir et à long terme, la volonté est de s’installer durablement dans l’élite et voir la structure se développer, avec l’ouverture d’un centre de formation notamment.

C’est votre deuxième saison en tant qu’entraîneur principal sur un banc d’Arkema Première Ligue et une fois de plus, vous succédez à un coach qui a réussi. Comment gérez-vous cette attente ?
Je ne me mets pas de pression, et encore moins aux joueuses. La réalité, c’est que lorsque Dijon termine quatrième et que Nantes termine quatrième, c’est une saison exceptionnelle. Dans le paysage de l’Arkema Première Ligue, c’est presque une anomalie quand on regarde les moyens financiers des autres clubs. Les effectifs ne sont plus les mêmes, la majorité des joueuses sont parties et je dois repartir sur un nouveau projet. Il y a énormément d’humilité face aux travaux qui nous attendent. »

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